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CAMEROUN – REMOUS CHEZ LES BETI
L’ironie de ceux qui ont peur de leur propre pouvoir
Le cirque d’un pouvoir des “élites Beti” prend fin. Un mémorandum des “élites Beti”, apparu dans la presse camerounaise ces dernières semaines, a provoqué une levée des boucliers de la part des prébendiers positionnés comme les défenseurs de Paul Biya, parce qu’il a osé parler de succession, ce que Biya ne veut pas entendre. Le pouvoir Beti dans l’armée est une bombe en attente d’étincelle. Car le pouvoir des elites Beti a échoué dans tous les sens. Il a surtout apporté au Cameroun un trophée mondial: celui de la corruption. L’armée détient le pouvoir au Cameroun; et tant que les Beti tiennent les rênes de l’armée, ils tiennent le pouvoir. Biya a cependant tribalisé et politisé l’armée à un niveau insoutenable pour les officiers “allogènes”. Les Français, à travers leurs coopérants, maintiennent cette bombe sociale au sein de l’armée, sous prétexte de stratégie contre les coups d’Etat. Ironie du sort des supporters tribalistes aveugles qui ont cru, à tort, que la succession de Paul Biya se décide à Yaoundé…
Par Ndzana Seme


NEW YORK 06/22/2009 - Deux observations apparaissent de première vue dans les échanges “entre Beti” (voir les articles ci-dessous) au sujet du fameux mémorandum anonyme.

Premièrement, pendant que le fameux “frère” au pouvoir vient de donner totale satisfaction aux “élites” du Nord, qui lui avaient adressé un mémorandum similaire au sujet du concours d’entrée à la nouvelle école normale qu’il venait de leur offrir, les rédacteurs du mémorandum des “élites Beti” sont obligés de se cacher, d’éviter de signer leurs noms.

Deuxièmement, ceux qui interviennent pour dénoncer le manque de courage des auteurs, afin d’étouffer l’expression de ce qui se dit pourtant dans toutes les conversations des Beti et qui est repris dans ce mémorandum, semblent jouer à se faire peur eux-mêmes.

Les questions qu’il faut se poser sont: Les Betis vivent-ils dans la peur? Sont-ils terrorisés par leur “frère” au pouvoir?

Certains réalisent effectivement que tout l’investissement fort risqué de ralliement des forces tribales Beti derrière Paul Biya et un soi-disant “pouvoir Beti” ne portera pas de fruits. Car ils ne seront jamais recompensés pour leurs “sacrifices”; Yaoundé n’ayant visiblement aucun pouvoir dans la décision de la succession de Paul Biya objet de toutes leurs convoitises.

Le cirque d’un pouvoir des “élites Beti” prend fin

“Dans nos traditions, un « zomlo’o » est un sage, un intouchable, un repère”, dit le mémorandum. Quelle tradition, pourrait-on justement demander. En effet, zomlo’o est un titre que l’on donnait aux instructeurs lors des rituels d’initiation So - qu’un certain Charles Atangana, ainsi que d’autres traîtres collabos de l’occupant colonial allemande, firent interdire il y a environ cent ans en 1910.

Et ce sont les descendants et adeptes de Charles Atangana, ces souris éhontées grouillant autour d’une république néocoloniale prébendière et corrompue - dont ils réclament d’ailleurs l’héritage en tant que meilleurs traîtres du pays - qui osent aujourd’hui se présenter comme les défenseurs des traditions Beti, qu’ils ont pourtant combattues par tous les moyens.

La preuve en est Mvolyé, ce haut lieu symbolique de la mort des traditions Beti et de la soumission des “Nobles” aux forces d’occupation et de domination coloniale.

La bassesse légendaire et la pauvreté en traditions de ces faux Beti est pourtant profondément inscrite dans l’histoire du Cameroun, avec des moqueries telles que celle de ce Beti typique de Yaoundé, qui a fini par vendre les tombes de ses propres parents, faute d’autres terres à vendre et faute de capacité individuelle à contenir plus longtemps les gargouillis de son ventre.

C’est justement parce que ces prostitués grouillant autour de Biya ne sont guidés par aucune tradition, que ceux qui s’estiment, eux, des zomlo’o, se permettent de se moquer de telles traditions dans leur réponse au mémorandum.

Il en est ainsi de Bernard Ndongo Essomba, Grégoire Owona, et Gilbert Tsimi Evouna, ceux-là qui battaient encore le tam tam tribal depuis 1990 contre les “envahisseurs”, les “presseurs d’huile de palme” et les “maquisards”, montant et armant des milices tribales Beti en préparation d’un genocide, afin que se confirme la prophétie de leur “frère” selon laquelle “après (lui) c’est le chaos”. Ces individus qui devraient, et finiront par, se retrouver en prison pour crimes d’organisation et de tentative de génocide, n’hésitent plus à diviser les mêmes Betis qu’ils entendent ainsi unir pour la bataille du pouvoir.

Ceux qui ont ainsi organisé un génocide lèvent ainsi en choeur leurs boucliers lorsque qu’un ou quelques Betis peureux auteurs d’un “tract anonyme” – ironie du sort d’une communauté ethnique dite du “courage” parce que son fils est chef d’Etat, mais qui pourtant vit dans la peur – ose dénoncer le dictateur au pouvoir.

Incapables de pouvoir lister des réalisations concrètes de Paul Biya en pays Beti, ces tribalistes primaires présentent aujourd’hui le dictateur comme celui qui “défend les intérêts de tous les Camerounais”, comme quoi le pouvoir n’est plus Beti mais celui de tous les Camerounais.

Selon l’ARC (entendez Amicale des Ressortissants du Centre, l’une de ces listes qui sont circulées dans certains groupes de prébendiers à l’occasion des motions de soutien à Paul biya), “l’homme du Centre se caractérise par son courage et son sens de responsabilité”. Il y a lieu d’en rire.

Car cet “homme du Centre” a tellement de courage que ses populations sont, en l’espace des derniers 27 ans, plongées dans une pauvreté que même leurs parents des années 1950 n’avaient pas connu. Et cet “homme du Centre” aussi courageux est pourtant curieusement transi de peur quand il s’agit d’accomplir son devoir – s’il est vraiment Beti, ce qui signifie les Nobles - de demander des comptes à celui qui en est l’auteur en tant que “la plus haute autorité de la République”, à savoir Paul Biya.


Le mémorandum a osé parler de succession, ce que Biya ne veut pas entendre

La vérité crue, que tout véritable Beti n’a pas de la peine à voir, c’est que ce qui est arrivé aux “Nordistes”, aux “maguidas” s’étant montrés les plus indéfectibles et les plus zélés pour soutenir Ahmadou Ahidjo, finira par arriver un jour à ces faux Beti autant zélés qui soutiennent le serviteur des interêts nécoloniaux qu’est Paul Biya. Car chaque chose a son temps.

Ce mémorandum anonyme a touché un sujet sensible pour Paul Biya, parce qu’il s’attaque à un problème que la Françafrique et Paul Biya veulent garder intouchable, à savoir l’alternance au pouvoir. En février 2008, ce problème a en effet amené Paul Biya à massacrer les jeunes qui ont osé s’opposer aux plans de succession arrêtés par lui et ses conseillers françafricains lors de ses “courts séjours privés”.

Après avoir bâtu le tam-tam tribal et obtenu depuis deux décennies des scores électoraux de 100% derrière Paul Biya, les “élites Beti” se demandent aujourd’hui quel sera leur sort lorsque Biya quittera le pouvoir. Certes, des individus comme Jacques Blaise Mvié sont des experts en manipulation des faits à des fins inavoués et ce journaliste d’un autre genre peut bien avoir fabriqué de toute pièce son concept de G11. Mais il est confirmé que des conversations ont bel et bien eu lieu au sein des “élites Beti”au sujet de la succession après 2011. Quoi de plus légitime d’ailleurs ?, s’écrie chacun, même aujourd’hui, dans leurs milieux.

Seulement, ces “élites Beti” ont oublié une chose: le sort du régime néocolonial ne se décide pas à Yaoundé. Ce n’est ni eux, ni d’ailleurs Paul Biya lui-même, qui décident de la succession à Etoudi. Ce sont plutôt des conseillers obscurs de la Françafrique qui prennent de telles décisions importantes, très souvent lors des “courts séjours privés” de leur prince fantoche, au sixième étage de l’Hôtel Intercontinental de Genèves qui héberge le quartier général du veritable gouvernement du Cameroun. Et rien, mais alors rien au monde, ne laisse croire que ces conseillers français puissent jamais confier la succession de leur régime néocolonial à une tribu camerounaise quelconque.

Ces “élites Beti” ont tout simplement la mémoire courte. Ils ne parviennent toujours pas à comprendre que, depuis 1990, la Françafrique les a tout simplement utilisés comme de la chair à canons politique, en leur faisant notamment frôler l’exécution d’un genocide contre les Bamilékés et les Anglophones; bien avant celui des Hutus montés par la même Françafrique, qui l’ont finalement exécuté au Rwanda contre les Tutsi.

La vérité crue, c’est que la tribu n’est même pas un critère pour le choix du prochain président de la république néocoloniale du Cameroun. Car, comme on l’a vu avec le choix d’Ahidjo et de Biya, c’est le caractère individual de soumission totale au service des intérêts français qui compte pour bénéficier de la succession. L’amère déception des “élites Beti” ne fait donc que commencer. Car, un triste sort les attend à l’horizon, si jamais ils continuent de s’entêter à réclamer la succession de Paul Biya.

Ils sentent déja d’ailleurs cette lourde menace, d’où leur peur actuelle. Ils commencent à comprendre que pour Paul Biya, le service de la Françafrique passe avant toute tribu. Biya n’hésitera donc pas une seule seconde à couper toute tête Beti ou Bulu que ses conseillers françafricains lui demanderaient de couper. Car les fameuses “élites Beti” sont aujourd’hui comme des poulets dans la ferme de Biya: il lui suffit de son “coup de tête”, après consultation de ses conseillers français, pour que la tête de n’importe quel poulet tombe.
En usant justement de la sagesse Beti, notamment en regardant dans le long terme au lieu du seul examen actuel des bruits du tube digestif, l’on comprend aisément que Paul Biya a préparé la plus triste des fins aux prébendiers tribalistes Beti dont il s’est entouré.

Non seulement ceux avec qui il jouait au songo et partageait des mets du village tous les weekends, tels Akame Mfoumou, Mendo Ze et bien d’autres frères Bulu, sont aujourd’hui cyniquement jetés en prison pour crime d’ambitions pouvoiristes, Paul Biya ne laisse aux Betis que la bombe tribale qu’il a implantée. Le tribalisme des “autochtones” de Yaoundé a en effet atteint une ébullition tellement élevée que l’étincelle de la chute de Biya ferait partir une explosion aux conséquences incalculables.

Et personne parmi ces prébendiers Beti ne comprendra que Paul Biya n’a absolument rien d’un Beti, ses seuls amis au monde étant les Français qui tirent les ficelles derrière les réseaux néocoloniaux appellés Françafrique. Car les conseillers les plus écoutés dans son quartier général qu’est l’Hôtel Intencontinental de Genèves, sont les Français qui conçoivent toutes ses stratégies de pouvoir.

Le pouvoir Beti dans l’armée, une bombe en attente d’étincelle


Des cérémonies de décoration des officiers de l’armée française en fin de mission, telle celle où Ze Meka honorait ainsi neuf d’entre eux le 9 Juin dernier, sont la preuve que ce ne sont nullement pas “une lance et un tam-tam” des soi-disant Beti qui protègent le pouvoir de Paul Biya. Ce sont plutôt ces Français qui, chaque année depuis 27 ans assurent la “restructuration et la modernisation” de l’armée camerounaise, qui protègent Paul Biya et leur régime néocolonial.

Et en guise de stratégie, fidèles à leur culture de cynisme et de racisme morbide, ces officiers français n’ont réussi à planter rien d’autre qu’une dangereuse bombe sociale au sein de l’armée camerounaise. Non seulement ces Français connaissent aujourd’hui l’armée camerounaise mieux que tout Camerounais, ils ont prescrit et administré à l’armée camerounaise de fortes doses toxiques d’un tribalisme détonant.

En réponse à la peur que Biya leur exprime en matière de possible coup d’Etat par un “allogène”, ces assistants techniques de la “coopération militaire franco-camerounaise”, ont institué les choses les moins acceptables dans une armée normale.

C’est ainsi que dans un bataillon typique de l’armée camerounaise, le commandant est toujours Bulu ou Beti; et il a accès à l’armure. L’officier ou soldat chargé de l’armure est également un Bulu ou Beti, dont le zèle pour soutenir Paul Biya est sans borne.

Le commandant en second est presque toujours un “allogène”, généralement un Bamiléké; mais il n’a pas accès à l’armure. Ainsi donc, le commandant en second, parce qu’“étranger” à la tribu élue, est essentiellement suspect et se sait suspecté de comploter un coup d’Etat. Si l’armée est vraiment un corps d’honneur, il faut douter qu’un officier normal continue d’avaler un tel traitement indéfiniment.

Nous ne parlons pas ici du scandale aujourd’hui devenu la règle où des officiers se retrouvent sous les ordres d’autres officiers moins gradés ou moins anciens qu’eux, tout simplement parce que les promus doivent être de la tribu du président de la république.

Tout les ingrédients faisant de l’armée camerounaise une poudrière ont été mis en place. Il suffira d’une étincelle et tout volera en éclats, les officiers Beti les premiers.

Quand un individu comme Paul Biya prépare et place les officiers Beti sur une telle poudrière, cela est-il un geste d’amour pour les Beti ? Tout comme il a sucé certains comme Titus Edzoa, Urbain Olanguena, Ondo Ondong, Atangana Mebara et tant d’autres jusqu’à la moelle avant de jeter leur écorce, Paul Biya a mis les officiers Beti de l’armés sur le poteau du sacrifice, qui sera exécuté lors de la réalisation du chaos qu’il a prédit après son règne.

Tout comme au sein de la population camerounaise, tous les Beti ne soutiennent pas Paul Biya, certaines des récriminations de ces Beti amers étant d’ailleurs reprises dans ce mémorandum anonyme, il faut espérer que certains officiers Beti retrouvent raison. Le colonel Minya Eyene,  aujourd’hui radié de l’armée pour avoir dénoncé les décisions tribalistes des nominations signées par Ze Meka (sur instructions, faut-il préciser des coopérants militaires français) leur apparaîtra alors un jour comme un visionnaire, un veritable Beti.

Car, le seul trophée mondial que le pouvoir Beti de Paul Biya a apporté au Cameroun, c’est le trophée de la corruption. Et effectivement, sous la direction des officiers Beti fidèles à Paul Biya, l’armée camerounaise a brillé par l’organisation de l’un des réseaux de traffics d’armes les plus puissants d’Afrique, à savoir le réseau d’approvisionnement des militants du Delta du Niger, qui sèment la terreur chez le voisin.

N’en déplaise donc à Ndongo Essomba, qui veut insinuer que le pouvoir de Paul Biya est le pouvoir de tous les Camerounais, la réalité est que l’armée détient le pouvoir au Cameroun. Et tant que les Beti tiennent les rênes de l’armée, ils tiennent le pouvoir. Ils seront donc tenus pour responsables du sinistre sort dans lequel leur régime a plongé le Cameroun. En fait, lorsque Paul Biya partira, c’est eux qui devront payer individuellement pour les crimes et désastres commis par ce fidèle serviteur de la Françafrique.
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Certains constructeurs français d’une armée tribaliste décoré le 9 juin 2009 par Rémy Ze Meka
Le mémorandum attribué aux élites du Centre
  
Le 18-06-2009

Monsieur le président de la République, président national du Rdpc 

Depuis votre accession à la magistrature suprême, la région du Centre dans son ensemble vous soutient comme nulle part ailleurs. C’est un soutien patriotique et sans chantage qui s’est manifesté lors des évènements du 6 avril, pendant les années de braise et lors de toutes les consultations électorales. Le grand Centre est également la région où le Rdpc, votre parti, notre parti, moteur de toutes vos victoires électorales, est le plus implanté. Ce soutien politique indéfectible s’est également étendu à votre personne et à votre famille. Malheureusement, nous n’avons pas l’impression que vous avez bien mesuré toute l’ampleur de ce soutien. Plusieurs événements nous poussent en effet à de graves interrogations.

Le délégué du gouvernement que vous avez nommé, a entamé de gros travaux dans la capitale et néanmoins vitrine de notre pays. Si l’intention de moderniser « notre village » louable, il n’est pas certain que les moyens utilisés à cet effet soient bénéfiques pour votre politique. Il y a un tel degré de mécontentement que nous ne sommes plus certains de convaincre les nôtres de voter en votre faveur si des élections intervenaient aujourd’hui. Les patriarches et la communauté toute entière se désolidarisent d’une telle démarche car les Betis, hospitaliers et hommes de paix, entendent le demeurer. Nous avons cherché à vous rencontrer pour vous prévenir des conséquences graves de ces brutalités, mais nous nous sommes rendus compte que vous ne voulez plus nous recevoir comme par le passé.

Pourtant, quand votre pouvoir a été fortement ébranlé pendant les années de braise, nous vous avons offert une lance et un tam-tam. Si la lance symbolise l’autorité et le pouvoir, le tam-tam devait vous servir pour battre le rappel des troupes en temps de guerre; ou à nous rassembler pour des concertations en temps de paix. A l’observation, vous n’avez pas beaucoup utilisé ce tam-tam. Par conséquent, n’ayant pas entendu le son du rassemblement et face à l’urgence de la situation, nous nous sommes dans l’obligation de vous adresser cette lettre par des canaux ordinaires. Nous profitons donc de cette lettre pour vous dire tous les problèmes qui nous tiennent à cœur.

Sous le couvert de l’opération épervier, vous avez entrepris de faire arrêter tous ceux qu’on vous a présentés comme détourneurs des deniers publics. Cela semble une coïncidence mais il apparaît clairement qu’il ne s’agit en fait que de nos fils méritants et ceux ayant une stature d’homme d’Etat.

Sans nous attaquer à votre pouvoir, le grand Centre se pose une question: Quand vous ne plus serez plus là pour défendre nos intérêts, lequel de nos fils tiendra notre flambeau si tous sont en prison?

Votre maman de regrettée mémoire et que nous pleurons toujours était une Yetotan, c’est-à-dire une Etoudi. Chez les Betis, les neveux entretiennent des relations privilégiées avec les oncles. Nous ne comprenons donc pas ce qui peut apparaître comme un acharnement. On vous a dit que certains de nos fils s’organisent dans le cadre du fameux G11 pour prendre votre place. Il s’agit tout simplement d’une machination. Nous avons toujours condamné ceux qui voulaient prendre votre place par la force et nous continuerons à nous opposer et à ceux qui veulent attenter à votre vie. Seulement, on nous a rapporté que le G11 était une simple réflexion comme le La’akam, Essingan, Sourga, Moinam etc. Si un jour, on y a parlé de politique, c’était pour poser une question somme toute légitime: Après notre père le Président Biya, qu’adviendra-t-il de nous? Lequel d’entre nos fils pourra-t-il concourir auprès des fils d’autres régions pour vous succéder?

Dans d’autres régions, des gens qui ne vous manifestent pas le même attachement désintéressé et qui par le passé ont même attenté à votre pouvoir et à votre vie, ont posé la même question sans subir autant d’invectives. Curieusement les victimes de l’opération épervier sont ceux de nos fils qui ont occupé des places stratégiques à vos côtés. Ces postes ont-ils une relation avec leur déchéance actuelle?

Dans nos traditions, un « zomlo’o » est un stage, un intouchable, un repère. C’est la mémoire et la conscience de la communauté. Ces sages ont droit au respect de tous. Hélas, l’épervier n’a pas épargné cette crème de notre organisation sociale. Les patriarches du grand Centre ont mal accepté le décès en prison d’un des leurs; de même que l’arrestation à la suite de plusieurs autres, d’un diplomate émérite par ailleurs déjà en retraite.



REACTIONS:
Mise au point sur la lettre ouverte des prétendus patriarches de la région du Centre au président de la République

Il y a quelques temps, sous le manteau de l’anonymat, des personnes se réclamant patriarches de la région du Centre, ont adressé au chef de l’Etat un mémorandum paru dans la presse, au terme duquel elles s’insurgent contre :
-La manière dont sont menées les opérations d’assainissement dans la ville de Yaoundé ;
-La signification donnée au G11, l’arrestation et l’emprisonnement des élites de la région du Centre ;
-L’arrestation et l’humiliation des patriarches de la région du Centre.

En parcourant ce mémorandum, on note de la part de ses auteurs, comme une certaine volonté de travestir les faits. Aussi a-t-il semblé nécessaire à nous autres, certaines forces vives de la dite région, de prendre position par un recadrage des faits.
-S’agissant de « l’assainissement » de la ville de Yaoundé :
Le délégué du gouvernement a entrepris des opérations d’embellissement de la ville de Yaoundé.ces actions ne sont dirigées contre les ressortissants d’aucune région. La construction et l’embellissement d’une ville passent par des sacrifices. Yaoundé n’innove pas en la matière. D’autres villes l’on fait ; d’autres villes le font et d’autres le feront.

Quant aux conséquences politiques de ces actions, nul, plus que le président de la République, ne les connait mieux.

Pour le reste, un vrai patriarche ne sollicite pas d’être reçu , il est sollicité pour l’être.
-LeG11, l’arrestation et l’arrestation et l’emprisonnement de nos élites

Ceux des fils du Centre arrêtés sont-ils les plus méritants ? La question mérite d’être posée.

Alors qu’est-ce qui fonde leur mérite et de qui le tiennent-ils ? C’est autant de questions que les rédacteurs du mémorandum devraient au préalable se poser.

Le président de la République est le président de tous les Camerounais. Il défend les intérêts de tous les Camerounais. Pour l’heure, sa succession n’est pas ouverte.
-L’arrestation et l’humiliation des patriarches

Les auteurs du mémorandum le disent si bien :

« un « Zomlo’o » est un sage », un « intouchable » et un « repère » ; c’est la mémoire et la conscience de la communauté. Ces « sages » ont droit au respect de tous.

Alors, nous nous posons la question suivante :
combien sont-ils,ceuxde nos « Zomlo’o », de nos «sages » qui remplissent ces conditions ? une chose est sure, il n’yen a pas beaucoup. Pour le reste, être intouchable suppose qu’on ne touche pas soi-même à quelque chose. C’est simple, si vous le faites, par ricochet vous êtes touché.

Ainsi, quelque « Zomlo’o » qu’on soit, dès lors qu’on touche et prend ce que l’épervier apprécie, alors l’épervier vient à vous.

En notre qualité de ressortissants du Centre, nous exprimons notre désapprobation vis-à-vis de ce tract anonyme. Aussi, avons-nous voulu faire cette mise au point. »

Ont signé
Jean Bernard Ndongo Essomba, président du groupe parlement RDPC à l’assemblée nationale, membre du bureau politique du RDPC ; Grégoire Owona, ministre chargé des Relations avec les Assemblées, secrétaire général adjoint du comité central du RDPC ; Gilbert Tsimi Evouna, délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé, trésorier général du comité central du comité central du RDPC



L‘amicale des ressortissants du centre avec le chef de l’Etat


L’Amicale des Ressortissants du Centre (ARC) ayant pris connaissance d’un trac adressé à la plus haute autorité de la République, soit disant au nom de la région du Centre, s’indigne du caractère infamant et ingrat de son contenu.

L’ARC se désolidarise et condamne fermement ces pratiques d’une autre époque où les auteurs des pamphlets sont tapis dans l’ombre prétextant engager la grande région du Centre, alors que l’homme du Centre se caractérise par son courage et son sens de responsabilité.

Ces égarements éludent les vrais problèmes des filles et fils du Centre qui sont ceux de tous les Camerounais, en terme développement économique et d’épanouissement humain.

L’amicale des ressortissants du Centre réaffirme que seules les valeurs de travail, de solidarité, de loyauté et de fidélité sont gages de résultats probants axés sur l’intérêt général.

Dès lors, à l’instar d’autres Camerounais, l’Amicale des Ressortissants du Centre exhorte Son Excellence Monsieur Paul Biya, président de la République et chez de l’Etat, à poursuivre imperturbablement sa politique d’assainissement des mœurs publiques, indispensable pour préserver la paix et impulser un développement accru du Cameroun ».

Fait à Yaoundé, le 4 juin 2009
Ont signé
Hon. Ambela Foumena, Mefou et Afamba, président, Balemaken Rayonde, Mbam Inoubou, Théophile Abega Mbida,
Mfoundi, v. président, Nkana
Pondy G. Nyong et Kelle V.
Président, Hon Koa Luc, Lékié, S.G. Arc, Anaba Solange,
Nyong et So’o, Elobo Jules, Lékié, member, Obada Isaac Daniel, Nyong et So’o, trésorier, Hon. Etoundi Ayissi, Mefou et Akono, membre, Pr. Daniel Abwa Mbam et Inoubou, conseiller technique, Essama Embolo, Mefou et Akono, commissaire au compte, Ndongo célestin, Mfoundi, membre, Ondoa Ebe Pius, Nyong et Mfoumou, conseiller, Pilm Bonavent…Nyong et Kelle, membre, Ondoua Ondoua Didier, Nyong et Kelle, memebre, Annnir Tina Dieudonné, Mbam et Kim, Omboui Marc, Mbam et Kim, membre, Mbakong André Mbam et Kim, membre.
Charles Atéba Eyene : Les Elites du Centre perdront leur procès contre Paul Biya
Charles Ateba Eyene  Publié le 14-06-2009

Dire que Biya est le bourreau de son frère est une contre-vérité. Ce qu’on doit même dire c’est que le président a été déçu, trahi par les siens. Que l’on se comprenne très bien entre nous Betis. Ceux qui menacent aujourd’hui le président savent-ils que leurs enfants et cadets leur demandent des comptes ?

Après les paradoxes du Sud, nous voici dans la sorcellerie du Centre. Car, il y a aujourd’hui un procès rocambolesque que les Betis intentent contre leur frère de Président, S.E. Paul Biya, au pouvoir depuis le 06 novembre 1982.

De plus en plus, ce débat sévit dans l’espace public médiatique et dans l’espace public tout court au Cameroun. Notre pays étant en démocratie, et l’essence de la démocratie reposant sur le débat contradictoire, il n’y a pas de raison que je reste en marge d’un tel débat.

Cela dit, c’est avec une attention soutenue que j’ai lu dans plusieurs journaux locaux ces dernières semaines, le «mémorandum ou tract» d’un groupe disant parler au nom «des Bétis du grand Centre», destiné au Chef de l’Etat Paul Biya. Le texte, à en croire des sources introduites, «circulent depuis un moment dans les milieux huppés de la capitale» comme l’affirme le journal La Météo n° 242 du 01 Juin 2009 de M. Dieudonné Mveng. Ledit texte serait d’ailleurs parvenu à son illustre destinataire depuis Mvomeka’a son village natal. Avant La Météo, le journal de mon oncle Chantal Roger Tuilé, La Tribune de l’Est, avait signalé que quelque chose se tramait dans ce sens.

Le document insolite pose, entre autres, le problème des casses de Gilbert Tsimi Evouna dans le cadre de l’assainissement de la ville de Yaoundé (je mène une réflexion sur cette question dans un ouvrage à paraître), celui du soutien politique indéfectible du Centre au RDPC et à son Président national dont l’ampleur ne serait pas mesuré par le Président Biya et l’acharnement du Président contre ses frères Betis dans le cadre de l’opération Epervier. Toujours sophistes dans leurs affirmations, les initiateurs du « mémorandum » rappellent au chef de l’Etat que « la région du Centre vous soutient comme nulle part ailleurs » et que « ce sont les fils Betis les plus méritants qui sont arrêtées ». C’est sur ces préoccupations que porte la présente réflexion.

A la lecture de cette littérature terrifiante et macabre, j’ai cru devoir prendre la parole à travers cette réflexion pour enrichir le débat. J’insisterais sur quatre points :
1) l’irresponsabilité des auteurs et la tentative de manipulation de la conscience des Betis ;
2) un chantage sans fondement au Chef de l’Etat ;
3) le ponce pilatisme des Betis auteurs du mémoraundum ;
4) les bons réflexes pour l’avenir.

Un petit développement sera consacré à chacun de ces points pour baliser les non-dits du fameux document des néophytes de la manipulation.

A- De l’irresponsabilité des auteurs et de la tentative de manipulation de la conscience des Betis.

Le rôle de la communication est essentiel dans la formation de la conscience politique d’une communauté ou d’un peuple. C’est pour cette raison aussi qu’Aristote envisage l’homme comme un être naturellement politique. La première irresponsabilité dans le document des « soi-disant Betis du Centre » est qu’il n’est pas signé. Il s’agit donc par conséquent d’un tract. C’est-à-dire, du degré zéro de la communication, pour parler comme Dominique Wolton.

Le degré zéro de la communication qui, elle, se veut échange. Malheureusement, le destinataire dans ce cas est connu mais ne saurait à qui et comment répondre. Comment répondre aux fantômes qui n’arrivent pas à assumer les « frustrations des leurs »? Il n’y a pas de communication possible sans émetteur. Anthropologiquement, au sens de Georges Balandier, il s’agit d’un « gangstérisme comportemental ». Mon constat est bien celui là, parce que, tout bon martyr est conséquent. L’horreur de la manipulation sauvage quant à lui réside dans l’affirmation selon laquelle « ce sont les fils betis les plus méritants qui sont arrêtés dans le cadre de l’opération épervier ». Une véritable tragi-comédie quand on sait à quoi renvoit le mot

« Beti » en français. Les Betis selon Laburthe Tolra sont les « seigneurs de la forêt ». Mais de quel noblesse font preuve ceux qui ont écrit ce minable tract ! De quelle noblesse ont fait preuve « leurs dignes fils » arrêtés pour détournements de fonds publics ?

B- A propos du chantage sans fondement au Chef de l’Etat

Je suis Beti. Un proverbe de chez nous dit qu’il faut toujours dire la vérité à celui ou à ceux qu’on aime. Mes « amis » qui ont initié le tract disent que, ce sont les Betis du Centre qui ont sauvé le Président Biya lors du coup d’Etat du 06 avril 1984. Le Général Pierre Samombo qui a « chassé » les mutins à la radio nationale est-il Beti ? Paul Yakana Guebama, Philippe Mpay, Blaise Bénaé Mpecke et bien d’autres qui ont chacun joué un rôle déterminant pour faire échec au coup d’Etat sont-ils Betis du Centre ? Le Général Pierre Semengue qui a fait tout ce que l’on sait pour sauver le régime est-il beti du Centre ? Gabriel Ebili, le technicien qui déjoua le message des mutins à la radio, est-il Beti du Centre ?

L’inconvénient du tract en circulation est qu’il véhicule des contre vérités et des stupidités sans pour autant dire que c’est tout le peuple camerounais qui a soutenu son président contre les nostalgiques de l’ancien système. Sincèrement, en ne le disant pas, il y a manifestement légèreté, mais surtout mauvaise foi. On ne saurait écrire l’histoire du Cameroun de cette manière là. Si nous le faisons, nos enfants seront déroutés, égarés. De telles contre-vérités ne sont pas de nature à renforcer l’unité nationale qui vient d’être célébrée le 20 Mai dernier. Je dis non à la distraction.

A propos du soutien de la région du Centre ou des Beti à Paul Biya, c’est justement parce que le Président mesure la portée et l’ampleur dudit soutien que deux fils de la Mefou et Akono ont été promus SG/PRC. Il s’agit de Titus Edzoa et de Jean-Marie Atangana Mebara. Le premier est Professeur en médecine et le second économiste comme on en trouve dans d’autres coins du pays. Les relations de chacun avec le Président aujourd’hui sont tragiques. Dans le même département, Etienne Ntsama, fils de Ngoumou, a été Ministre des Finances. Sur le plan des directeurs généraux, Jean Baptiste. Nguini Effa gère la SCDP depuis plus de 15 ans. Basile Atangana Kouna préside aux destinées de la la Camwater. Il y a remplacé Clément Obouh Fegue (la bouche des Etenga) qui y avait passé plus d’un 1/4 de siècle. Laurent Nkodo a été promu DG des Impôts. Jean William Solo a dirigé l’Onadef. Jean Tabi Manga est Recteur de l’Université de Yaoundé II après avoir été Recteur de l’Université de Yaoundé I, avec rang de secrétaire d’Etat. En dehors de ceux-là cités dans le seul petit département de la Mefou et Akono, il y en a d’autres qui occupent des postes et positions importants sans toutefois être de parfaits génies.

Au niveau de la Mefou et Afamba, Sylvestre Naah Ondoua a été ministre pendant des années, cumulativement avec ses fonctions de DG du Crédit Foncier. Après lui, Dieudonné Ambassa Zang a été promu ministre des Travaux Publics. Noah Ngamveng a été Recteur d’université. Aujourd’hui, Catherine Abena et Luc Magloire Mbarga Atangana représentent ce département au gouvernement

Dans le Mfoundi, il y a eu un vice-PM, en la personne de Gilbert Andzé Tsoungui, des ministres d’Etat comme Charles Etoundi, des ministres comme : Rose Zang Nguelé, Henri Bandolo, Raphaël Onambelé Ela, Philippe Mbarga Mboua, Marie Madeleine Fouda, Martin Aristide Okouda et, de nos jours, Augustin Thierry Edjoa, Laurent Serge Etoundi Ngoa, Suzanne Bomback.

Dans le Nyong et Kellé, Felix Tonye Mbock, Bell Luc René, Augustin Frédéric Kodock, Joseph-Marie Bipoun Woum ont été promus ministres. Catherine Bakang Mbock l’est depuis 9 ans. D’autres fils de ce département (très hostile au RDPC il n’y a pas longtemps) sont directeurs généraux comme Ndouga Hell (Arsel) ou Victor Hell (Institu national de la cartographie) et bien d’autres.

Chez les Etong, Manguissa et Batschenga (la Lekié), il y a eu Athanase Eteme Oloa, Joseph Tsanga Abanda, Denis Ekani, Edouard Nomo Ongolo, Antoine Tsimi, Pierre Eloundou Mani, Urbain Olanguena Awono, Henri Engoulou. Il y a l’actuel ministre des finances Lazare Essimi Menye, l’actuel ministre des Relations Extérieures, Henri Eyebe Ayissi qui revient pour la deuxième fois au gouvernement. Il y a l’actuel secrétaire d’Etat au Ministère de l’éducation de Base, Manga Ewolo.

Dans le grand Mbam, il y a eu le précieux Justin Dioro, ainsi que Boto à Ngon, David Abouem à Tchoyi, Simon Basselikin, Bidias à Ngon…René Emmanuel Sadi est à la fois Secrétaire Général adjoint de la Présidence de la République et Secrétaire Général du Comité Central du RDPC, Jean Baptiste Béléokeng, Directeur du Cabinet Civil, et Pascal Anong Adibimé officie aux Domaines et Affaires Foncières. Au niveau des Directeurs Généraux. Citons aussi Esther Dang qui a dirigé la Sni pendant des années, et Camille Mouthé à Bidias, fils de Bafia, qui dirige le FNE depuis des lustres. Faut-il dire que cette institution se confond déjà à son DG ?

Dans le Nyong et So’o, il y a eu l’inoxydable Ferdinand Koungou Edima (MINAT). Mbarga Nguélé et Samuel Ngbwa (l’oncle maternel du Professeur Jacques Famé Ndongo) ont été DGSN, et Hubert Nkoulou ministre de la Santé. Grégoire Sébastien Owona est Ministre des Relations avec les Assemblées et Secrétaire Général Adjoint du Comité Central du RDPC depuis 1992. Emmanuel Etoundi Oyono, l’actuel DG de la MAETUR, a fait le tour de plusieurs entreprises d’Etat au poste de Directeur Général. Le Nyong et So’o aurait pu se plaindre, on l’aurait compris mais le Mfoundi, la Mefou et Akono…

Dans le Nyong et Mfoumou, Pius Ondoua le philosophe a été ministre, Robert Nkili, est ministre depuis des années. Joseph Edou a été Directeur Général du Crédit Foncier, Bruno Bekolo Ebé est Recteur depuis onze années.Dans la Haute-Sanaga de mon ami Romain Roland Eto’o Ebogo (actuel maire de Nanga-Eboko), Antoine Zanga, actuellement ambassadeur du Cameroun au Vatican, et Bidoung Mpkwatt ont été ministres. Et aujourd’hui, Messengue Avom est ministre des Travaux Publics.

Avec cette masse de ressources humaines, peut-on et doit-on sincèrement dire que Paul Biya a oublié la région du Centre ? Sait-on qu’il y a des régions plus peuplées comme l’Ouest, l’Extrême-Nord, et les régions plus vastes comme l’Est, qui n’ont pas eu le 1/4 de ces postes? Si j’étends l’analyse au Sud, j’ai révélé dans mon ouvrage Les paradoxes du pays organisateur… qu’en 25 ans (1982-2007), le Sud a eu 5 SG/PRC, 2 DCC, 23 ministres, 7 gouverneurs de province, 8 chanceliers et recteurs d’université, 42 directeurs généraux. Pis, l’utilisation routinière desdites ressources n’a favorisé que les mêmes et seuls acteurs. Alors, que mes frères Betis se calment et réfléchissent.

C- Le ponce pilatisme des Betis auteurs du mémorandum

Le ponce pilatisme est une attitude irresponsable qui consiste à renvoyer la faute à l’autre ou aux autres. Paul BIYA a trop donné aux Betis du Centre et du Sud. Cela frustre à juste titre les autres régions. Je souhaite à cet effet un débat public avec quiconque pense le contraire. Ce qu’il faut regretter, c’est que les « frères du président » n’aient pas compris que « la séparation des contraires rend l’ordre possible et que, leur union l’instaure et le rend fécond ». Cette dialectique élémentaire n’a pas été prise en compte par ceux qui, aujourd’hui, prétendent parler au nom des Betis.

Comme je ne veux pas être complice de la folie collective que certains veulent assigner à la communauté à laquelle j’appartiens, je propose qu’avant de parler au Président Biya, les Betis se parlent d’abord entre eux. Que chacun fasse son bilan par rapport à ce que Biya lui a donné. Que chacun, en ce qui le concerne, fasse son bilan pour voir ce qu’il a apporté, en retour, à sa communauté et à l’édification de la nation. En regardant Ngoumou, chef-lieu du département de la Mefou et Akono peut-on croire que tant de fils de ce département enclavé ont été promus à de si hautes fonctions ? Il ne faut pas que les Betis soient déjà menacés par l’entropie. Le côté sacré de la politique est qu’il faut être honnête. Ce qui se dessine n’a rien de rationnel et il faut le dénoncer, le combattre. Avec tous les postes que les Betis ont eu sous le Renouveau, ils ont passé le temps, pour nombre d’entre eux, à s’auto-détruire et à brader les biens publics (cf. listes de pilleurs des biens publics dans les différents journaux paraissant au Cameroun et ailleurs). Certains ont fait pire que Michel Noir, le Français, qui a préféré perdre sa fille Anne-Valérie Noir que les élections en 1995.

Combien sont-ils chez les Betis, qui ayant bénéficié du décret du président et qui, ont soutenu et encouragé leurs « frères » ? Quel est le lobby beti qui a vu le jour en dehors de l’« Essingan » qui était un laboratoire de promotion du tribalisme pour parler comme Vianney Ombé Ndzana, au profit de l’élite dirigeante des années 1990 ? Comment s’appellent les patriarches Betis crédibles? Où sont les groupes de presse, les boulangeries et les immeubles appartenant aux Betis ayant occupé les postes dits juteux? Telles sont les données de l’analyse logique à faire.

Car, partout où un Beti est tombé, c’est son frère qui l’a précipité par égoïsme et par méchanceté gratuite. Même dans le cadre de l’opération Epervier, le paradoxe veut que les Beti se livrent entre eux. Je le dis sans réserve parce que, c’est la vérité. Les vicissitudes des guerres fratricides entre les Beti ont fait que ces derniers n’évoluent qu’avec les autres. Presque tous les ministres Beti ont des hommes de main et d’affaires de l’Ouest ou du Nord. Que ceux qui ont à redire nous citent deux noms d’industriels Betis du Centre-Sud et nous prouvent que les sociétés Panzani, Express Union et le Groupe Fokou n’appartiennent pas aux Betis. La philosophie est qu’il ne faut pas aider le frère. Cette triste réalité sociale a accouché d’un proverbe qui dit que : «Lorsque tu veux refuser quelque chose à un Beti, confie le partage de cette chose à son frère » 

Les Betis sont un peuple qui va disparaître avec le temps au regard de la vitesse avec laquelle leur patrimoine immobilier est liquidé dans les villes comme dans les villages. Certains vendent des terrains avec les tombes de leurs parents. Une telle anthropologie ne peut cependant s’ouvrir à l’histoire parce que, nos parents eux tenaient à «l’elik», c’est-à-dire, au patrimoine familial, à l’héritage, à l’avenir. A force de refuser les vrais débats, on risque de glisser dans la manipulation comme c’est le cas en ce moment. Quelle est donc la responsabilité de Biya dans ces conneries de certains Betis ? Avec les statistiques avancées, peut-on dire qu’il y a crise de représentativité du Centre dans la gestion des affaires publiques au Cameroun ? A cette allure, j’ai peur que bientôt, les «frères» du Président lui demandent sa paire de lunettes ou ses poumons.

D- Les bons réflexes pour l’avenir

Le bon réflexe n’est pas autre chose que de lutter pour que l’adversaire du Beti ne soit plus le Beti. Tant que cela ne sera pas fait, le Beti restera à la traîne et vulnérable comme il le paraît en ce moment. Les règles d’accession au pouvoir et à l’autorité politiques passent par la solidarité et la reconnaissance du mérite. Le bon réflexe pour les Betis n’est pas d’écrire des lettres insensées et de provocation à Paul Biya qui leur a tant donné. Le bon réflexe est de comprendre que, si aujourd’hui, il y a un procès entre les Betis et Paul Biya, la victoire sera celle du président. Cela, les jeunes générations des Betis doivent le comprendre pour ne plus se laisser embarquer par une doctrine boiteuse et fumeuse des gens à qui nous avons des comptes à demander.

Je m’adresse ici particulièrement aux jeunes Betis parce que, comme Simone de Beauvoir, je crois à la force de l’âge. Dans les coulisses, il se murmure qu’Amadou Ali, vice-premier ministre en charge de la justice protège ses frères du Nord dans le cadre de l’« opération épervier ». Que Cavaye, le PAN, ne nomme à l’Assemblée que ses propres enfants et les ressortissants du septentrion. Les deux collaborateurs du chef de l’Etat viennent d’ailleurs de monter une fausse affaire de « rebelle » pour montrer que le Dgsn et le Mindef, tous deux fils du Sud, ne valent rien en matière de sécurité. Il faut une organisation beti pour le dénoncer avec manière au lieu de verser dans l’intox.

L’unité nationale ne peut se faire sans une base organisationnelle solide au niveau des tribus et des ethnies. Je le précise pour ceux qui auraient tendance à voir les relents de tribalité dans cet article. Le peuple beti ne peut défendre ses intérêts dans la nation camerounaise s’il ne sait pas se mettre ensemble et s’il ne sait pas où se trouvent ses priorités et celles de ses enfants. Le peuple Beti ne peut pas défendre le Cameroun s’il ne sait pas défendre les intérêts de sa communauté.

Le peuple beti ne peut pas défendre ses intérêts tant que ceux qui prétendent parler en son nom le font sous cape. Les élites du grand Nord ont obtenu l’Université de Maroua ainsi que l’admission de tous leurs fils dans la même institution parce qu’ils ont su parler d’une même voix mettant leurs divergences et leurs intrigues de côté pour les intérêts de leurs fils et de l’avenir de leur région. A l’Ouest, il y a des cercles où l’on planifie et décide de l’avenir des enfants et de la région. Que ces quelques exemples servent de leçon à ceux qui prétendent aujourd’hui être des victimes de leur «frère» de président. Dire que Biya est le bourreau de son frère est une contre-vérité. Ce qu’on doit même dire c’est que le président a été déçu, trahi par les siens. Que l’on se comprenne très bien entre nous Betis. Ceux qui menacent aujourd’hui le président savent-ils que leurs enfants et cadets leur demandent des comptes ? Peuvent-ils dire qu’ils ont été et sont des exemples pour la communauté dont ils se réclament ? Pour la nation camerounaise ?


Fils Beti
Coordonnateur National du Club Ethique du Cameroun
Ecrivain, spécialiste de la sémiotique et de la communication politique
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