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Des généraux et ministres bulu ordonnent la mort du cardinal Tumi

Le Samedi 5 Juin, pendant que la rumeur répandue sur la mort de Paul Biya circulait, 16 généraux, officiers et ministres bulu se réunissaient au domicile villageois du chef d’état major des armées camerounaises, le général de division Méka René Claude. Ils chargèrent ce dernier de faire assassiner l’encombrant prélat et cardinal catholique, mais également Cavaye Yeguié Djibril. Il y a trois semaines, le même groupe a réitéré le même ordre à Méka.

Par Ndzana Seme, 08/09/2004


Selon des sources militaires et civiles camerounaises, tandis que la rumeur sur la mort de Paul Biya circulait, 16 généraux, officiers, et ministres bulu, ceux-là mêmes qui détiennent le pouvoir réel dans le régime militaire Paul Biya, s’étaient réunis le Samedi 5 Juin 2004 au village du général de division René Claude Méka.

Parmi les participants à cette réunion, on comptait, entre autres, le chef d’état major des armées camerounaises, remplaçant de Pierre Semengué, le général de division René Claude Méka, le chef d’état major de l’armée de terre, le général de brigade Nkoa Atenga Camille, le commandant de la première région inter armées, le général de division Asso’o Emané Benoît, le délégué général à la sécurité nationale, le commissaire divisionnaire Pierre Minlo Medjo, le commandant de la troisième région militaire inter armées, le général de brigade Tsimi Eto’o Marie, le commandant de la troisième région de gendarmerie, le colonel Balda Ondoa Jean, le secrétaire d’Etat à la défense chargé de la gendarmerie nationale Remy Ze Méka, le ministre des finances et du budget Meva’a Meboutou Michel, et le ministre de la communication Fame Ndongo Jacques.

L’objet de la réunion était de décider quelles mesures ils devaient prendre pour éviter que le pouvoir tombe entre les mains des personnes qu’ils ne pourraient pas contrôler. Car, la rumeur sur la mort de Paul Biya posait, d’après eux, le problème non réglé de la succession au pouvoir.

En cas de vacance à la tête de l’Etat, les principales personnes qui leur paraissaient capables de ravir « leur pouvoir » sont, non pas un certain John Fru Ndi, Adamou Ndam Njoya ou tout autre leader politique camerounais, mais plutôt un prélat catholique, le cardinal Christian Tumi, ainsi qu’un nordiste du RDPC, le président de l’assemblée nationale Cavaye Yeguié Djibril.

Les membres du groupe des puissants bulu pensent que le cardinal Christian Tumi est la seule personne à qui le peuple camerounais entier accepterait de confier les rênes du pays. Malgré le refus du cardinal, mille fois répété, d’entrer dans l’arène politique, dans le cadre notamment d’un gouvernement de transition en charge de mettre le Cameroun sur la voie de la démocratie et des droits de l’Homme, les puissants bulu sont convaincus qu’il pourrait toujours, sous la pression du peuple notamment, leur ravir le pouvoir si Biya venait à disparaître.

La Constitution camerounaise prévoit que le successeur du président de la république, en cas de décès, est le président du sénat. Et justement Paul Biya gagne du temps, depuis des années, quant à établir l’institution sénat et à nommer un président du sénat ; car il craint qu’un tel successeur constitutionnel désigné ait intérêt à précipiter la mort du président de la république.

Les puissants bulu sont amers envers Paul Biya au sujet de cette affaire de désignation d’un successeur constitutionnel. Evidemment ils voudraient que Paul Biya nomme, comme président du sénat, un bulu qu’ils contrôlent.

Et pendant que le sénat tarde à être constitué, c’est le président de l’assemblée nationale qui devrait assurer l’intérim de la présidence de la république en cas de vacance. Il se trouve que le président de l’assemblée nationale, Cavaye Yeguié Djibril, est un nordiste, et de ce fait même n’est pas digne de la confiance des puissants bulu. Surtout que, pendant que la rumeur courait sur la mort de Paul Biya, certains Nordistes avaient célébré la nouvelle en chantant qu’ils allaient reprendre « leur chose ».

Par conséquent, d’après nos sources, le groupe des 16 puissants bulu avait demandé au général René Claude Meka de procéder à l’élimination physique du cardinal Tumi et de Cavaye Yeguié Djibril.

Il y a trois semaines, le groupe des 16 bulu se serait encore réuni. De leur rencontre, il ressort qu’ils pensent que la santé de Paul Biya n’est pas bonne. Par conséquent ils auraient réitéré sa mission à René Méka, qui devrait profiter de toute vacance au pouvoir pour éliminer les personnalités ciblées.

Le journal électronique The African Independent aurait donc sauvé, sans le savoir, la vie des deux personnalités camerounaises, mises à mort par les détenteurs réels du pouvoir au Cameroun. Un plan qui devait être exécuté au cours du terrible week-end ou tout au plus durant la période d’incertitudes.

En publiant, non seulement la rumeur sur la mort de Paul Biya, mais également le numéro de téléphone de l’hôtel genevois où le président camerounais se terrait, le journal avait forcé Biya à donner des ordres et le pouvoir de Yaoundé à sortir de son mutisme qui alimentait l’insécurité, facteur principal qui allait justifier l’assassinat du cardinal du Cameroun.

Mais le danger serait toujours présent. D’une manière ou d’une autre le groupe des 16 mettrait son plan à exécution.

Paul Biya serait au courant de la réunion de 5 Juin et des plans que le groupe avait mis en place. Depuis lors, le président camerounais craint que ses frères bulu décident, l’un de ces quatre matins, de précipiter la vacance que le groupe des 16 souhaite au pouvoir.

Paul Biya ressemble effectivement à un crabe menacé par ses propres pinces.

Après avoir propulsé ses frères bulu du village à la tête des forces armées camerounaises, et placé d’autres aux postes les plus importants de l’Etat, tel celui des finances et du budget (confié à un feyman notoirement connu), les armes les plus lourdes et les plus sophistiquées de l’armée camerounaise étant confiées uniquement aux siens, il a oublié une seule chose : l’appétit vient en mangeant. Plus tu confies des pouvoirs à quelqu’un, plus il en redemande, fût il ton frère. Feu Mathias Nguema de Guinée équatoriale en sait quelque chose du fond de sa tombe.

En ne réglant pas sa succession, Paul Biya s’est aliéné ses plus proches, ceux-là même qui salivent le plus actuellement pour le pouvoir. L’on se demande quels moyens de corruption il utilisera cette fois-ci pour calmer de tels assoiffés éternels.

Le plus grand danger que le Cameroun court actuellement est celui que représente ce groupe de puissants bulu, détenteurs réels du pouvoir au Cameroun et enragés à l’idée de le perdre.
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