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CAMEROUN - DEFENSE
Les péchés de l'armée camerounaise ou les signes d'une fin de règne
Le moral des forces armées au Cameroun est plus que pitoyable. A côté des étoilés sauvagement embourgeoisés et incontournables, il existe une autre armée tout au fond de l’échelle sociale de la nomenklatura militaire. Elle est faite de tous ces laissés-pour-compte en tenue, malheureux, pauvres qui sont en dissonance avec un haut commandement riche et méprisant. La misère morale d’un soldat en armes peut dégénérer en un défi politique propre à mettre en danger non seulement la survie du régime, mais également la paix et la stabilité de la société tout entière. Face à la précarité matérielle, à la discrimination et à l’exclusion, nombre de ces soldats laissés à la traîne basculent facilement de l’indigne statut d’honnêtes gueux en uniforme à celui, moins honorable mais beaucoup plus profitable, de bandits armés. Ainsi, les quelques centaines de militaires à l’origine de la mutinerie de Limbé ont été recrutés par le haut commandement actuel  pour des raisons discrétionnaires. Le Cameroun  ne parvient pas à enrayer la rébellion qui progresse à petits pas.
Mathurin Aimé Moussy 
 


PARIS 22/10/2008  - La République  n’existe que de nom. L’armée couve sous les braises de non-dits. La paix est fragile : les institutions sont  soumises à rude épreuve. Le Cameroun  ne parvient pas à enrayer la rébellion qui progresse à petits pas, d’abord dans le Nord par la  prise en otage des populations, ensuite à Limbé avec l’attaque des symboles de l’Etat ces derniers jours. Il y a des milices dont on ne parvient toujours pas à cerner les motivations, les « coupeurs de routes ».

Plusieurs types  d’exactions sont perpétrées au quotidien par les hommes en tenues. Des menaces à ciel ouvert sont brandies sur les médias qui osent défier l’ordre établi. Si, pour désamorcer la menace d’une guerre civile, le président Paul Biya promet des réformes politiques, sociales et économiques ; la classe politique, et quelques barons du parti au pouvoir , font de sa démission un préalable. Pénalisant toute l’économie nationale, la crise révèle la faiblesse d’un gouvernement étranglé par les institutions de bretton woods et dépendant d’un secteur para public qui exploite les ressources du pays sans participer à son développement : la fuite des capitaux et des cerveaux.

Mystification de la paix

Un des signes annonciateurs de la crise qui secoue le Cameroun depuis février 2008, se produisit en mai 2000 lorsque le président Paul Biya, lors d’une conférence de presse, indiqua qu’il ne pas pouvait être question de punir les militaires pourtant mis en cause dans le rapport d’une commission d’enquête, pour les détournements. Ce rapport stigmatisait le vieillissement des chefs d’ Etat-major. Ne voyant pas cette intrusion d’un bon œil, les pressions des bidasses se sont accélérées pour avoir une mainmise sur ce qu’ils appellent leur chasse gardée.

L’armée républicaine !


Pour ne pas perdre la main, face à l’opinion publique qui attendait de grands chamboulements, il a paraphrasé Chirac en mai 2000, sur les réformes des armées : « Je veux faire de notre armée , une armée de métier » . Le chef suprême des Forces armées nationales du Cameroun, a promu à cette même période une dizaine  d’officiers supérieurs au rang d’officiers généraux, c’était faire une armée de métiers taillée sur mesure . Paul Biya décida de ne donc pas mettre ses officiers généraux à la retraite .

Pendant que le peuple boude en privé et des officiers subalternes sont prêts à en découdre, il paraphrase, lors d’un de ses multiples voyages à l’étranger le feu président Houphouët Boigny ;vous m’exigerez pas de « mettre mon armée contre moi-même... Je ne prendrai aucune sanction » avait-il conclu, pendant que le népotisme est érigé en valeur au sein de l’armée. Fort irrité des tensions qui prévalent sur le plan intérieur, un Paul Biya vieillissant, malade et dépassé, ne peut qu’ avoir pour pilier son armée .

En Afrique, depuis les indépendances, les relations entretenues par les gouvernements et les populations avec leurs armées sont marquées par une dangereuse illusion. Déclarait Anatole Ayissi, dans Le Monde Diplomatique. L’ Etat a cru que les forces de sécurité depuis 1958, après les émeutes indépendantistes, parce que armées, représenteraient ce robuste socle sur lequel reposeraient la paix et la stabilité du pouvoir politique, raison pour laquelle la moyenne d’âge des généraux est de soixante dix ans(70ans). On espérait qu’en cas de troubles graves les militaires, seule force sociale organisée et muette ,au sein d’ un Etat décadent comme le Cameroun, pourraient légitimement s’ériger en sauveurs du pouvoir politique en péril.

Anatole Ayissi dans son article, citait  le colonel Joseph Désiré Mobutu, qui justifiait sa prise de pouvoir par les armes en 1965 comme « un mal nécessaire... un acte correct, légitime, fondé et bienséant ». Ainsi le général Sani Abacha, en 1991, brisa-t-il brutalement l’élan du peuple nigérian vers la démocratie pluraliste et clama que sa seule ambition était de gouverner le Nigeria de manière « ferme » et... « humaine ». Par conséquent plusieurs « Apôtres » en camoufflets ,  ont utilisé ces arguties pour justifier l’irruption de la force militaire au cœur du pouvoir , Paul Biya n’ayant pas de dauphins supposés, laisse courir tous genres de guéguerres au sein des institutions. Car, déclarait-il qu’il ne pouvait pas laisser le Cameroun dans le chaos et entre les mains d’apprentis sorciers. L’armée étant son excroissance politique va-t-elle donner libre cours à une démocratie ?

Quand les armes changeront d’épaules

Dès l’aube des années 1990 avec les mots d’ordre de villes mortes et de conférences nationales souveraines, il était devenu évident que l’implication des forcées armées dans la survie des Etats aux abois s’est accrue. Tous les dictateurs pour des raisons d’ordre public, trouvaient idoine de renforcer leur assise par les armes. Le nombre des recrutements militaires a quintuplé entre 1990 et 2008, au Cameroun. Et pourtant, il y a des secteurs clés du développement, qui ont un manque criard de personnel : santé, éducation. La solde des hommes armés a triplé en moins de dix ans ! 

Tandis que les fonctionnaires sont restés quinze ans sans avoir la moindre augmentation. Il devenait évident aussi que des soldats détournés de leur mission originelle et mis au service exclusif de l’autorité politique peuvent à tout moment se retourner contre « la divinité qui leur donne la manne ». Il s’est avéré que des hommes en tenue, à une certaine période de l’histoire, se sont retournés contre leurs maîtres du passé :Mauritanie, Centrafrique, Tchad, etc. La prise d’arme ou le déni de démocratie est devenu la nouvelle trouvailles des dictateurs en miniature : Kenya, Zimbabwe . Il se trouve que mêmes les pays qui étaient stables ,comme ceux précédemment cités, polarisent l’attention de la communauté internationale. 

Nous nous demandons si les prochains remous post électoraux, suscitant le partage du pouvoir, comme en Côte d’Ivoire, Kenya, Zimbabwe, ne vont pas se répandre au Cameroun, Gabon, Tchad, etc. ? Les Etats africains sont malades de leurs armées. Et les armées victimes de leurs Etats. Disait Anatole Ayissi. La perte du sens patriotique et la disparition de l’ esprit de corps , le tribalisme, le favoritisme, ont notamment grandement porté préjudice à la dignité et à la crédibilité du soldat camerounais. Un officier supérieur camerounais à la retraite déclarait dans des médias à Yaoundé ce mois d’octobre 2008, que l’armée est victime d’ un processus de « fragilisation  »qui, à terme, conduit au malheur de ses effectifs, il manque selon lui, de leadership. 

La tentative de vol de la mallette du président, par sa grade rapprochée n’est-elle pas l’expression d’un rase bol ?

L’atout majeur des forces de défense, demeure l’ esprit de corps  comme le disait Napoléon. Il  est né et s’est consolidé à travers les périodes de troubles, c’est dans ces lieux d’adversité où chaque fantassin, quels que soient son grade, son ethnie ou sa religion remet littéralement sa vie entre les mains de ses camarades d’armes. Une armée indisciplinée et divisée finit par devenir un danger pour elle-même, pour l’Etat et pour les citoyens qu’elle est censée protéger. Dans bien des pays africains, c’est au contraire l’esprit de clan et de caste qui domine au sein de forces armées ,n’étant unitaires et républicaines que de nom.

D’un côté émerge une armée de briscards, qui deviennent les maillons d’une sorte de complot entre les différents des bras séculiers de la nomenklatura, où le pouvoir politique se sert de l’armée, et vice-versa. Au sommet de cette cohorte  trônent des thuriféraires en uniforme, une minorité de hauts gradés, sauvagement embourgeoisés et incontournables.

Mais, s’il est vrai que la proximité entre pouvoir politique et militaire, a fait de ces derniers des nababs, des fedayins aux ordres des leviers de décisions, il n’en demeure pas moins que le moral des forces armées au Cameroun, est plus que pitoyable. Et, à côté des étoilés, il existe une autre armée tout au fond de l’échelle sociale de la nomenklatura militaire. Elle est faite de tous ces laissés-pour-compte en tenue, malheureux, pauvres qui sont en dissonance, avec un haut commandement riche et méprisant. Les fonctionnaires corrompus camerounais sont plus riches  que les hommes d’affaires, par ailleurs les militaires pourris du Cameroun sont plus riches que les ministres.

La déliquescence des forces armées zaïroises, qui avait conduit à la misérable fin du président Mobutu, illustre cette naissance d’armées à deux vitesses,  divisées, opposées et inégales ,  la règle qui prévaut pour le recrutement et plus encore pour l’encadrement  des soldats étant souvent celle du  clientélisme politico-ethnique , afin de les rendre plus sûrs et manipulables .Ainsi, les quelques centaines de militaires à l’origine de la mutinerie de Limbé ont été recrutés par le haut commandement actuel  pour des raisons discrétionnaires .

Face à la précarité matérielle, à la discrimination et à l’exclusion, nombre de ces soldats laissés à la traîne basculent facilement de l’indigne statut d’honnêtes gueux en uniforme à celui, moins honorable mais beaucoup plus profitable, de bandits armés. A reprendre ce néologisme qu’on a trouvé pendant la guerre civile de Sierra Leone le « sobel » - « soldier and rebel » , une sorte de militaire hybride ayant la faculté d’être  soldat  le jour et  rebelle gangster  la nuit, c’est cette espèce qu’on retrouve le plus au sein de notre armée. Cette confusion qui ne dit pas son nom, laisse pantois !

Si la misère d’un citoyen civil peut demeurer un simple problème social, la misère morale d’un soldat en armes peut dégénérer en un défi politique propre à mettre en danger non seulement la survie du régime, mais également la paix et la stabilité de la société tout entière. Là réside l’extrême danger de la paupérisation dont certains sont victimes dans nos forces armées. Ce problème relève plus de l’encadrement civique.

En Côte-d’Ivoire, les mutineries de décembre 1999 et de septembre 2002 eurent pour origine non pas des questions d’ordre politique, mais des revendications corporatistes : salaires, primes, casernes, promotions.

Mais, au Cameroun les salaires sont encore assurés. Tout cela suffit-il à discipliner une armée où le vice et l’arbitraire sont les grades les plus partagés ? Que faire de ces militaires  médiocres et incontrôlables, dans un environnement délétère où  les revendications  civiles, bien qu’étant essentiellement alimentaires, sont une menace pour ce régime déjà fragilisé par les difficultés économiques ou les guerres de clans? Cette gâchette que Paul Biya braque sur le peuple camerounais, ne peut –elle pas se retourner contre lui ?
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Militaires camerounais, patriotes ou bandits?
Braquages ou rébellions armées en mouvement
L’armée camerounaise est sournoisement très divisée actuellement. D’un coté il y a ceux qui sont des patriotes et qui veulent défendre le Cameroun, et rien que le Cameroun, tel qu’illustré par le refus du général Douala Massango de massacrer les jeunes dans les rues de Douala en février dernier. De l’autre coté, il y a les pouvoiristes corrompus qui suivent les Meka dans leur mission de conservation du pouvoir à tout prix. Les groupes qui attaquent les banques ces derniers temps seraient un vaste réseau travaillant de concert avec un groupe nigérian et sponsorisé par certains ministres camerounais, notamment ceux attrapés par la fameuse « opération épervier », et par d’autres hauts dirigeants camerounais, déclarent les hommes de Ze Meka.  Le gang, qu’il faut plutôt appeler une milice armée, qui a opéré à Limbé et qui serait sous la direction du général René Claude Meka et ses neveux le Mindef Remy Ze Meka, Emmanuel Meka Meka et Léon Mbia Meka, tenait à étaler sa puissance dans un endroit entouré de six bases militaires. Même Paul Barthélemy Biya a peur des Meka.
Par Ndzana Seme


NEW YORK 10/26/2008 – Depuis novembre 2007, des attaques mortelles frappent l’armée camerounaise à répétition dans la zone de Bakassi. Le commandement de l’armée camerounaise a plusieurs fois été suspecté de complicité avec l’ennemi inconnu.

Depuis quelques semaines, des attaques armées du genre propre aux opérations de guérilla ont eu lieu sur les cotes camerounaises, s’ajoutant ainsi aux multiples autres appelées « coupeurs de routes » qui ont régulièrement lieu dans la partie septentrionale du pays, elles-mêmes allant de pair avec des gangs armés appelés « braqueurs » qui sèment la terreur dans les populations qu’elles dépouillent systématiquement de leurs maigres avoirs.

Bon nombre d’enquêtes sur les gangs armés au Cameroun ont abouti sur le constat que beaucoup de tels gangs sont organisés, armés ou alors soutenus par des militaires, gendarmes et policiers occupant souvent des postes de commandement au sein des forces armées camerounaises.

D’après PostNewsLine.com, les “pirates” qui ont opéré le 27 septembre dernier à Limbé en assiégeant la ville et en dépouillant plusieurs banques d’environ 250 millions FCFA et en tuant une personne, ont tenté une opération similaire mais infructueuse le 21 dernier à Kribi. Quelques uns d’entre eux auraient été appréhendés par des éléments du Mindef Rémy Ze Meka et auraient avoué que leurs autres cibles sont la SONARA, la SCDP et le site électrique de Songloulou. Car, auraient-ils confié, leur groupe serait un vaste réseau travaillant de concert avec un groupe nigérian et sponsorisé par certains ministres camerounais, notamment ceux attrapés par la fameuse « opération épervier », et par d’autres hauts dirigeants camerounais. 

C’est ce que Ze meka veut que le public comprenne. Mais quand on connaît ses habituelles inventions de coups d’Etat, il faut creuser plus profondément pour chercher la vérité. Et c’est ce que nous avons fait.

Ce qui est évident, c’est que le contrôle de la violence étant l’un des éléments essentiels pour le contrôle du pouvoir dans un pays, les forces armées camerounaises donnent actuellement une démonstration palpable de la réalité selon laquelle le contrôle de la violence est entrain de se disputer au Cameroun. Une compétition sournoise dans le contrôle de la violence est un signe de ce que le pouvoir en place perd son autorité et sa souveraineté.

Une question revient toujours lorsque l’on évoque la résurgence soudaine en novembre 2007 des attaques sur le Cameroun par des inconnus : à savoir pourquoi ces attaquants ne s’étaient-ils pas manifestés depuis 1994 que les combats entre troupes nigérianes et camerounaises eurent lieu, depuis octobre 2002 que la Cour Internationale de Justice avait rendu son jugement en faveur du Cameroun, ou encore depuis décembre 2003 que le Nigeria avait cédé 32 villages au Cameroun ? Pourquoi seulement en 2007 ?

La réalité c’est que Bakassi a toujours été la base arrière des militants luttant en rébellion contre le gouvernement fédéral nigérian dans le Delta du Niger depuis plus d’une décennie. Ces militants, dont certains sont camerounais comme de nombreux habitants de la zone, ont toujours vécu dans Bakassi, malgré la décision en 2002 de rétrocéder la presqu’île au Cameroun. Ils n’avaient jamais attaqué les positions camerounaises.

Et avant le 12 novembre 2007, de source d’un officier de l’armée camerounaise qui souhaite garder l’anonymat, le commandement de l’armée camerounaise avait négocié des alliances et des deals avec les militants rebelles nigérians. Le général René Claude Meka et son neveu ministre de la défense Remy Ze Meka avaient en particulier supervisé les deals avec ces militants du Delta du Niger. De tels deals consistaient notamment à leur fournir les armes de guerre, les munitions, ainsi que la couverture de leurs réseaux divers.

Notre source déclare que la contrepartie d’un tel soutien de la hiérarchie de la défense camerounaise est illustrée par le genre de service que ces militants ont rendu en attaquant et en assiégeant Limbé en fin septembre dernier. Car il s’agissait plus d’une démonstration de force que d’une quelconque opération de vol ; pour la simple raison qu’il est connu que les banques vident leurs coffres le vendredi, ne laissant que quelques réserves devant faire face aux transactions de lundi matin, le gros des billets de banques restant essentiellement dans la banque centrale.

Le gang, qu’il faut plutôt appeler une milice armée, qui a opéré à Limbé et qui serait sous la direction du général René Claude Meka et ses neveux le Mindef Remy Ze Meka, Emmanuel Meka Meka tenant la gendarmerie de Douala et Léon Mbia Meka supervisant Interpol Cameroun, tenait à étaler sa puissance dans un endroit entouré de six bases militaires. Ceci était un message fort adressé aux autres gangs, dont ceux qui seraient dirigés par les généraux Mambou et Samogo ainsi d’autres officiers des forces armées, leur prouvant ainsi que les Meka ont la puissance armée la plus élevée parmi les gangs.

Pourquoi en est-on à une telle confrontation des gangs alors que les Meka tiennent les rênes de l’armée et de la gendarmerie ?

La réalité en est que l’armée camerounaise est sournoisement très divisée actuellement. D’un coté il y a ceux qui sont des patriotes et qui veulent défendre le Cameroun, et rien que le Cameroun, tel qu’illustré par le refus du général Douala Massango de massacrer les jeunes dans les rues de Douala en février dernier. De l’autre coté, il y a les pouvoiristes corrompus qui suivent les Meka dans leur mission de conservation du pouvoir à tout prix.

En plus, ce que le public ignore souvent est que les bases et garnisons militaires n’ont pas de munitions et d’essence, justement afin d’empêcher tout soulèvement au sein de l’armée pouvant aboutir au renversement du pouvoir. La stratégie des poudrières et des dépôts d’essence a été établie à cet objet. L’armée régulière ne peut donc être déployée que lorsque les munitions et l’essence lui sont fournies.

Mais l’armée étant ainsi divisée, le général René Claude Meka évite le plus possible les occasions de devoir mobiliser l’armée pour les combats.

En dehors de certaines unités de gendarmerie et de police, le principal corps qui est armé en permanence est la garde présidentielle. Elle est également l’unité armée la mieux formée pour les combats. C’est aussi pour cette raison que c’est toujours la garde présidentielle éloignée, appelée Bir (Brigade d’intervention rapide), qui est toujours mobilisée pour intervenir partout où les combats sont nécessaires.

En dehors donc de ces Bir installées en cercle autour de Yaoundé à travers le pays, les Meka ont créé des milices armées bien entraînées pour contrôler la violence au Cameroun. Ces milices sont l’un des instruments essentiels de conservation de pourvoir sur lesquels les Meka comptent pour vaincre tout soulèvement armé potentiel.

Même Paul Barthélemy Biya a peur des Meka, qui sont les véritables tenants actuels du pouvoir au Cameroun. D’autant plus que ces derniers temps il ne rencontre pas beaucoup de succès de la part de ses principaux parrains, notamment la France. En septembre dernier, il était revenu tout furieux de son séjour en France, parce que Nicolas Sarkosy lui avait refusé un accueil officiel sous les caméras des média. Et depuis des semaines qu’il est parti pour New York lors de l’assemblée générale de l’ONU, il s’est fait signaler au Canada lors de la conférence sur la francophonie où il aurait évité de recevoir ses propres ministres venus pour cet effet, et est rentré depuis lors se terrer en Suisse.

Le président camerounais n’a dit aucun mot sur l’attaque de Limbé, sur la dernière attaque de Bakassi et encore moins sur l’attaque dite avortée sur Kribi. Pourquoi ? Les Meka sont aux commandes et Rémy Ze Meka assume bien les fonctions de dirigeant actuel du Cameroun.

Les Meka sont une famille de gansters. Cousins de feu Jeanne Irène Biya, ils n’avaient pas hésité à participer à son élimination physique au sein du palais ; tout simplement parce que l’ancienne première dame était opposée à la création des milices tribales pour la conservation du pouvoir néocolonial contre la démocratie, comme l’exigeait François Mitterand et l’acceptait Paul Biya. Elle avait à cet effet interdit l’accès du palais à Omgda Damase, alors en charge de constituer les milices tribales terroristes Beti et Bulu.

Les Meka ne reculent devant rien pour s’accaparer ou conserver le pouvoir. Essentiellement pratiquants de tout genre de magie noire et de sorcellerie, les Meka font peur même à Paul Biya connu comme un grand sorcier. Il sait fort bien que le zèle des Meka n’est pas, comme ils le jurent, pour défendre le pouvoir de Biya, mais plutôt pour défendre le pouvoir tout court : le leur.

Au stade où ils contrôlent actuellement les forces de violence en présence, Paul Biya doute que s’il meurt ils remettraient effectivement le pouvoir à son fils Frank Biya comme ils l’ont promis. Car, Rémy Ze Meka prend de plus en plus des ailes de président.

Devant une telle situation prodrome de tous les périls pour le Peuple camerounais, il y a lieu de rappeler à la jeunesse combattante que dans une démocratie le Peuple est le souverain. Et en tant que tel dans des pays comme les Etats-Unis, le Peuple a le droit constitutionnel du port d’arme ; tout simplement parce que le Peuple a le droit inaliénable de s’organiser en milice contre un mauvais gouvernement, comme le peuple américain s’était organisé contre les colons britanniques.

Le Peuple camerounais a le droit, et depuis ces derniers temps de tous les périls, le devoir de s’organiser en milices armées populaires pour faire face aux dangers que les Meka et le pouvoir Biya organisent contre eux. Faute de quoi, notre beau pays sombrerait dans des pages noires jamais connues avant.


Insécurité : Une tentative de braquage à Kribi 
Un groupe armé était prêt à attaquer la Bicec avec des complices venant de la mer.Toutes les forces de police, de gendarmerie et de la marine de Kribi sont en alerte maximale depuis la nuit dernière, après l'interpellation de quatre individus aux environs de 1h du matin. 
Joseph Abena Abena, Le Jour

KRIBI 24/10/2008 - Les entrées et les sorties de la ville sont gardées et sous haute surveillance, les patrouilles se multiplient à l'intérieur. Après les Chinois interpellés, c'est l'unique sujet qui anime les conversations : "C'est exactement ce qui s'est produit à Limbé qui allait nous arriver", fait remarquer un fonctionnaire en pleine discussion avec ses collaborateurs. La peur est perceptible. Cependant, le travail se poursuit normalement, chacun vaquant à ses occupations. A l'heure actuelle, deux versions des faits ont été recueillies auprès des responsables de corps différents.

Selon la première version, le renseignement sur le braquage de la Bicec était déjà quelques jours avant entre les mains de la police qui avait pris soin de quadriller la ville. Dans la nuit du 21 au 22 donc, des individus suspects ont été remarqués dans la cité. Ils étaient à bord d'un véhicule Toyota corolla blanc, immatriculé CE 867 AA. A en croire des témoignages, les braqueurs se sont servis d'un véhicule identique à celui du chef d'agence, espérant avoir un accès facile a l'établissement bancaire. Aux environs de minuit, deux suspects seront pris à la station service Total, à bord d'une moto, alors qu'ils venaient de consommer pour 1000frs de carburant. Leurs téléphones seront aussitôt retirés par la police. C'est alors que le téléphone d'un suspect arrêté va sonner ; au bout de la ligne, un monsieur indique qu'ils sont déjà au niveau de la poste, prêt à passer à l'action ; il demandait ainsi à son interlocuteur de les retrouver à l'instant même.
A partir de ce renseignement, une escouade de policiers, sous le commandement d'un officier de police est descendue sur le terrain. Arrivés au niveau de la poste (à quelques mètres de l'agence Bicec), un véhicule est garé, les policiers s'approchent et tiennent les quatre personnes à bord en respect. Soudainement, raconte notre source, un coup de feu éclate à une distance d'un jet de pierres et les bruits de bottes s'évanouissent dans la nature.
La deuxième version veut qu'un groupe d'hommes fortement armés a forcé une patrouille mixte faisant partie du dispositif de sécurité, spécialement renforcé dans cette ville, depuis les attaques de Limbé. Il s'est engagé une fusillade, à l'issue de laquelle deux des assaillants armés ont fondu dans l'obscurité. Les quatre autres ont été arrêtés par la patrouille mixte. Une fouille de leur véhicule a permis de découvrir toute la panoplie complète des éventreurs de coffre forts : marteaux, explosifs sophistiqués, matériel de transmission et bien sûr, armes à feu. On a découvert que l'un des assaillants est un ancien vigile de la Bicec, la première banque visée par le groupe. Mais la découverte la plus importante, semble être, le fait que le groupe appréhendé n'était que le groupe précurseur, le gros de la troupe devant mener l'opération devant venir par voie de mer. "L'exploitation" de ces hommes permettra sûrement d'en savoir un peu plus, dans les prochains jours.     

Source: Le Jour
Insécurité : Questions et révélations sur l’attaque de Limbe
Écrit par David Nouwou Mercredi, La Nouvelle Expression 29 Octobre 2008 10:53

Les langues commencent à se délier au sujet des mobiles et de l’identité des assaillants.

La Nouvelle Expression a appris des sources généralement bien introduites, que les premiers éléments qui intéressent les multiples équipes d’enquête constituées pour faire la lumière sur l’attaque de Limbe, sont les douilles des balles ramassées après le départ des assaillants.

Une expertise balistique aurait permis d’établir que nombre de ces minutions font partie du stock de l’armée camerounaise ; emporté le 12 novembre 2007, lorsque des inconnus avaient attaqué les positions des militaires camerounais et fait 21 morts dans la péninsule de Bakassi.

Les armes emportées à cette occasion auraient aussi servi à Limbe. Hypothèses : soit ces armes et minutions ont été achetés chez les responsables de l’attaque du 12 novembre, soit il s’agit de la même bande. Autres révélations qui ne manque pas de pertinence : nombre de ceux qui ont attaqué Limbe, parlaient français. La Nouvelle Expression enquête actuellement sur un sergent chef de l’armée camerounaise, vivant à  New Town aéroport à Douala et qui serait pris dans le cadre de ces attaques. Une source officielle de l’opération Delta que nous avons contactée, ne confirme pas ces informations.

A la suite des événements de Limbé, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Remy Ze Meka, a expliqué que ces   agresseurs  ne viendraient pas de loin. Et a d’ailleurs minimisé leurs armes (les kalachnikov) qui ne feraient pas une foudre de guerre. Dans la foulée, il a reproché à Amity Bank de n’avoir pas suffisamment protégé son institution bancaire, facilement vulnérable. Réagissant à la sollicitation de la chaîne de radio anglaise, Bbc, il a révélé qu’il était au parfum d’une rumeur de menaces sur les intérêts économiques du Cameroun sur ses côtes.

Sons de cloche discordant

Mais le premier Ministre n’est pas sur la même longueur d’onde que le ministre de la Défense. A l’occasion de la conférence conjointe des sections du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) tenue à Muyuka, près de Buea, le 11 octobre dernier, Inoni Ephraïm avait reconnu plutôt que l’armée camerounaise avait été surprise devant des agresseurs aussi puissamment armés. Et qu’elle n’était pas préparée à leur réserver une riposte adéquate. Seulement, il faudra expliquer aussi comment des hommes aussi lourdement armés ont pu opérer avec une aisance aussi déconcertante dans une région où les forces de défense sont supposées être en état d’alerte permanent, compte tenu des attaques à répétition dont l’armée camerounaise est victime depuis ces derniers mois.

Les déclarations du patron de la défense nationale et de son chef de gouvernement, sont aussi troublantes que la torpeur qui s’est emparée des responsables administratifs et des forces de maintien de l’ ordre du Sud-Ouest  durant tout le temps que les “ étrangers ” ont dicté leur loi.

Un marin qui est un habitué du sud-Ouest et de la région de Bakassi, explique “ qu’il est moins effrayant que des agresseurs aussi aguerris dans le maniement des armes, viennent de l’extérieur du territoire national, parce qu’il est possible de prendre des dispositions pour surveiller les frontières ”. Mais il soutient plutôt que les auteurs de l’attaque de Limbe ne pouvaient pas venir de loin, parce qu’ils n’auraient jamais eu le temps de parcourir les centaines de kilomètres qui séparent Limbé de la frontière avec le Nigeria, sans être repérés, et avec de petites embarcations sans grande capacité de réserve d’essence. Il est par conséquent terrifiant qu’un groupe aussi puissamment armé, aussi professionnel dans la manière, vienne de l’intérieur du Cameroun. Une telle éventualité ne devrait pas effrayer seulement le bas peuple qui demeure pantois devant l’attitude bouleversante et incompréhensible que les autorités ont adoptée, cette nuit là, dans le chef lieu du département du Fako.

Retour sur scène


Dans la nuit du 27 au 28 septembre 2008, des assaillants à bord de trois embarcations, ont débarqué vers 1 heure du matin dans la ville balnéaire de Limbe. Aussitôt ils ont établi un périmètre de sécurité dans le quartier administratif (Down Beach) où ils ont opéré tranquillement. Pendant près de trois heures, des banques sont dévalisées, des documents confidentiels emportés des bureaux de Amity Bank et de la préfecture du Fako.


Extrême-Nord : Des coupeurs de route abattent un capitaine
Écrit par B.T. (Stagiaire) Mercredi, 29 Octobre 2008 10:51

Au cours d’une opération initiée pour libérer les otages camerounais, cachés en territoire tchadien par leurs ravisseurs, le commandant de compagnie de gendarmerie du département de Mayo Kani, dans l’Extrême Nord le capitaine Félix Leinyuy Tah a trouvé la mort, a-t-on appris de sources concordantes. Cet officier qui décède sur le champ de bataille, s’est illustré ces derniers temps avec la découverte d’une cache d’armes des coupeurs de route dans la même région. Des informations qui ont circulé par la suite, faisaient état de ce que les coupeurs de route ont décidé d’avoir sa peau. La région de l’Extrême-Nord qui est en proie à la grande criminalité notamment, avec le phénomène de prise d’otages rappelle que les problèmes de sécurité à nos frontières demeure préoccupants. Nous y reviendrons.


Tentative de braquage à Kribi : Les suspects devant le procureur de la République ce jour  
    
Un camion de gendarme est arrivé d'Ebolowa hier matin, pour renforcer l'effectif des patrouilles mixtes déjà sur place à Kribi. Six personnes au total sont en garde à vue depuis mercredi dernier au commissariat de sécurité publique. Elles seront déférées ce jour, mercredi 29 octobre au parquet.ns

Trois filles qui venaient également rendre visite aux présumés braqueurs ont été mises aux arrêts, pour exploitation. Il en ressort que le guide était Guy Ngando Ngando. Celui-ci, vigile de la société Panthere Security a démissionné de son service à la Bicec, le 16 Octobre dernier. "Il a été aperçu dans la ville en compagnie des personnes suspectes", a déclaré le commissaire Ngongo Essomba, de la sécurité publique. Interrogé sur ces arrestations et la possibilité d'une attaque par mer, le vigile s'est abstenu de toute déclaration, indiquant qu'il ne parlera que devant le procureur de la République. Toutefois, la police reconnaît que quatre personnes au moins sont en fuite, après l'affrontement qui a opposé le groupe de gangsters aux éléments de la police, dans la nuit de mercredi dernier.
Joseph Abena Abena, Le Jour 29/10/2008

Liste des présumés braqueurs arrêtés à Kribi
NOM  ET PRENOM                                                    AGE
Guy Ngando Ngando                                    25 ans
Djofang Arno Sébastien                               23 ans
Mohamed Abdou Aziz                                  23 ans
Zaghoh Tchassi Tout puissant                      21 ans
Kouatchoua Tchana Charly                           27 ans
Nyamedjo Ndemen Ludovic                           39 a
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