ANGLAIS PORTUGAIS   ESPAGNOL  SWAHILI   ARABE
Décentralisation: Un nouveau rendez-vous manqué

Il faut exclure le Minatd et le gouvernement dans la gestion des élections

L’opposition de « l’entrisme » sur une voie sans issue

Gbagbo humilié à Addis-Abeba

COTE D’IVOIRE – BURKINA FASO
Gbagbo chercherait des hostilités entre les deux pays


L’informatisation du fichier électoral est un leurre

La rumeur sur le décès de Paul Biya est le fait politique majeur de 2004

Paul Biya refuse la décentralisation aux Camerounais

L’Etat en Afrique: comment réparer le départ raté de 1960

Mariées au Cameroun, prostituées en Suisse

Six mois pour en finir avec la corruption
EDITORIAUX
POLITIQUE
ECONOMIE/FINANCE

SPORTS
DIVERTISSEMENTS
FEMMES
CONTACT
AFRIQUE
L’homosexualité à l’assaut de la Civilisation Africaine

Cameroun
Rejetés, les homosexuels revendiquent leur intégration dans la société
Amadoo.com ( 09/03/2004 )
 
Considérés comme des sorciers ou des adeptes de sectes, les homosexuels sont rejetés au sein de la société camerounaise avec une certaine virulence, et se disent victimes de discriminations diverses.


Les homosexuels au Cameroun se sentent stigmatisés par la société. Malgré tout, l'homosexualité a pris de l'ampleur dans ce pays d'Afrique centrale, bien que la législation la classe au rang des délits. L'activité homosexuelle est condamnée par le code pénal qui ''punit d'un emprisonnement de six mois à cinq ans et d'une amende de 2.000 à 200.000 francs CFA, toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe''.

Le 13 mars 2001, le tribunal de grande instance de Yaoundé, la capitale camerounaise, avait condamné un ressortissant suisse à 17 mois de prison ferme, et au versement, à la partie civile, de 2 millions de FCFA au titre de dommages et intérêts pour pratiques homosexuelles.

Un dollar US équivaut à environ 520 FCFA.

Pourtant, les homosexuels sortent progressivement de leur torpeur pour revendiquer bruyamment leur intégration au sein de la société camerounaise divisée sur l'attitude à adopter à leur égard. Pour se faire entendre, ils ont organisé une manifestation publique à Douala, la capitale économique, la semaine dernière.

''Je suis gay et je ne le cache pas, c'est un choix que j'assume. Contrairement à ce que pensent certaines personnes, nous ne sommes pas des fous. Certaines personnes ont même dit que nous étions habités par des démons. Ce qui n'est pas vrai'', a indiqué, à IPS, André Ewodo, un homosexuel qui affirme œuvrer pour l'union de ses congénères au sein d'une association de défense de leurs droits.

''Ici à Yaoundé, nous sommes un peu plus de 200. A Douala, à peu près 400 ou 500. Nous nous connaissons presque tous. Et je ne connais pas un seul d'entre nous qui présente une anomalie quelconque'', affirme Ewodo.

Les homosexuels au Cameroun sont discriminés, marginalisés et diabolisés comme ils le disent eux-mêmes, leur existence étant même niée par la vie publique.

''Nous ne comprenons pas que le Cameroun puisse continuer de rester à l'écart d'un vaste mouvement planétaire de reconnaissance des homosexuels, à moins de vouloir se faire remarquer négativement. Je ne pense pas que l'homosexualité soit étrangère à nos coutumes. On n'osait pas tout simplement en parler. C'est une forme de sexualité qui existe depuis la nuit des temps'', commente Eric Nguebou, un homosexuel habitant Yaoundé.

''Qu'est-ce qu'on rejette? Est-ce l'acte sexuel ou simplement le fait que cet acte se passe entre personnes de même sexe? Les fantasmes des homosexuels sont similaires à ceux des hétérosexuels'', affirme-t-il.

Clovis Nono, un autre homosexuel, témoigne : ''Je travaillais dans une boîte de distribution de la lingerie. Quand l'entreprise a su que j'étais homosexuel, j'ai été mis à la porte. Par la suite, je me suis présenté à plusieurs offres d'emploi, sans succès, alors que j'ai le niveau et les diplômes requis''.

Certains homosexuels camerounais vivent constamment persécutés et sont obligés de ruminer seuls leurs problèmes. ''Une situation qui fait beaucoup de dépressifs qui se voient obligés de développer une stratégie de camouflage de leurs activités sexuelles réelles'', a expliqué, à IPS, Jeannette Eloundou, sociologue de l'organisation non gouvernementale (ONG), l'Observatoire communautaire des droits et libertés des citoyens (OCDLC).

Parfois, les homosexuels sont tentés par le suicide, mais ils sont accrochés aux croyances locales selon lesquelles se suicider serait jeter de l'opprobre sur leur famille. Au Cameroun, le suicide est synonyme de malédiction. Difficile pour eux de se suicider, ils préfèrent soit souffrir leur rejet dans les coulisses, soit adopter la stratégie de camouflage, soit alors se confier à un proche.

''Face à l'évolution actuelle des mœurs, nous sommes en train de préparer un projet de loi relatif à l'inclinaison sexuelle. Nous savons que c'est difficile dans une société comme la nôtre de faire passer, à l'Assemblée nationale, un projet de résolution sur les droits de l'Homme et l'orientation sexuelle'', a indiqué, à IPS, Georges Oyono, député suppléant au parlement camerounais.

''C'est chaque année que ce problème ressurgit au ministère des Affaires sociales. C'est tous les jours qu'on dit qu'il faut se pencher sur le phénomène. Mais il apparaît tellement délicat en raison de son caractère éminemment sensible et en ce qu'il heurte le bon sens au point que tous les ministres, qui ont séjourné à la tête de ce département ministériel, n'ont jamais véritablement voulu le prendre à bras le corps'', se souvient Pierre Abéga, conseiller au ministère des Affaires sociales.

Abéga a ajouté : ''Pour autant, nous ne restons pas inactifs à l'égard des discriminations dont sont victimes ces Camerounais. Nous les défendons contre les abus et parfois contre les licenciements dont certains d'entre eux sont victimes de la part de leurs employeurs. Il reste que l'homosexualité continuera d'être qualifiée de déviance, même si ses adeptes s'en défendent''.

Plus ou moins rejetés, les homosexuels tentent de s'organiser : ''Nous nous retrouvons tous les soirs dans une boîte de nuit de Yaoundé pour faire la fête jusqu'au bout de la nuit'', déclare Olivier Mpondo, un autre homosexuel.

''En attendant d'obtenir un autre regard de la société sur notre condition, nous essayerons de survivre en s'appuyant sur les bonnes relations chaleureuses qui existent entre nous'', ajoute-t-il.
VirusAlert_mydoom_125x125_2
2004_bbq_120x90
Easy DVD Copy -- Learn More
Banner 10000280
Depot 80x80 image
Deals of the Week (125x125)
OHP Logo 88x31
Retour page de garde
_____________________________________________________
©2003 The African Independent, Inc. All rights to republication are reserved