CAMEROUN:
L'ONEL, une structure que Biya a créée dans son intérêt, en essayant d’y associer quelques complices.

"Que Biya libère le poste qu’il occupe. Le Cameroun ne manque pas d’hommes et de femmes capables de le servir loyalement, dans la transparence et l’honnêteté"


Le problème de la transparence électorale demeure entier au Cameroun. Pourtant, sa solution est simple et parfaitement connue de chacun.

Toutes les élections organisées depuis l’indépendance par le Minat (alors appelé Ministère de l’Intérieur) ayant été entachées de fraude au profit du candidat gouvernemental, d’une fraude de plus en plus envahissante, il a été proposé, en 1996, d’enlever l’organisation des élections au Minat et de la confier, dans  l’intérêt du pays, à un organisme neutre, indépendant et impartial du genre Commission électorale autonome.

Par cela, il fallait entendre une structure bipartite, composée pour moitié de représentants des forces de changement, et pour l’autre moitié des partisans du statu quo, c’est-à-dire du régime néocolonial en place. L’expérience de la Commission nationale a été faite avec bonheur dans nombre de pays africains, où elle a favorisé une alternance démocratique en douceur, comme au Bénin, au Ghana, au Kenya, etc.

Une proposition de loi fut alors déposée dans ce sens à l’Assemblée nationale, proposition torpillée par la majorité RDPC issue de la fraude.

Finalement le président du RDPC M. Paul Biya, chef de l’Etat et candidat gouvernemental à toutes les élections, s’est déclaré hostile à toute idée d’une Commission électorale neutre et indépendante, donc à toute élection libre, honnête et transparente. Tournant ainsi le dos à ce que réclamait le peuple, il a, tout seul, imaginé une structure à laquelle il a donné le nom d’Observatoire national des élections (Onel) et dont il a limité la mission à l’observation de ce que fait le Minat en matière d’organisation des élections.

Les observations ainsi recueillies devaient donner lieu à un rapport destiné au chef de l’Etat, c’est-à-dire à M. Biya lui-même, à charge pour lui de le rendre public quand il veut.

Le Rapport de l’Onel sur la double consultation du 30 juin 2002 a été rendu public deux ans après le scrutin, et grâce au fait que la Grande-Bretagne a bien voulu fournir les fonds nécessaires pour l’impression et la diffusion du document.

M. Biya vient d’entreprendre le rafistolage et le replâtrage, sur des points mineurs, de la structure qu’il a créée dans son intérêt, en essayant d’y associer quelques complices. Il a présenté officiellement la manœuvre comme un grand pas vers la transparence électorale, alors que le Minat fraudeur des élections en demeure toujours l’organisateur, et son Onel un simple voyeur.

LA NATIONALE dit ceci : Assez de fourberies, de roueries, de ruses ! Assez de prendre les Camerounais pour plus idiots qu’ils ne le sont ! Si M. Paul Biya se sent aussi incapable de faire droit à l’exigence du peuple souverain, ou s’il n’y est pas disposé, qu’il libère le poste qu’il occupe. Le Cameroun ne manque pas d’hommes et de femmes capables de le servir loyalement, dans la transparence et l’honnêteté.

Jeudi 3 juin 2004
    
   Pour LA NATIONALE,
Le Président
        
                  Abel Eyinga
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