| ANGLAIS PORTUGAIS ESPAGNOL SWAHILI ARABE | ||||||||||||||||||||||
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| Dr Siméon Kuissu : " Douze années après les premières élections au Cameroun, il n'y a pas eu démocratisation au Cameroun. Tous les sacrifices consentis par les Camerounais depuis 1990 sont restés vains à cause de la carence ou pire encore de la trahison multiforme des dirigeants politiques de l'opposition.D`où la présente déception populaire. " [ Douala - Cameroun ] ( 11/10/2004) M.Mba Talla & Gérard Kuissu Docteur en médicine, Siméon Kuissu entre en politique en 1971 après l' assassinat d' Ernest OUANDIE. Après son retour au Cameroun en juillet 1991, il est élu SG de l'UPC et engage une action pour l' unité des fractions upecistessans succès. Refusant d' être le SG d' une fraction de l' UPC, il démissionne de cette fonction en avril 1992. Depuis lors, il n'a cessé de rechercher des solutions à la crise politique camerounaise. C' est cette conception qui l' a conduit à imaginer et lancer le mouvement ONE CHALLENGER depuis 2003. Le Dr Kuissu se prononce sur l'élection présidentielle ainsi que l'environnement politique et les enjeux d'avenir au Cameroun."Douze années après les premières élections au Cameroun, il n'y a pas eu démocratisation au Cameroun. Tous les sacrifices consentis par les Camerounais depuis 1990 sont restés vains à cause de la carence ou pire encore de la trahison multiforme des dirigeants politiques de l'opposition.D`où la présente déception populaire. Docteur en médicine, Ancien assistant - chef de clinique à la faculté de médicine de Strasbourg, spécialiste des maladies respiratoires et de la tabacologie. Etudiant en France, il milite dans le mouvement estudiantin UNEK. Il entre en politique en 1971 après l' assassinat d' Ernest OUANDIE, puis adhère à l' UPC ( Union des populations du Cameroun) dont il devient en 1982 le secrétaire général adjoint. Lorsque la même année Biya remplace Ahidjo, il fait parti de ceux qui croient en la possibilité d'un réel changement démocratique au Cameroun, mais ne tarde pas à découvrir le visage hideux du "RENOUVEAU" selon Paul Biya. Depuis lors sa devise n'a pas changé: ACTION ET RASSEMBLEMENT Secrétaire générale adjoint de l"UPC en exil, il milite des l'ouverture politique de 1990, pour le "RASSEMBLEMENT DE TOUS CEUX QUI SE RECLAMENT DE L'UPC" en vain. Après son retour triomphale au Cameroun en juillet 1991, il est élu secrétaire général de l'UPC au congres de Bamoumgoum (Bafoussam) en décembre 1991, et engage des janvier 1992, une action vigoureuse pour l' unité des fractions upecistes de N, Nkongsamba et de Bafoussam sans succès. Refusant d'être le secrétaire général d'une fraction de l' UPC, il démissionne de cette fonction en avril 1992. Depuis lors jusqu à ce jour, il n'a cessé de rechercher des solutions à la crise politique camerounaise. Des 1992, avec d'autres il acquiert la conviction que le déblocage de la situation politique camerounaise, c'est à dire l'alternance et l' alternative dans notre pays, passé par le rassemblement et l' action des patriotes et démocrates INDEPENDAMENT DES PARTIS POLITIQUES AUQUELS ILS APPARTIENNENT . C'est cette conception qui l'a conduit à l'approche de l' élection présidentielle d' octobre 2004 à imaginer et lancer avec d' autres compatriotes, le mouvement ONE CHALLENGER dont il est le coordonnateur "Douze années après les premières élections au Cameroun, il n'y a pas eu démocratisation au Cameroun. Les dirigeants politiques des partis de l'opposition ont tout simplement reproduit le seul modèle qu'ils connaissaient : le parti unique dans lequel le chef décide de tout. C'est ainsi que le multipartisme au Cameroun est devenu une juxtaposition de " multiples partis uniques " incapables chacun pris séparément de provoquer le changement démocratique. Les opposants sont rongés par l'égoïsme, la cupidité, l'ambition maladive, ou au contraire la petitesse: on a froid dans le dos en constatant que certains qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. En réalité la majorité des prétendus candidats à l' élection du 11 octobre cherchent seulement les millions promis par le gouvernement aux candidats, d'autres sont des sous-marins du pouvoir pour disperser les voix de l'opposition, oubliant que ce faisant ils sacrifient l'avenir de leurs enfants. Certains de ces sous-marins sont connus de tous. En somme tous les sacrifices consentis par les Camerounais depuis 1990 sont restés vains à cause de la carence ou pire encore de la trahison multiforme des dirigeants politiques de l'opposition d' ou la déception populaire que l'on constate aujourd'hui. Ce qui est sûr c'est que ceux qui prendront la relève dans la direction politique de la lutte pour la démocratisation ne devront pas attendre 2011 pour se mettre au travail." Modeste Mba Talla & Gérard Kuissu : Pouvez vous rappeler à nos internautes les objectifs de ONE CHALLENGER que vous avez lancé il y a environ une année ? Siméon Kuissu: One Challenger est né du constat qu'au Cameroun les élections sont toujours truquées, que le pouvoir ne veut pas le changement et triche pour rester au pouvoir, mais que le recours à la violence par les opposants ne peut pas être une réponse consensuelle à ce problème tant que l'opposition n'a pas exploité complètement les ressources du processus électoral. Pour le faire il fallait que l'opposition s'entende autour d'un candidat présidentiel de rassemblement et qu'elle mette en place une " ingénierie " électorale pour contrer la fraude électorale. One Challenger avait imaginé un processus en trois étapes : 1°) Faire accepter l'idée de candidature unique par les Camerounais. 2°) Désigner le candidat, l'oiseau rare comme on disait, et lui donner un programme issu d'un cahier des charges contenant toutes les revendications des citoyens. 3°) Défendre sa victoire si elle intervient M.M.T & G.K : Quels bilans pouvez- vous tirer de votre action ? S.K : Les propositions de One Challenger furent très largement acceptées par les Camerounais. Le premier point, on peut le dire sans vantardise, fût un succès. OC ne prétend pas être l'inspirateur de tout, mais on est bien obligé de constater que c'est bien après son lancement en janvier 2003 que d'autres, notamment les partis qui allaient plus tard se réunir au sein du CNRR, ont commencé à parler de candidature unique de l'opposition. L'idée a eu un écho profond dans le pays. Certains ont même tenté de la récupérer…. Seuls les partisans, minoritaires, du refus obstiné de toute élection avant modification de la loi électorale se sont opposé à OC. A partir du moment où cette idée était endossée par les gens, elle n'appartenait plus à OC. Nous ne sommes donc pas seuls comptables de l'application des étapes deux et trois. L'étape deux n'est pas un succès puisque à l'évidence il n'y a pas eu un candidat de rassemblement de l'opposition tel que One Challenger l'avait défini. En effet, l'opposition ne se résume pas aux 11 partis de la coalition. Je m'évertue à expliquer depuis janvier 2003 que l'opposition camerounaise ne se résume pas aux partis parlementaires ni même seulement aux partis politiques ! Il y a de nombreux opposants authentiques - c'est-à-dire des citoyens engagés pour le changement démocratique- qui ne sont membres d'aucun parti politique. Pourquoi faisons-nous semblant de ne pas voir ce problème gros comme une montagne : les partis subissent depuis 1992 une hémorragie massive ; les gens les quittent ou en sont chassés parce qu'ils gênent les chefs ! Cette dispersion, cette inorganisation est l'un des grands problèmes qu'auront à résoudre les démocrates de ce pays quel que soit le résultat électoral. En l'absence d'un candidat de consensus l'étape trois, c'est-à-dire la défense d'une éventuelle victoire n'est pas envisageable, sauf si le spectacle désolant que nous offre certains leaders du CNRR s'achèvent dans le désistement en faveur de l'un d'entre eux. M.M.T & G.K : Certains partis politiques se plaignent d'avoir été exclu de la coalition ; n'était ce pas là les germes de ce que nous vivons ? S.K :Certainement. Des dirigeants du CNRR avaient transposé dans la coalition les traditions d'exclusions en cascade qu'ils imposent dans leur parti politique. J'avais dénoncé cette discrimination en son temps dans un article de presse intitulé " non à l'exclusion des opposants par d'autres opposants ". L'AFP- Alliances des Forces Progressites- que dirige MAIDADI SAIDOU- avait été la première victime de cette erreur du CNRR, puis ce fût le tour du FFA-Front des forces Alternatives- présidé à l'époque par Jean-Jacques Ekindi. Douze années après les premières élections au Cameroun, quelle évaluation faites-vous du processus de démocratisation au Cameroun ? Il n'y a pas eu démocratisation au Cameroun. Le pouvoir ne voulait pas et ne veut toujours pas la concéder. L'opposition ne pouvait pas et ne peut toujours pas la conquérir. J'avais écrit en 1992 un article paru dans feu le journal " Galaxie " intitulé " le Cameroun se meure, victime de ses hommes politiques. Tout ce qui se passe depuis 12 ans ne fait que confirmer ce constat. La démocratisation demeure l'objectif de notre lutte. L'opposition camerounaise et une certaine frange de la société civile dont vous faites partie avaient suscité beaucoup d'espoir au début des années 1990. Douze années après, quelle analyse faites-vous de cette opposition ? En 1992 l'opposition était une chose neuve au Cameroun. Comme toute nouveauté, elle avait suscité beaucoup d'enthousiasme. Mais cet enthousiasme était béat. Les dirigeants politiques des partis de l'opposition sortaient tous de l'ex parti unique dans lequel ils passaient leur temps à applaudir le chef. Ils ont donc tout simplement reproduit le seul modèle qu'ils connaissaient : le parti unique dans lequel le chef décide de tout. C'est ainsi que le multipartisme au Cameroun est devenu une juxtaposition de " multiples partis uniques " incapables chacun pris séparément de provoquer le changement démocratique.. Le seul parti qui faisait une glorieuse exception à cette règle était l'UPC. Mais elle a été emportée par ses propres tentions internes autant que par les coups venant du pouvoir. En réalité l'UPC d'hier comme toutes les soi-disant " UPC " d'aujourd'hui sont rongées par les mêmes travers que le reste de l'opposition : tribalisme, égoïsme, ambition personnelle… qui la rendent incapable de jouer le rôle de locomotive que le pays était en droit d'attendre d'elle. Maintenant l'opposition elle aussi a besoin d'être démocratisée. En convoquant pour le lundi 11 octobre 2004 le corps électoral pour l'élection présidentielle, le président Paul Biya ne prend-t-il pas un risque de conduire des élections où à peine 4,2 millions d'électeurs sont enregistrés? Pensez-vous que les différentes structures qui sont en charge du processus électoral et les différents partis sont prêtes pour cette élection ? M. Biya ne prend aucun risque. Tout cela est fait exprès et pour un seul but : rester au pouvoir. Il y a en effet quelque chose d'inadmissible pour un esprit rationnel à voir se dérouler dans l'impréparation des élections prévues depuis 7 ans. On avait largement le temps et l'argent (l'argent du pays et les aides proposées par des puissances étrangères) pour voter des lois électorales démocratiques, délivrer des cartes d'identité nationales à tous les nationaux notamment les jeunes qui arrivent à l'âge de la majorité, inscrire tous les électeurs sur les listes, informatiser l'ensemble du processus électoral, installer les urnes transparentes, fixer la liste des bureaux de vote, etc.… Pourquoi le chef de l'état a-t-il attendu l'extrême limite de la légalité pour prendre la décision dont tout dépendait c'est-à-dire la convocation du corps électoral ? De son coté la soi-disant opposition n'a pas fait mieux! Pourquoi a-t-elle commencé si tard et si mal la préparation de cette élection? Est-ce qu'elle a découvert seulement en 2004 que la loi électorale n'était pas bonne ? Que le processus électoral n'était pas informatisé ? Vous avez rencontré pratiquement tous les candidats actuels à l'élection présidentielle. Comment analyser -vous pouvez-vous le fiasco de la Coalition à s'unir autour d'un candidat ? Peut-on parler de l'échec de ONE CHALENGER dont vous êtes le créateur ou de l'opposition en général ? J'en connais un bon nombre mais tous. Le peuple veut l'unité de l'opposition. La déception populaire que l'on constate aujourd'hui, y compris dans les milieux non politisés ou chez des gens qui n'affichaient pas auparavant un soutien à OC est la preuve de l'écho profond des idées de OC dans le pays et souligne en même temps la faute des opposants rongés par l'égoïsme, la cupidité, l'ambition maladive, ou au contraire la petitesse : on a froid dans le dos en constatant que certains qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, se portent candidat seulement pour bénéficier des quelques millions qu'offre le gouvernement, oubliant que ce faisant ils sacrifient l'avenir de leurs enfants ! D'autre part la multitude de candidatures de l'opposition n'est pas un échec de One Challenger. Quand vous semez, que vous biner, que vous sarcler correctement, il ne dépend plus de vous que la semence pousse ou pas. Cela dépend du sol et de la pluie. OC a semé l'idée de candidature unique. J'ai tenu une conférence de presse à Douala en août 2003 pour amplifier son lancement. J'ai édité à mes frais une brochure qui a été diffusée. L'idée a été largement acceptée comme je vous l'ai expliqué plus haut. Le sol populaire était fertile mais les dirigeants politiques n'ont ni biné ni sarclé ni arrosé…et la semence n'a pas poussé. Certains observateurs pensent que le temps mis à revendiquer une élection transparente, l'informatisation du fichier aurait du être mis à profit pour penser, réfléchir sur ce que l'opposition avait à faire pour être fin prêt et unis ; Y voyez-vous une part de réalisme ? Ce n'est pas la réflexion ni les propositions ni les bras qui ont manqué mais la volonté d'écouter tout le monde et d'unir toutes les bonnes pour gagner ensemble.. Etes -vous surpris par cette kyrielle de candidats à l'élection présidentielle du 11 octobre 2004 ? Qu'est- ce qui peut expliquer un tel engouement ? Il n' y a pas une kyrielle de candidats. Il y a deux ou trois candidats - c'est trop bien sûr-, que l'on peut considérer comme représentatif et qui portent la responsabilité de l'échec du rassemblement. C'est eux qui ont admis au sein du CNRR des agents patentés du pouvoir qui ont pesé sur la décision finale. C'est eux qui ont refusé l'entrée du CNRR d'autres opposants à qui aucun reproche n'était fait, mais qui étaient peut-être gênants pour leur ambition personnelle. En réalité la majorité des prétendus candidats cherchent seulement les millions promis par le gouvernement aux candidats, d'autres sont des sous-marins du pouvoir pour disperser les voix de l'opposition. Certains de ces sous-marins sont connus de tous. D'autres le sont moins, comme l'un d'entre eux qui a fait récemment l'objet de révélations par Ndzana Seme sur le site Internet de " africanIndependant.com " montrant qu'il serait au service du pouvoir ! Avoir la main mise sur le processus d' inscription des électeurs, les bureaux de vote, imprimer seul les bulletins de vote, contrôler le média et la cours suprême qui proclame les résultats tout ceci par le parti d'un candidat ! Peut on appeler cela transparence ? Certainement pas. Mais en réalité ce n'est là qu'un aspect du problème. Dans les pays démocratiques, le gouvernement organise les élections, et les candidats ont leurs représentants dans tous les bureaux de vote pour veiller à leurs intérêts. Les candidats de l'opposition camerounaise ne font pas cela; ils n'ont pas d'ingénierie électorale. Ils facilitent le travail des fraudeurs et des corrupteurs que sont les barons du RDPC. Les candidats recalés à la présidentielle qui ont déposé des recours ne recevront des réponses de la cour suprême le 07 octobre alors que l'élection a lieu le 11 octobre N'est ce pas matière à rire ? On pourrait en rire si le sort du pays n'était pas en jeu. Certains candidats vous ont relevé que le problème des élections ne se situait pas au niveau des candidats mais plutôt de la loi électorale ; n'est ce pas une vérité de la palisse ? Ces candidats confondent l'alpha et l'oméga, le commencement avec la fin. En démocratie le parlement élabore, adopte et modifie selon les époques historico politiques la loi électorale et ces modalités d'application. Or le Cameroun n'est pas en démocratie et c 'est cela que beaucoup ne veulent pas intégrer dans leur raisonnement. La tâche des démocrates de notre époque c'est de tout faire pour que commence enfin la démocratisation du Cameroun. C'est la condition sine qua none pour l'élaboration de toute loi quelle qu'elle soit. N'est-ce pas un peu naïf de croire que le RDPC, majoritaire à l'assemblée et qui veut à tout prix rester au pouvoir va voter une loi pour se faire hara-kiri ? Le renversement du RDPC ne peut se faire que dans une épreuve de force politique, et c'est bien pour cela que les propositions de One Challenger étaient en réalité conçues pour une offensive de l'opposition. En politique comme à la guerre, comme dans la vie, il faut un chef pour se lancer dans une bataille ! L'opposition avait le devoir, une fois le candidat de consensus désigné, 1)de mettre en place une ingénierie électorale pour contrôler le processus du vote à tous les niveaux et contrer la fraude 2) de préparer la défense de la victoire en cas de tentative de vol par le pouvoir. Parlant du droit de vote de la diaspora camerounaise, ne penses-vous pas qu'il est anachronique de continuer à nier ce droit ? S'il n' y avait que le droit de vote ! Le citoyen camerounais à l'étranger est complètement abandonné par son pays. Les ambassades et consulats du Cameroun ne s'intéressent pas à ces citoyens et ne leur apportent pas le soutien qu'ils sont en droit d'attendre dans des situations difficiles. Votre ami Abel Eyinga déclarait encore : " Cautionner la reconduction du statu quo à la tête de l'Etat du Cameroun est pas une mauvaise action, un crime contre le Cameroun ". Comment jugez-vous l'attitude des " leaders accompagnateurs " qui ont rechigné à se rencontrer, à dialoguer entre eux, à réfléchir ensemble pour élaborer une stratégie commune de lutte ? Ne confondez-vous pas amitié et proximité politique ? Cette proximité - l'engagement pour le changement démocratique au Cameroun - est elle-même mise à mal ces derniers temps par les prises de position décroissantes d'Abel Eyinga : Il s'est d'abord affirmé favorable à la candidature unique de l'opposition, puis il a changé d 'avis pour demander la modification de la loi électorale avant tout scrutin, puis il a appelé au boycott. Il a fait je cite " l'offre de sa disponibilité " à Paul BIYA. Attendons la suite…. Le politologue camerounais Titi Ngando de l'Université Libre de Bruxelles ( ULB), déclarait récemment " Même si l'opposition trouvait son candidat unique à l'élection présidentielle d'octobre prochain, sans que le système électoral soit assaini, le Rdpc continuera de damer le pion à cette dernière, avec l'appui de ses grands électeurs que sont : les préfets et sous préfets. Le boycotte n'aura également aucun sens pour le 11 octobre prochain. Il faut y aller et tester son poids politique mais avec méthode" Que pensez-vous de cette affirmation ? Cette déclaration contient une chose et son contraire : vous ne pouvez pas dire que le système électoral n'est pas assaini et en même compter sur ce même système électoral pour " tester votre poids politique " ! D'ailleurs la plupart des soi disant candidats n'y vont pas pour tester leur poids politique mais pour recevoir quelques subsides ou pour servir le RDPC, se qui revient au même. Il faut seulement faire le constat qu'il faut aller voter parce que c'est le seul moyen de changement en dehors de la violence armée, mais que l'adversaire au pouvoir étant malhonnête et tricheurs il appartient aux opposants de trouver un moyen de ne plus se faire " damer le pion ". C'est ce que OC a voulu faire. Ne pensez-vous pas que le président qui sortira du scrutin du 11 octobre devra être considéré comme dénué de toute légitimité démocratique et devrait être combattu avec détermination jusqu'à son renversement comme le préconise les membres du Code (Comité de Suivi du Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques des Camerounais de la Diaspora) réuni à Paris le 25 septembre 2004 ? La même déclaration avait été faite avant la désignation du candidat du CNRR et l'éclosion du bouquet des 16 candidats. Elle incluait un éventuel candidat de rassemblement de l'opposition et c'est cela qui est inadmissible. Il faut voir qu'un éventuel succès d'un candidat de rassemblement de l'opposition ouvrirait une aire nouvelle dans laquelle les patriotes et démocrates pourraient mener leur lutte dans des conditions améliorées. Quand on est incapable de faire un grand pas on accepte une succession de petits pas en avant; c'est mieux que la loi de tout ou rien. Il ne faut sans doute pas être un prophète pour voir que la cause des concurrents du président Biya est entendue. N'est-il pas impérieux que les véritables puisse regarder résolument devant, vers 2011 ? Certainement Mais chaque chose en son temps. Attendons de voir comment les prétendus candidats de l'opposition vont pousser leur logique suicidaire jusqu'au bout. Ce qui est sûr c'est que ceux qui prendront la relève dans la direction politique de la lutte pour la démocratisation ne devront pas attendre 2011 pour se mettre au travail. Depuis l'ouverture démocratique des années 90 n'est- il pas temps que la vielle garde celle des NDAM, FRU NDI, Hameni Bieleu TCHIROMA, BELLO, Ekindi etc.. de s'effacer pour laisser à la place à la jeunesse ? Du moins cette élection ne marque t- elle pas la fin politique des acteurs de la classe politique des années 1990 hommes derniers ? Il est certain que le vent de démocratisation dont le Cameroun a besoin devra souffler aussi dans l'opposition. Connaissez -vous des personnalités camerounaises possédant un leadership et pouvant cristalliser autour d'un pôle de personnes l'avenir en marche du Cameroun? Ils existent, et plutôt beaucoup que pas assez. Seulement les partis d'opposition ont fait exactement comme le parti au pouvoir : ils ont coupé toutes les têtes qui dépassent. De nombreux patriotes écartés des directions de parti sont là. Chaque peuple trouve en son sein ses chefs. Nous trouverons les nôtres. L'historien et politologue Achille Mbembé déclarait récemment "On ne peut pas être libre au Cameroun aujourd´hui si on n´est pas disposé à payer le prix final et je crois que c´est ce qui nous maintien à genoux pour le moment. Le prix final de toute liberté dans l´histoire c´est la mort. Est esclave - et mérite de le demeurer - celui qui n'a pas encore vaincu la peur de la mort." Que vous inspire cette prise de parole ? L'historien A. MBEMBE ne peut ignorer jusqu'à ce point l'histoire de son pays. C'est par centaine de milliers que les Camerounais ont sacrifié consciemment leur vie pour la liberté. D'abord pour l'indépendance nationale : ce n'est pas par hasard que la séries des indépendances africaines de 1960 commence par celle du Cameroun, le premier janvier. C'est parce que le Cameroun fût la première et la seule " colonie " française d'Afrique Noire à prendre les armes, en 1955 sous la direction incontestée de Ruben UM NYOBE, pour exiger et obtenir l'indépendance. Ensuite pour le changement démocratique à partir de 1990. Il n'y a pas eu que des " villes mortes ", il y a eu aussi beaucoup de citoyens morts ! Récemment encore le soulèvement des benskineurs, l'incendie du commissariat de Nkololoung, ont fait plusieurs morts. Que faut-il de plus pour démontrer que de nombreux camerounais ( pas tous certainement) ne manquent pas de courage ? Si la mort est parfois " le prix final de la liberté " des peuples, elle n'en est jamais à elle seule une condition suffisante. " Ce qui nous maintien à genoux pour le moment" ce n'est pas la peur de la mort, c'est l'absence de leadership. Tous les sacrifices consentis par les Camerounais depuis 1990 sont restés vains à cause de la carence ou pire encore de la trahison multiforme des dirigeants politiques de l'opposition. Le 13 septembre, l'on a commémoré l´assassinat par les troupes françaises de Ruben Um Nyobé. Le principal message de Um Nyobé selon Mbembé était la réclamation du droit de se tenir debout par soi même. Car il n'aurait pas de liberté à crédit. Vous qui êtes un militant de la première heure de l' UPC . Que retenir de Um Nyobé et de cet événement qui semble se répéter au Cameroun ? Justement, UM Nyobé n'a pris les armes qu'après avoir mis en place une organisation politique forte (l'UPC), avec plusieurs dirigeants compétents, engagés, solidaires, et une direction politico-militaire pour conduire la guerre populaire. Nous en sommes très loin aujourd'hui. S'il fallait retenir une deuxième leçon de Ruben UM Nyobe, ce serait le sens du sacrifice pour le pays et non pour soi-même. Propos recueillis par Modeste Mba Talla & Gérard Kuissu Icicemac.com |
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