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CAMEROUN
Vol de l’immeuble AMACAM :
Sur les pistes des magouilles du général et du ministre
Un acheteur, placé dans une position de dirigeant dans l’administration publique ou dans les forces armées nationales, mais qui délibérément utilise des magouilles pour extorquer un bien d’Etat que d’autres candidats auraient voulu payer à un prix plus élevé, ne fait-il pas montre d’escroquerie, de trafic d’influence, d’abus d’autorité et de corruption, délits réprimés par le Code Pénal camerounais ? Les deux puissants Meka ne se sont pas arrêtés là. En véritables feymen, ils jouent actuellement une banque contre l’autre, pour éviter de rembourser les crédits qu’ils ont contractés à la BICEC. Dans le silence de la justice camerounaise et des média locaux, tous transis de peur…
Par Ndzana Seme


NEW YORK 01/14/2006 – Quand l’on analyse le contrat de vente de l’immeuble AMACAM d’Akwa, assorti d’une convention d’ouverture de crédit à la BICEC, ce qui frappe à première vue est la mention suivante faite par les notaires Béatrice Rufine Assena et Elise Lottin, en page 6 :

« Et les deux notaires soussignés affirment qu’à leur connaissance, le présent acte n’est motivé par aucune contre lettre contenant augmentation du prix ci-dessus fixé. »

L’on se demande ce que le liquidateur Binyom Albert Charlie a fait de la « contre lettre » assortie d’un contrat d’achat, proposé par le ministère des postes et télécommunications et offrant 3 milliards 500 millions de francs Cfa contre l’immeuble AMACAM titre foncier 1628 d’Akwa ; dont un tiers, soit un milliard 167 millions étaient payable comptant. Ne serait-ce que le tiers de cette offre constituait en effet « une augmentation du prix » par rapport aux  800 millions acceptés de la part des deux Meka.

Un liquidateur qui cache aux notaires et à la justice une offre meilleure, pour lui préférer plutôt une autre offre de montant inférieur, sans autre avantage quelconque pour la liquidation, ne fait-il pas montre d’une claire attitude de parjure, de corruption, de discrimination, de favoritisme et de complicité d’escroquerie de biens de l’Etat, délits punis par le Code Pénal camerounais ?

Un acheteur, placé dans une position de dirigeant dans l’administration publique ou dans les forces armées nationales, et qui de ce fait même est au courant des magouilles qui se sont toujours déroulées lors des opérations de privatisation des biens de l’Etat, mais qui délibérément utilise des magouilles similaires pour s’approprier un bien d’Etat que d’autres candidats auraient voulu payer à un prix plus élevé, ne fait-il pas montre d’escroquerie, de trafic d’influence, d’abus d’autorité et de corruption, délits réprimés par le Code Pénal camerounais ?

Si jamais la justice camerounaise, que Paul Biya prétend assainir (si l’on en croit ses derniers actes de relèvement de deux magistrats), est donc moins corrompue que le pouvoir la présente, l’affaire de l’escroquerie de l’immeuble AMACAM d’Akwa par le général René Claude Victor Meka et le ministre Rémy Ze Meka ferait déjà l’objet d’une enquête judiciaire, que soit le procureur de la république, soit l’avocat général, doit absolument mener.

Malheureusement, nos sources sont formelles qu’aucune action n’est entreprise ou envisagée d’être entreprise au niveau de la justice camerounaise au sujet de cette escroquerie de bien de l’Etat.

Les magistrats, tout comme les journalistes camerounais locaux, vivent dans une peur bleue de la réaction du général René Claude Meka et du ministre de la défense Rémy Ze Meka au cas où ils seraient inquiétés. Chacun a peur d’être victime d’assassinat ces prochains jours, surtout lorsqu’on pense que le chef d’état major des armées est le patron suprême des gangs de « braqueurs » qui terrorisent impunément les Camerounais et dépouillent quotidiennement les habitants de leurs biens.

Les magouilles pour extorquer l’immeuble et pour effacer les traces du vol

C’est en véritables professionnels de la « feymania » que le général Meka et son neveu le ministre Ze Meka ont opéré pour s’approprier frauduleusement et délictueusement l’immeuble de la liquidation des AMACAM situé à Akwa, Douala. Une analyse chronologique de leurs actions (documents publiés ici en
fac-similés) confirme ce propos.

Par ordonnance numéro 233 du 2 Mai 2002 du président du tribunal de grande instance de Yaoundé, le liquidateur des AMACAM était autorisé à initier des négociations pour une cession de gré à gré de l’immeuble objet du titre foncier numéro 1628 du Wouri abritant l’immeuble des ex-AMACAM.

Le 2 mai 2002, apparaît dans Cameroon Tribune le communiqué du Greffier en chef du tribunal de grande instance publiant l’ordonnance. A la suite de ce communiqué, le ministère des postes et télécommunications prépare son offre, d’autant plus que ce ministère est le plus gros locataire dudit l’immeuble. L’offre, dont le montant est de 3 milliards 500 millions, est atteinte après de longues négociations verbales avec le liquidateur Charlie Binyom. Elle consiste en un paiement en deux étapes, un tiers en espèces à la signature du contrat de vente, et les deux tiers par la suite.

Le général René Claude Meka et le ministre Rémy Ze Meka sont également au courant de la mise en vente de l’immeuble. Ils entrent rapidement en contact avec le liquidateur Binyom, qui les met au courant de la situation des offres. Leurs négociations avec ce liquidateur sont tellement fructueuses que monsieur Charlie Binyom revient subitement sur ses accords avec le ministre des postes et télécommunications, en lui exigeant notamment le paiement des deux tiers de son offre, soit 2 milliards 333 millions, immédiatement. Sinon il ne signe pas de contrat de vente avec le ministère des postes.
Pendant ce temps, les deux puissants Meka s’attèlent déjà au montage des magouilles que leur a conseillés Binyom afin de prendre possession de l’immeuble en doublant les autres candidats.

Le 20 novembre 2002, les deux Meka créent La Camerounaise Immobilière au capital de 1.000.000 francs Cfa et, le 28 novembre, en nomment gérante leur parent Mme Bissa Meka Régine épouse Foumou Okang.

Le 12 décembre 2002, tandis que le ministre des postes et télécommunications pense encore qu’il arrivera à un compromis avec le « têtu » Binyom Albert Charlie, l’intéressé se trouvait plutôt dans l’étude de Maître Béatrice Rufine Assena entrain de signer en tant que vendeur un contrat de vente de l’immeuble avec La Camerounaise Immobilière, au prix de vente de 800 millions de francs Cfa.

Mme Bissa Meka signait pour le compte de La Camerounaise Immobilière en tant qu’acheteur. René Claude Victor Meka et Rémy Ze Meka signèrent chacun comme caution personnelle et solidaire à concurrence de 400 millions de francs Cfa dans le cadre de la convention d’ouverture de crédit à la BICEC. Tandis que les nommés Ngo Bassanaga Anne et Embolo Joseph-Marie ont signé comme les témoins dans le contrat.

Tandis que l’immeuble est acheté cash avec un chèque BICEC de 800 millions, les frais d’enregistrement le 16 décembre de l’acte de vente à Yaoundé CPIC (Actes Civils), pour un montant de 136 millions, sont payés par d’autres moyens, certainement par le biais d’un autre crédit BICEC.

Entre ensuite en jeu un autre larron, Jean-Rémy Martin, résidant à BP 1883 Douala, né le 1er Juin 1955 à Bordeaux et titulaire de la carte de résident numéro 102801842 délivrée le 8 février 2002 à Yaoundé. Le sieur Martin entre, l’on ne sait pourquoi et en apportant quoi – nous n’avons pas ce document –, dans l’actionnariat de La Camerounaise Immobilière à hauteur de 33%.

Le 2 avril 2003, Mme Bissa Meka sort de la scène par le biais d’une procuration, puisqu’elle délègue, en cas d’absence, à Martin Jean-Rémy tous pouvoirs en vue de gérer et administrer tant activement que passivement l’immeuble objet du titre foncier 1628 du Wouri. Et pendant les dix mois qui suivent, le nommé Martin aurait géré et administré l’immeuble à partir du siège social de La Camerounaise Immobilière situé dans la BP 14634 Yaoundé de Mme Bissa Meka.

Le 20 février 2004, une assemblée extraordinaire décide le transfert du siège social de La Camerounaise Immobilière de la BP 14634 Yaoundé à la BP 1883 Douala, le siège social de l’entreprise Geofor Sa de Jean-Rémy Martin.

Et les feymen jonglent les banques, en évitant de rembourser les traites de la BICEC

La dernière en date est une lettre du 21 septembre 2005 de Jean-Rémy Martin, au directeur général de la Commercial Bank of Cameroun (une banque de Fotso Victor, membre du comité central du RDPC), demandant un refinancement de 500 millions sur un crédit BICEC de 919,4 millions (et non plus 800 millions) pour l’acquisition de l’immeuble ex-AMACAM.

Jean-Rémy Martin déclare dans sa demande que le crédit BICEC est remboursable en 120 mensualités, alors que sur le contrat du 12 décembre 2002, il est remboursable en 36 trimestrialités de 41,8 millions chacune, hors TVA de 18.7% sur les intérêts dus.

Tout ceci laisse penser qu’en plus des 800 millions de crédit long terme, les Meka ont sollicité et obtenu un autre crédit de 119,4 millions auprès de la BICEC, afin de payer notamment les frais d’enregistrement du contrat vente.

Rien qu’en prenant le seul crédit long terme de 800 millions accordé le 12/12/2002 avec un différé de 12 mois et payable en 36 trimestrialités de 41,8 millions hors taxes, l’on se serait attendu que La Camerounaise Immobilière ait déjà remboursé au minimum 334.4 millions de francs Cfa à la BICEC jusqu’au 12/09/2005, sans compter la TVA.

Jean-Rémy Martin déclare plutôt que La Camerounaise Immobilière, en date du 21/09/2005, n’a payé à la BICEC qu’un total de 91.8 millions, soit un total minimum de traites impayés de 242.63 millions.

Par conséquent, sans même nous occuper du crédit BICEC supplémentaire de 119,4 millions, il est clair que l’entreprise bidon des deux puissants Meka, La Camerounaise Immobilière, était déjà logée parmi les clients litigieux qui ne remboursent pas leurs dettes. C’est certainement la raison pour laquelle Martin demande en fin septembre dernier à la banque de Fotso de refinancer la BICEC à raison 500 millions ; ce qui leur permet également de récupérer le titre foncier 1628 du Wouri, que la BICEC menace certainement de vendre aux enchères publiques.

La malhonnêteté et le comportement de feymen professionnels, de la part du général René Meka et du ministre Rémy Ze Meka,  apparaissent sur toute la ligne sur cette affaire de leur extorsion d’un immeuble public. Non seulement ils usent de corruption et de trafic d’influence auprès du liquidateur Charlie Binyom, mais en plus ils sont entrain de jongler avec les banques camerounaises pour le financement de l’opération.

Les deux Meka font en effet montre d’une cupidité sans bornes, en bouffant tous les loyers reçus de l’immeuble ex-Amacam, mais en évitant de payer à la BICEC les traites des crédits obtenus pour s’approprier l’immeuble. Et ces deux individus sont bien ceux sur les mains desquels Paul Biya a placé le Cameroun.
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