Les ETATS-UNIS espionnent les membres du Conseil de
Sécurité de l?ONU

Le London Observer du dimanche a rapporté qu'en préparation du vote d?une
autre intervention militaire possible des Nations Unies contre l'Irak, le
gouvernement des ETATS-UNIS s'engageait dans "de sales tours" en menant la
surveillance discrète (espionage) des membres du Conseil de Sécurité de l?ONU.

Un fonctionnaire de l?Agence de Sécurité Nationale américaine a prétendument
envoyé une note (memo) afin de recueuillir l'information d?espionage sur ce que
pensent les délégués du Conseil de Sécurité de l?ONU pour les pays qui restent
opposés ou hésitent l?adoption de la solution pour la guerre contre l'Irak.

La Maison Blanche a refusé tout commentaire sur cette information qui a éclaté
le dimanche dernier. "Conformement à sa politique de longue date,
l'administration ne commente jamais sur tout ce qui concerne les personnes
impliquées dans l'espoinage," dit le porte-parole de la Maison Blanche,  Ari
Fleischer, dans l?après-midi de Lundi lors d?un briefing.

Selon Salon citant la banque de données des informations LexisNexis, le seule  
journaliste de médias des ETATS-UNIS à dénicher le memo Lundi était le
présentateur de télévision Brit Hume de Fox News Sunday. Pat Roberts,
Républicain-Kansas, membre du comité choisi du Sénat sur l'espionage, dit à
Hume qu'il n'avait pas vu la note, mais que théoriquement une telle surveillance
"serait très agressive" et pourrait être "la matière pour une audition au Comité sur
l?espionage qui aurait lieu probablement dans un avenir très immédiat."

Cependant, aucun journal américain important n'avait publié l'information. Tel
n?était pas le cas outre-mer. "C'est un grand titre en Russie qui a fait l?actualité
française aujourd'hui," dit Martin Bright, le rédacteur des affaires domestiques de
The Observer, au journal Salon. Bright a dit qu'il lui avait été donné des accords
d?interviews à NBC, CNN et Fox News Channel - et que chacun des trois
médias avait rappelé par la suite pour annuler.

Pourtant le rapport selon lequel les ETATS-UNIS espionnent des membres du
Conseil de Sécurité de l?ONU ? et qu?ils chechent des agences d?espionage
alliées pour faire la même chose - a rapidement éclaté à travers le monde entier.
?Les ETATS-UNIS espionnent les délégués des Nations Unies pour obtenir le
vote sur la guerre de l'Irak : Le journal, "a titré un newswire japonais; "L?Oncle
TOM espionne les Délégations de l?ONU" a titré The Australian ; les
"ETATS-UNIS dans une ?bataille de sales tours? pour gagner le vote sur la
guerre de l'Irak : Reportage", titre l?Agence France Presse.

"Espionner aux Nations Unies n?a rien de nouveau, et est encore moins
nécessairement célérat. Cependant, l?information est d?importance parce qu'elle
dit beaucoup au sujet de la manière avec laquelle l'administration Bush a mené sa
politique étrangère: maladroit, arrogant ou extrême-droitier, dépendant de votre
point de vue, mais de manière indisputable nous aliénant la majeure partie du
reste du monde ", écrit Jake Tapper dans son article "Les Sales Tours de
l?Oncle Tom? publié par Salon du 03/03.  Le maelstrom médiatique que le
memo a lance allant aussi loin que Sydney et Moscou est indicatif de combien la
réserve de bonne volonté des États-Unis s?est asséchée drastiquement?.

"Comme vous l?avez probablement appris jusqu?à ce jour," peut-on lire dans ce
memo de Koza - chef de personnel dans la section régionale de Cibles du NSA
? et daté du 31 Janvier, "l'agence est entrain de monter un movement puissant en
particulier dirigé" sur les membres du Conseil de Sécurité - excepté les
ETATS-UNIS et le Royaume-Uni - "pour obtenir des renseignements quant à la
façon selon laquelle les members vont réagir sur la discussion en cours, à savoir:
l'Irak, envisagent de voter sur toutes resolutions y relatives, quels
politiques/positions de négociations y relatives peuvent-ils considérer,
alliances/dépendances, etc."

Dans le memo, Koza indique que sa division sera entrain de  recevoir et de créer
des efforts "contre" des membres du Conseil de sécurité comme "Angola,
Cameroun, Chili, Bulgarie et Guinée" ainsi que mettre "une focalisation
supplémentaire sur les affaires du Pakistan à l?ONU?. (Le Pakistan vient
d?arrêter l?artisan des attentats sauvages du 11 Septembre). Chacun des six
pays est membre du Conseil de Sécurité de l?ONU sont autant courtisés par les
ETATS-UNIS et les Anglais en faveur d?une action militaire contre l'Irak, que
par les Français et Allemands qui s?y opposent.
Quand l'information a éclaté dimanche, il y avait eu un début de doute sur la
véracité du memo, mis en question par le Drudge Report et le Washington Times
qui ont noté que le memo a employé une épellation britannique de plusieurs mots.
Alors, The Observateur a plus tard réexaminé le memo et a ajouté une
clarification mentionant qu'elle "était retourné à l?épellation américaine originale
comme dans le document fourni à The Observer." Les questions au sujet de sa
crédibilité ont semblé disparaître dès lors personne dans le gouvernement ne l'a
contesté.

Beaucoup dans les médias ont pris le non-démenti de la Maison Blanche  
comme confirmation. "Si tu es un diplomate camerounais ou un diplomate
français aux Nations Unies, en raison de ce que tu venais de dire, tu vas devoir
te comporter sous l?assomption que les Etats-Unis ont planqué des machins
dans" votre bureau, dit un journaliste à Fleischer.

"Non, non," répondit Fleischer. "C'est pour une question de pure politique que
nous ne répondons pas à des questions de cette nature."

N.S.

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