| ANGLAIS PORTUGAIS ESPAGNOL SWAHILI ARABE | |||||||||||||||||||||||||
| Le cas du patient Biya... Dégâts collatéraux d'un missile nommé "Rumeur" "...Si Paul Biya est toujours vivant, la rumeur aura contribué à faire de lui un être fragile, un homme aussi mortel que le premier des sans-abri. Et cela brise un mythe, remue un entourage, des adversaires, ou encore tout un peuple..." Le 7 Juin 2004 : Après les remous suscités par une rumeur qui aura fait le tour du monde en 3 jours, on a eu droit à un démenti officiel de la présidence de la République signé de son secrétaire général. Mais le communiqué se veut laconique, et au delà des dénonciations de déstabilisation de la part des auteurs de la rumeur, il rappelle que le président en séjour privé à l’étranger, sera de retour au bercail dans quelques jours. Aucune allusion à l’état de santé du président Biya… Partant de là, on peut supposer que la rumeur voulait entre autres traduire un incident sanitaire inquiétant, ou même gravissime à l’endroit du président Camerounais. Ce dernier s'en est peut-être tiré à l'heure qu'il est, mais le sera-t-il totalement pour être prêt et en forme le 12 juin prochain, date de sa rencontre au sommet avec Idriss Deby ? Cette proche échéance permettra en tout cas de juger de ce qui serait éventuellement survenu au PR au cours du week-end du 4 au 6 juin 2004, ainsi que de la crédibilité de son entourage dans la gestion d’une situation embarrassante. Entre-temps, les analyses convergent sur les conséquences d'une éventuelle disparition de l'Homme Lion. On ne tergiverse plus sur sa mort, mais plutôt sur ce qui pourrait arriver au cas où il mourrait! De ce point de vue, rien ne sera désormais plus comme avant… Si Paul Biya est toujours vivant, la rumeur aura contribué à faire de lui un être fragile, un homme aussi mortel que le premier des sans-abri. Et cela brise un mythe, remue un entourage, des adversaires, ou encore tout un peuple. Il ne faut pas perdre de vue que la culture africaine rattache souvent l'image de force, de vigueur et d'autorité à une santé de fer, un physique inébranlable... Combien sont ceux qui croient que des leaders indéboulonnables tels que Eyadéma, ou même Ahidjo ou Mobutu en leur temps, se nourrissaient du sang de leurs adversaires pour renforcer leur pouvoir, leur invulnérabilité. Et d'invulnérabilité à immortalité, il y a un pas que le mysticisme africain franchit allègrement... Tous les hommes d'état d'Afrique Noire, qui ont inscrit leur pouvoir dans la dérive autoritaire ou le refus de l'alternance, composaient avec ce mysticisme qui servait leurs desseins tant que leur stature d'homme fort, en bonne santé, n'était pas ébranlée. Même Paul Biya a joué le jeu le 11 février 2004, lorsqu'il a adressé en direct de sa chambre d'un hôtel genevois, un discours à la jeunesse, d'une trentaine de minutes. Le message télévisé et probablement enregistré, le montrait debout, comme s'il s'était agi de battre en brèche la rumeur de l'époque, qui le disait déjà en mauvaise santé... Or, il est désormais de notoriété publique que Ahidjo, prédécesseur de Biya, a cédé sa place pour des raisons de santé. L'histoire semble donc vouloir bégayer, mais la différence est que cette fois-ci, on est rentré dans un siècle dit de vitesse, où Internet et mobilophone sont présents parfois jusque dans les coins les plus enclavés. C'est ainsi que l'ensemble de la diaspora camerounaise à l'extérieur, en même temps que le peuple entier à l'intérieur, ont été informés presque en temps réel, de ce que leur président avait connu un épisode sanitaire gravissime ; c’est probablement à la suite cet incident non encore officiellement déterminé, que la rumeur a propagé la nouvelle du décès de Paul Biya. Cela signifie aussi que la vérité se saura rapidement, et que les jours de Biya sont désormais comptés, au Palais de l'Unité. Il devra se livrer à contre coeur, à une chose qu'il n'a jamais voulu faire jusqu'à ce jour: le choix d'un dauphin pour lui succéder. Autrement, il risquera fort de faire l'objet d'un coup de palais orchestré par des proches, qui ne voient plus en lui le leader perpétuel qu'il fût, et qui préfèreraient prendre les devants au risque de se voir balayés avec tous leurs avantages, en même temps que la fin de règne de leur protecteur, si jamais celui-ci venait à mourir au pouvoir. La logique de la conspiration organique justifie toujours la lutte pour préserver des intérêts qu'on doute de voir garantis, si jamais un certain "ordre" venait à se déstabiliser. Or, on sait combien nombreux sont les courants au sein même du parti-état RDPC-UNC, qui n'a jamais voulu orchestré de réformes profondes, et pour lequel on a voulu créer autant de postes honorifiques qu'il y a avait de potentiels dauphins à satisafaire; les membres du comité central ainsi que le secrétariat général en font partie. Qui plus est, la confusion qui prévaut depuis plus de 40 ans, entre le parti au pouvoir et l'état d’une part, et plus généralement entre l’exécutif et le législatif, a aussi entraîné une attribution des postes au regard de l’importance des différentes personnalités qui entendaient jouer un rôle de poids. Ainsi en est-il du premier ministre, du secrétaire général à la présidence, du chef de cabinet présidentiel, du porte-parole du gouvernement, du ministère de l’économie et des finances, du président du conseil économique et social, et enfin du président de l’assemblée nationale. Il convient toutefois de souligner que c’est ce dernier seul qui au regard de la constitution, peut remplacer le chef de l’état en cas de vacance officielle. En outre, on semble avoir poussé loin l’édification des antichambres de pouvoirs au Cameroun, en opérant de la même manière avec les corps d’armes. En effet, à côté de l’état major « classique », il en existe un autre propre à la présidence, et qui ne reçoit aucun ordre de l’état major national. La lecture des décisions entre ces deux états majors et le ministère de la défense, dénote aussi d’une gymnastique à laquelle seuls les initiés peuvent se livrer. Et à la faveur de la lutte contre une opposition qui se voulait trop remuante au début des années 90, on a mis en place les fameux commandements opérationnels qui se sont révélés être des commandos expéditionnaires, tellement les exactions à l’endroit de la population civile ont été nombreuses. Ceux des commandants de ces corps qui se sont distingués par leur faculté à mater l’opposition se sont même vus récompenser par une promotion au poste de Général, un autre grade qui confère aussi un pouvoir certain. L’opposition aussi ne manquera pas de saisir l’opportunité qui lui ait offerte, avec la fragilité « physique » annoncée de celui que personne ne parvenait à déloger à la « régulière », façon locale. En effet, les adversaires politiques de Biya ont tous échoué lors des différentes confrontations électorales (présidentielles, législatives ou municipales), qu’ils ont toujours dénoncées comme frauduleuses, étant donné que le RDPC au pouvoir était à la fois juge et parti ! Pour la présidentielle d’Octobre 2004, on assiste à une stratégie inédite pour l’opposition : la candidature unique. Le but avoué de cette démarche est de ravir enfin le poste suprême à celui qui s’y accroche, en prenant à témoin l’opinion nationale et aussi internationale, à travers toutes les campagnes d’information et les manifestations médiatiques tenues dans les capitales des différents pays qui traditionnellement accordent leur caution au locataire d’Etoudi. Le dernier maillon du réveil "post-rumeur" pourra être le peuple lui-même, qui dans son immense majorité, croule sous le poids de la misère, de la précarité, de l’insécurité et des violations de ses libertés. Pour l’homme de la rue, vivre au quotidien rime avec débrouillardise et informel. Même les rares contribuables qui ont un statut de salarié se retrouvent souvent sans leurs émoluments à la fin du mois. Les retards de salaire sont légion, et l’apparente résignation de la population qui subi, en plus du racket d’une police plus dangereuse que sécurisante, le paludisme, la fièvre typhoïde, le sida et maintenant le choléra, cette apparente résignation ne saurait donc perdurée. Les signes de faiblesses de Biya pourraient constituer un électrochoc prompt à susciter une fronde populaire à l’exemple de celle qui avait marqué la rue à l’avant-veille du multipartisme, à l’aube des années 90. Bref, il découle de ce constat que la désignation d’un éventuel dauphin pour un Biya physiquement diminué, n’en sera que plus difficile, ce qui laisse augurer des lendemains bien incertains pour le Cameroun. Toutefois, il serait intéressant de s’imaginer à la place de Biya, qui s'il se trouve effectivement diminué, sera certainement forcé de songer à un scénario comme celui qui l’avait lui-même porté au pouvoir, même s’il est patent qu’il n’avait jamais voulu le faire jusqu'à ce jour. La fin de règne s’annonce bien triste pour cet individu qui aura plus marqué ses concitoyens par son absentéisme, autant au niveau physique que décisionnel. Les scandales de corruption aggravée, aussi bien au niveau de son entourage que des hautes personnalités de l’état, ou même encore simplement dans la rue au quotidien, ont proliféré sous sa présidence, sans qu’il ne parvienne à les endiguer. Le tribalisme et le favoritisme ont aussi connu un essor jamais égalé sous l’ère Biya, alors que celui-ci s’était fendu à l’aube de son arrivée à la magistrature suprême, d’un mémorable discours sur la rigueur et la moralisation, pour justement combattre ce qu’il dénonçait comme des fléaux. Le système éducatif a plongé sous l’ère du renouveau, avec des fraudes à grande échelle pour tous les examens officiels, et comme conséquence le recul de la confiance de la jeunesse en une ascension sociale basée sur le travail. Les nouveaux modèles de la jeunesse en perte de repères sont désormais les « feymen », ou encore des footballeurs qui en peu de temps, peuvent amasser une fortune. Et le football aura longtemps servi le président Biya, sans qu’il sache le lui rendre. Aucune infrastructure d’envergure n’a été édifiée sous sa présidence, alors que les Lions Indomptables ont, durant ces 20 dernières années, trusté toutes les places d’honneur du football africain et mondial. Pour clore le chapitre des conséquences directes et immédiates de la présente rumeur, on peut déduire que, dans l'hypothèse où il serait toujours vivant l'état de santé du Président sera désormais chose publique. Tout séjour à l'étranger, présenté comme privé par Monsieur Biya, sera directement sujet à interprétation sur son état de santé, surtout si de tels séjours devaient se répéter souvent. En outre, l'utime conséquence sera la nécessité de publier des bulletins de santé qui rassurent l'opinion sur la capacité que Paul Biya aura à assumer la fonction présidentielle! © Kapro, Cameroon-Info.Net Forum |
|||||||||||||||||||||||||
| EDITORIAUX POLITIQUE ECONOMIE/FINANCE SPORTS DIVERTISSEMENTS FEMMES CONTACT |
|||||||||||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||||||||
| Retour page de garde | |||||||||||||||||||||||||
| _____________________________________________________ ©2003 The African Independent, Inc. All rights to republication are reserved |
|||||||||||||||||||||||||