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| Que se passe -t-il au sommet de l’état au Cameroun? Déclaration du Conseil National pour la Résistance (CNRMUN) sur la situation politique au Cameroun. Depuis plus de 48 heures des rumeurs de plus en plus insistantes dont l’épicentre se situe au coeur même du régime RDPC, annoncent avec insistance le décès du président Paul Biya des suites de maladie dans un hôpital européen. La dernière nouvelle officielle que les camerounais ont eu de Mr Biya, a été communiqué par le Cabinet civil de la présidence de la république qui annonçait le départ de son locataire pour une visite privée en Europe. Le Conseil National pour la Résistance est fortement préoccupé par le silence du gouvernement devant ces rumeurs, qui détériorent encore plus un climat politique et social déjà délétère et tendu à l’extrême, du fait de l’imminence de l’élection présidentielle d’octobre,qui s’annonce mouvementée du fait du refus du régime RDPC d’organiser des élections transparentes avec une CENI. Le mutisme dans lequel sont plongés les hiérarques du régime néocolonial à Yaoundé, laisse penser à plusieurs cas de figures : a). Premier cas de figure. La rumeur du décès du président peut être vraie. La constitution camerounaise du 18 janvier 1996 dispose dans ce cas de figure que le président du Sénat ou son suppléant assure l’intérim et organise de nouvelles élections 20 jours au moins et 40 jours au plus après l’ouverture de la vacance. Or le Sénat n’a jamais été mis sur pied par le régime RDPC. Et conscients du vide constitutionnel existant dans ce cas de figure, les hiérarques du régime, soutenus par la hiérarchie militaire et l’aile conservatrice et réactionnaire de l’armée, garderaient l’information au secret pour ne l’annoncer officiellement qu’après avoir «trouvé une solution à la succession du patron». b).Deuxième cas de figure. La rumeur du décès de Paul Biya, pourrait être un coup monté par Paul Biya lui même et ses services policiers, dans le but de clarifier les multiples luttes de clans (pour le dauphinat du «patron») qui déchirent le camp présidentiel, le RDPC et les cercles ésotériques centripètes qui gravitent autour du pouvoir néocolonial. c). Troisième cas de figure. Cette rumeur pourrait être un coup monté contre l’opposition et les forces du changement dont la détermination à chasser Biya du pouvoir en cette année 2004 par tous les moyens semble donner des sueurs froides aux idéologues du régime. Et dans ce schéma, le RDPC et ses appendices voudraient en profiter pour passer à la deuxième phase de leur campagne électorale anticipée en organisant très prochainement, dans tout le pays des «marches de soutien au président de la république» et accuser au passage, l’opposition «d’avoir annoncé le décès de Paul Biya, parce qu’elle est pressée de prendre le pouvoir». Des délégations composées d’élites corrompues et RDPCisées, des dix provinces du Cameroun se rendraient ensuite en grande pompe, au palais présidentiel pour «témoigner leur soutien indéfectible à l’œuvre du renouveau national», «prier Paul Biya d’être leur candidat à l’élection présidentielle de cette année», «dénoncer les opposants qui veulent tuer le président pour s’emparer du pouvoir», etc. Ce troisième cas de figure a déjà été vu en Guinée. Le dictateur Lansana Conté après avoir fait circuler des rumeurs sur son décès était ensuite rentré triomphalement à Conakry, organisant un meeting géant devant ses partisans, pour « dénoncer ces opposants qui veulent (le) tuer pour prendre (sa) place». c).La rumeur du décès de P. Biya peut n’être qu’un grossier canular comme nous en sommes habitués au Cameroun. Mais la persistance et l’insistance de ces rumeurs que certaines sources proches du Quai d’Orsay disent «non officielles», laissent penser que quelque chose de grave s’est passé au sommet de l’Etat au Cameroun. Mais quoi donc? Le Comité Exécutif du Conseil National pour la Résistance - Mouvement Um Nyobiste (CNR- MUN) fait les constatations suivantes. 1. Dans un pays normal et vraiment gouverné, les autorités auraient tout mis en œuvre pour rassurer leurs concitoyens en leur communiquant une information juste et vraie afin de couper court à ces rumeurs gravissimes qui peuvent ouvrir la porte toutes les incertitudes pour l’avenir de notre pays, déjà fortement compromis par 50 années de gestion calamiteuse d’un système néocolonial corrompu, dictatorial et sclérosé. 2.Le Ministre de la Communication, Jacques Famé Ndongo, d’habitude si prompt à monter au créneau pour des futilités, à lever les boucliers devant les déclarations du Cardinal Tumi ou à «démentir» les rapports des organisations de défense des droits de l’Homme qui accablent le pouvoir dictatorial, est muet comme une carpe d’eau douce. Le Cabinet Cabinet civil de la présidence qui avait annoncé, il y a quelques jours, le départ de Paul Biya pour «une visite privée en Europe» est incroyablement silencieux. Le premier ministre Musongue est aux abonnés absents. 3.L’ensemble du pays vit au ralenti dans l’attente que la situation soit définitivement clarifiée Le Comité Exécutif du Conseil National pour la Résistance – Mouvement Um Nyobiste, au vu de la situation créée par la rumeur du décès du président Paul Biya: 1. Appelle les forces du Changement à continuer la lutte pour le renversement du régime néocolonial au pouvoir et à ne pas se laisser distraire par une quelconque spéculation sur « la fin naturelle » du président qui, de toutes les façons, ne changera pas la nature dictatoriale du system tant que des changements politiques et institutionnels radicaux ne seront pas opérés au Cameroun dans le sens d’une démocratisation réelle du pays. 2. Demande au gouvernement d’éclairer les Camerounais sur le bulletin de santé du président Paul Biya et de communiquer sur les rumeurs persistantes faisant état de son décès dans un hôpital européen. 3. Met en garde les forces réactionnaires du RDPC et la bourgeoisie conservatrice de l’armée contre tout complot contre le peuple camerounais et appelle les masses populaires à rester vigilantes et se tenir prêtes à parer à toute éventualité. Pour la Patrie et L’Afrique, nous vaincrons. Berlin, le 6 juin 2004 Pour la Comité Exécutif du Conseil National pour Résistance (CECNR) Tene Sop Guillaume Porte parole Contact :cnr-mun@afrik.com |
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