ANGLAIS PORTUGAIS   ESPAGNOL  SWAHILI   ARABE
CAMEROUN
LA POURRITURE RELANCEE A L’APPROCHE DES ELECTIONS


LA FAIM JUSTIFIE LES MOYENS
Voici donc venue la saison des “ alliances ”. Le climat est au réchauffement là où le ciel semblait déjà lourd de nuages. On a récemment entendu parler de la plate-forme Rdpc/Undp, manifestement en hibernation depuis de longs mois. Des vues avisées sur le sujet avaient déjà laissé entrevoir la difficulté à harmoniser les agendas respectifs des représentants au sein du groupe de travail et de suivi de la plate-forme gouvernementale Rdpc/Undp, alors même qu’une certaine opinion prêtait au parti des flammes un certain désintérêt pour cette instance de concertation, sans qu’on sache laquelle de ces deux hypothèses explicatives concurrentes jouissait d’une plus grande crédibilité aux yeux des observateurs.

Il est en revanche certain que la reprise du service du groupe de travail à la faveur de la récente session de l’Assemblée nationale sonnait comme une remise au goût du jour des modalités de réunions adoptées par les deux “ alliés ”, mais rapidement mises sous le boisseau. Les plus cyniques pourraient avancer qu’à ce jeu, l’Undp - à supposer que sa signature de la plate-forme eût été portée par un élan résolument citoyen et non piteusement politicien- en a pris pour son grade depuis 1997.

Les clés de fonctionnement du système en place ne balisaient-elles pas déjà la voie de ce qui est considéré, dans une significative unanimité, comme une mémorable infortune politique pour le parti de Bello Bouba ? Car, à bien y réfléchir, quel autre bilan pouvait-on escompter du côté de l’Undp, si ce n’est celui que les uns décrient et que les autres tentent de défendre sans convaincre grand’monde ? Qui ne voit que ce parti a subi une telle décote à la bourse politique, qu’il ne lui reste que la figuration sur le champ politique, entre une chorégraphie de la représentation et une théâtralisation pitoyable, toutes portées par une vocation à animer la galerie, à servir de faire-valoir à une certaine “ démocratie apaisée ”, ainsi que le confirment les candidatures comiques aux élections et les résultats les plus ridicules enregistrés ? Qu’on songe donc par exemple que le parti a vu s’éroder, au fil des échéances, son poids politique dans les communes et à l’Assemblée nationale où sa représentativité est réduite à un singleton, après y avoir aligné un peloton de 68 députés, puis 13 autres, respectivement au sortir des législatives de 1992 et de 1997. La désillusion explicable de ceux qui rêvaient de “ faire bouger les choses ” une fois au gouvernement rencontre, au sein de l’appareil, l’écho des frustrations légitimes de ceux qui avaient plus ou moins ouvertement placé cette alliance sous le signe d’une plus grande accessibilité aux ressources autant symboliques que rentières.

On en est à un point tel que l’Undp se hasarde juste à revendiquer une hypothétique implication dans l’accélération des processus entamés depuis des années sur les chantiers de l’amélioration du système électoral- son président national n’a-t-il pas, passant par pertes et profits l’antienne de l’exigence d’une Commission électorale nationale autonome, évoqué publiquement devant des militants hilares le rôle joué par l’Undp dans la mise en place de l’Observatoire national des élections dès janvier 2001 ?- et de la mise en place des institutions prévues par la constitution, en l’occurrence les textes sur la décentralisation. Tant pis si l’Undp devra encore attendre qu’on parle du vote obligatoire, de la légalisation des… “ alliances ” entre partis et candidats aux élections, de modification de quelques aspects du code électoral…

Dans ce contexte où l’histoire enseigne que Paul Biya a toujours mené les alliances jusqu’au terme de son mandat, et où le silence loquace du président national de l’Undp tient lieu de stratégie politique, on se demande quelle pirouette est en préparation pour, le moment venu, escompter de supplémentaires dividendes, après le boycottage de l’élection présidentielle d’octobre 1997 ; un stratagème sur lequel méditent encore, sans doute, le Sdf et l’Udc…

En attendant, on a assisté, passablement médusé, à la résurrection d’une certaine “ majorité présidentielle ”, plus que bruyante, offrant à tout va son soutien à Paul Biya pour l’élection attendue. Structurée autour d’un autre allié gouvernemental – le fragment d’Upc concédé à Augustin Frédéric Kodock- cette constellation est avant tout animée par d’authentiques fossiles du microcosme politique, vrais imposteurs clairement faméliques, qui espèrent manipuler une construction conceptuelle à la résonance pratique improbable, à des fins de clientélisme alimentaire. Sans autre programme que ce chantage électoral- dont il est douteux qu’il émeuve le candidat du Rdpc à la prochaine élection- ces figures burlesques, leaders politiques d’opérette, ont renoncé à frémir face à l’ avanie. Autant dire que leur retour sur la scène politique, et leur nouvelle accessibilité à une relative notabilité cathodique eussent pu suffire à leur bonheur. Mais voilà, ils s’organisent pour faire partie des schémas de répartition de la rente électorale.
Valentin Siméon Zinga, La Nouvelle Expression
Publié le 30-07-2004

PROMOTION AU RDPC
DES ESCROCS MONNAYENT DES POSTES

Des bandits en col blanc profitent du silence d’Etoudi pour vendre des sièges au Comité central.
Selon des sources concordantes, plusieurs membres du gouvernement et certains directeurs généraux, tous du Rdpc, sont approchés ces dernières semaines par des chargés de mission mystérieux se réclamant des secrétaires généraux du comité central du parti au pouvoir, dans l’optique de leur entrée dans les instances dirigeantes au cours du congrès dudit parti. Ces individus à auraient pratiquement écumé les grands cabinets des deux grandes métropoles camerounaises, allant jusqu’à l’arnaque systématique de quelques maires d’arrondissement. Profitant de l’obsession de certaines grosses légumes à faire partie des proches camarades de Paul Biya dans le Rdpc et pour son ultime septennat, ces chargés de mission d’un genre particulier promettent ciel et terre à leurs victimes.

Dans l’opacité d’un parti silencieux et dont les instances supérieures sont coupées de la base, ils promettent de faciliter l’ascension des décideurs lésés dans le parti, et, corrélativement, dans des desseins pourvoiristes plus juteux. Seulement, ces prédateurs officieux ne présentent aucun document d’accréditation ou les mandatant à de tels exploits. Normal, se défendent certains, leurs démarches revêtant un caractère “ secret ”. Nombre se présentent comme des filleuls des grands patrons du parti et peuvent dont intercéder auprès de leur parrain pour l’ascension politique des uns et des autres. Plusieurs se seraient fait avoir, tant l’hameçon est soigneusement aiguisé et l’appât bien affûté.

Ces brigands en col blanc vendent des places au Comité central et au Bureau politique. Ou du moins le font croire. Les absences constatées au niveau de ces deux instances favorisent leurs basses besognes. Au niveau du Bureau politique dont ils vendent l’entrée à 10 millions, il y a près de cinq postes à pourvoir. Engamba Nsili, Emah Basile et Nicolas Kelbé sont décédés. De même qu’on parle des probables remplacements de Pierre Désiré Engo en prison, et Geneviève Tjoues, Thomas Tobbo Eyoum, Pierre Nzefa, Philémon Adjibolo et John Ebong Ngolle que les fameux “ envoyés spéciaux ” disent en disgrâce dans leurs bastion respectifs. Ces arguments ont été facilement digérés par les Dg en quête de notoriété au sein du Rdpc. Des grosses sommes difficilement estimables sont passées dans ces transactions illicites.

Incompréhension. La même astuce fonctionne au niveau du Comité central avec des vacances au niveau de la vice-présidence où les adjoints de Paul Biya manquent à l’appel : les vices-présidents Sadou Daoudou, Ngnié Kamga et Simon Pierre Tchoungui étant décédés, de même que le juteux poste de trésorier général valant du fait du décès de Basile Emah. Ces escrocs parlent également des disgrâces programmées de Robert Mbella Mbappé et Pierre Désiré Engo (commissaires aux conflits du Comité central du Rdpc) et d’au moins cinq autres conseillers auprès du Sg et des chargés de mission. Tout cela aurait des tarifs. L’entrée du Comité central étant chiffré à 2 millions de Fcfa et les postes à 5 millions F cfa.

Pour être membre suppléant au Comité central, 1 million suffirait. Bien entendu, le Comité central, approché, a précisé que les postes n’étaient pas à vendre et se désolidarisaient des conséquences fâcheuses engendrées par ces actes malveillants. Toujours est-il que les faussaires courent toujours en toute impunité et sans plainte pour le moment. Le manque de communication entre un secrétaire général hermétique et les pontes du régime-Rdpc favorise cet état de choses, aucun recoupement n’étant possible pour les victimes. Le Dg du comité central ne met les pieds au bureau qu’une fois tous les deux mois. Et le Sga ne sait rien de cette manœuvre abjecte. Ce qui facilite davantage l’escroquerie sur le terrain.
Franck Ndoumbe Diwouta, La Nouvelle Expression
Publié le 30-07-2004

PROCESSUS ELECTORAL
LA PRESSE PRIVEE ACCUSE…


Des experts de la Francophonie sont au Cameroun depuis le 24 juillet. Pour une série de contacts en vue de l'organisation la prochaine présidentielle. La mission a rencontré la presse privée qui dénonce la discrimination en matière d’accès aux sources d’information institutionnelles.

“C’est un pays où il n’y a pas du tout de dialogue politique. Vous ne pouvez pas trouver dans notre pays une photo où le président Biya pose avec ses opposants…”. Jean-Vincent Tchienehom était particulièrement amer au cours de cette réunion de concertation. Le directeur des rédactions du groupe Le Messager a fait remarquer, d’entrée de jeu, que le Cameroun fonctionne dans une sorte d’archaïsme, avec, au menu, l’incertitude et la confusion.

On est toutefois vite passé à l’essentiel. Dans quelle ambiance la presse privée camerounaise prépare-t-elle l'échéance d’octobre prochain ? Tel semblait être le fil conducteur de cette séance de travail que Abraham Zinzindohe, parlementaire beninois en sa qualité de chef de la délégation, définit lui même comme une rencontre exploratoire. “Nous sommes venus pour faire l’état des lieux des préparatifs de cette élection, afin de voir en quoi nous pouvons être utiles. Nous essayons d’évaluer votre implication dans la préparation de cette échéance”.

Les cinq observateurs électoraux de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) auront eu les réponses aux questions qui leur taraudaient l’esprit. Les confrères de la presse privée, suffisamment représentée, ne sont pas allés par quatre chemins pour leur expliquer qu’au Cameroun, l’accès aux sources institutionnelles d’information est exclusivement la chasse gardée des médias publics, passablement reconvertis en “ médias gouvernementaux ”. La perspective de la présidentielle, a-t-on fait remarqué, n’y a rien changé. La preuve? Le ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale a organisé, la semaine dernière, un point de presse exclusivement avec des journalistes de Cameroon Tribune et de la Radio-Télévision nationale. Pourtant, il était question de faire le point de la situation de l’inscription des citoyens sur les listes électorales. “On a beau dire, commente Didier Bapidi de Radio Reine, à la décharge du ministre, qu’il s’agit là d‘une défaillance de sa cellule de communication ; il reste que c’est une honte pour un pays qui revendique un certain pluralisme médiatique”.

Le flou au niveau du calendrier électoral, la très problématique question de l’informatisation du système électoral, le sempiternel problème de la fraude ; la concertation aura permis à la presse privé de vider son sac face à un interlocuteur plutôt diplomatique dans la réaction. “Nous ne sommes pas venus vous donner des réponses tout de suite. Nous porterons vos doléances et remarques à qui de droit. Nous ferons un communiqué de presse après avoir rencontré tous les autres acteurs du processus électoral ”. Ces autres acteurs auxquels M. Zinzindohe fait allusion, sont les responsables politiques de l’opposition et quelques membres représentatifs de la société civile.

La mission, qui est au Cameroun depuis près d’une semaine, a déjà rencontré le Premier ministre qui leur a donné des assurances sur “les préparatifs du scrutin qui vont bon train”; les responsables de l’Observatoire national des élections (Onel) qui promettent de relever le défi de la transparence et les médias publics qui brandissent leurs importants moyens de couverture. La francophonie va t-elle réussir, en moins de trois mois, à soutenir, ainsi qu’elle en a l’intention, l’organisation transparente des élections au Cameroun ? La question est revenue à maintes reprises au cour de ce point de presse. Sans réponse concrète.

Une mission exploratoire francophone au Cameroun de plus. La dernière remonte à juin 2002, lors du double scrutin législatif et muncipal. Les observateurs de l’Oif, insuffisamment déployés à l’époque sur le territoire national, avaient alors conclu que le scrutin s’était déroulé dans la transparence. Un an plus tard, un rapport retardataire de l’Onel en dénonçait des fraudes.
David Atemkeng
Publié le 30-07-2004
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