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| Résultats : Discorde autour des chiffres
La qualité des données du dernier recensement et les difficultés financières seraient à l'origine du problème. Réalisé du 11 au 30 novembre 2005, les résultats du 3ème recensement général de la population et de l'habitat ne sont toujours pas connus, près de 3 ans après. Au cours de la dernière conférence des gouverneurs tenue à Yaoundé du 29 au 31 janvier 2008, le ministre des Finances, Essimi Menye, avait révélé aux chefs de province que la publication des résultats de ce recensement tardait à venir à cause d'un manque de moyens financiers. L'Etat est toujours à la recherche des financements pour boucler la phase post-dénombrement. Un cadre du Bureau central des recensements et des études de population (Bucrep), qui n'a pas souhaité révéler son identité, nous a confié que l'enquête post-censitaire n'a pas encore été bouclée. C'est une enquête démographique réalisée sur un échantillon de zones de dénombrement tirées au hasard parmi les zones utilisées pendant le dénombrement à travers le pays. Toujours selon la même source, cette phase coûtera presque 300 millions de francs Cfa. Elle intervient juste après le dénombrement proprement dit et vise à obtenir des indicateurs statistiques rendant compte du degré d'exhaustivité et de la qualité des données recueillies sur le terrain. Selon certaines sources proches du comité technique, des insuffisances auraient été relevées au niveau de la qualité des données. Le taux de redressement, qui sert à corriger les erreurs de l`enquête, serait de l`ordre de 20. Une estimation bien loin des 13% de moyenne nationale observée lors du recensement de 1987 et du taux d`erreurs de 10% généralement admis. En d`autres termes, près de 20% de la population aurait été ignoré lors de l`opération de dénombrement proprement dite. C`est ce coefficient (20%), jugé particulièrement élevé par certains, qui serait au centre de la discorde. Une version que le Bucrep réfute. De ce coté-là, on affirme que plus de 95% de la population résidente au Cameroun a été touchée lors de ces opérations. "Un recensement ne peut pas être parfait. Au cours de l'opération post-censitaire qui fera l'objet d'un suivi plus rigoureux, nous évaluerons effectivement le taux de couverture ", nous a indiqué notre interlocuteur. Le vrai problème se situerait donc, selon des responsables du Bucrep, au niveau des moyens financiers. Par Innocent B. Ngoumgang Les rendez-vous manqués Plusieurs fois annoncés, les résultats du recensement n'ont jamais été publiés. Encore un rendez-vous manqué ! La promesse de Louis-Paul Motazé, selon laquelle les résultats du recensement général de la population du Cameroun de novembre 2005 seraient bientôt connus, n'a pas été tenue. Sans qu'on ne puisse savoir, clairement, ce qui est à l'origine du blocage. "Nous avons juste de petits ajustements à faire sur le plan informatique. C'est la raison pour laquelle nous avons adopté les résultats mais nous nous donnons une ou deux semaines pour les publier", déclarait le ministre de l'Economie. On était en mars 2008. Les "une ou deux semaines" annoncées ont largement été dépassées. Pourtant, Louis Paul Motazé reconnaissait à ce moment-là le préjudice que constituait l'absence des résultats du recensement pour notre économie. "Le retard observé dans la publication de ces résultats nous est préjudiciable dans la mesure où toutes les stratégies que nous voulons mettre en place en matière de développement du pays notamment… vous savez qu'on est en train de procéder à la révision du document de stratégie de réduction de la pauvreté. Ce travail devrait se faire sur la base d'un certain nombre de données et les données qui sont les plus importantes sont celles de la population selon la répartition géographique, l'âge, le sexe, etc.", indiquait le ministre le 7 mars 2008, lors de la 5e session ordinaire du Conseil national du troisième recensement général de la population et de l'habitat (3e Rgph). Il s'agit d'un énième rendez-vous manqué, car l'ancien ministre, Augustin Frédéric Kodock, à l'Assemblée nationale en juin 2007, avait déjà annoncé que la publication des résultats du recensement de 2005 n'était plus qu'une question de temps. Avant cela, on avait évoqué un certain nombre de raisons, dont le manque de moyens financiers, qui bloqueraient la publication des résultats. Par Jules Romuald Nkonlak Gervais Beninguisse : " Le recensement est important pour planifier le développement d'un pays " Le démographe s'exprime sur l'utilité du dénombrement de la population. Quelle est l'utilité d'un recensement général de la population ? Le recensement est une opération de dénombrement de la population qui permet, non seulement, de déterminer le chiffre global de la population, mais également de déterminer sa décomposition selon certaines caractéristiques. Toutes ces données sont utiles pour la planification du développement dans tous les secteurs de l'économie. Si vous avez par exemple le nombre et la structure de la population scolarisable, vous pouvez évaluer les besoins scolaires : le nombre d'écoles et de classes nécessaires, le nombre des matériaux nécessaires, etc. On peut le faire dans plusieurs autres domaines, comme la santé. Lorsque vous avez le nombre de naissances annuelles, vous pouvez planifier avec efficacité les vaccinations médicales, etc. Le recensement sert donc à évaluer les besoins des populations afin de trouver des solutions. Les résultats du dernier recensement ne sont pas encore connus. Peut-on donc dire qu'il n'y a pas une meilleure planification du développement au Cameroun à l'heure actuelle ? Disons que le recensement c'est l'idéal. Mais sans recensement, l'on peut toujours continuer à planifier le développement. Les enquêtes permettent également d'estimer un certain nombre de besoins que l'on peut extrapoler. Mais, c'est toujours bien d'avoir un recensement, parce que le recensement est plus exhaustif. Le dernier recensement au Cameroun avant celui de 2005 date de 1987. La norme veut que l'on ne dépasse pas dix ans sans recensement, mais souvent, il y a des pesanteurs qui sont difficiles à contrôler. Mais nous avons besoin des résultats du recensement. D'après mes informations, il me semble que les résultats provisoires seraient déjà disponibles. Quels problèmes peut-on avoir lorsqu'on ne connaît pas le nombre exact de sa population ? S'il n' y avait pas de recensement, l'on se contenterait des estimations. Il y a les résultats de 1987 qui sont disponibles. A partir de là et moyennant quelques artifices démographiques que l'on connaît, on peut arriver à estimer le nombre de la population. Mais, il est plus utile d'avoir les résultats. L'absence des résultats ne doit pas être un obstacle majeur. Mais si l'on avait ces données du recensement, cela faciliterait beaucoup de choses, car nous serions plus proches de la réalité que lorsque l'on est dans des estimations. Qui prononce officiellement les résultas du recensement ? La personne habilitée à promulguer les résultats c'est le chef de l'Etat, parce que c'est lui qui est le commanditaire du recensement général de la population. Beaugas-Orain Djoyum |
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| CAMEROUN – POUVOIR ET CRAINTE DE DEMOCRATIE
Recensement général : Les résultats toujours attendus Écrit par Edmond Kamguia K. La Nouvelle Expression, Jeudi, 09 Avril 2009 04:22 La non-publication des résultats du troisième recensement général de la population et de l’habitat qui s’est déroulé en 2005 handicape lourdement le pays qui ne peut affronter avec efficacité les défis démocratique, politique, économique, social et culturel. Si des institutions internationales et partenaires économiques du Cameroun commencent à s’inquiéter du retard mis par le gouvernement dans la publication des résultats du troisième recensement général de la population et de l‘habitat qui s’est déroulé à travers le pays en novembre et décembre 2005, c’est parce qu’il devient de plus en plus compliqué de participer à un programme social ou de soutenir des projets de développement sans avoir à sa disposition des données statistiques démographiques récentes et fiables. A l’instar de l’Union européenne (Ue) qui vient d’émettre le vœu que les résultats du dernier recensement de la population et de l’habitat soient enfin publiés pour faciliter l’accès aux données à tous les utilisateurs des statistiques démographiques, nombre d’organisations et d’institutions dont des partenaires sociaux de l’Etat, le secteur privé, les départements techniques des différents ministères, les services public et parapublics ont besoin des résultats de ce recensement. Le retard dans la mise à disposition des résultats de ce recensement va se répercuter d’une manière négative sur la probabilité de leur utilisation. Le vieillissement des données leur fait perdre leur intérêt. Publiés trop tardivement, les résultats ne correspondent pas à la nouvelle réalité vécue sur le terrain. Or, ces résultats sont importants et mêmes essentiels pour bâtir des programmes et projets dans divers domaines dont ceux relatifs à la démocratie et le développement. Le Bureau central de recensement et des études de population (Bucrep) est pointé du doigt comme responsable du retard accusé dans la publication des résultats. Pour son absence de vision, sa lenteur ou sa mauvaise utilisation des ressources humaines. On peut aussi déplorer non seulement un financement parfois insuffisant et une mauvaise utilisation du budget des activités, trop centré sur les travaux préparatoires, le dénombrement et le traitement des données. L’analyse même des données et la publication des résultats sont des chapitres qui ne sont pas souvent pris en considération, avec le sérieux qu’exige un tel labeur. Des retards incompréhensibles En réalité, les responsabilités d’un tel retard s’étendent au-delà du Bucrep et concernent également le ministère de tutelle, la hiérarchie gouvernementale et la présidence de la République dont il faut questionner la volonté d’accorder tous les moyens financiers nécessaires permettant de finaliser le travail et la volonté de publier les résultats dans les meilleurs délais. Les prochaines échéances électorales sont-elles par exemple envisagées sans la publication des résultats de ce recensement général de la population et de l’habitat ? Au fil des décennies, on a l’impression que les choses ne s’améliorent guère. Le délai qui sépare le dénombrement de la population et de la publication des résultats est de plus en plus long. Pour le premier recensement général de la population et de l’habitat qui s’était déroulé en avril 1976, deux années au moins s’étaient écoulées. Ledit recensement est réputé jusqu’à ce jour avoir été pourtant le mieux organisé. En ce qui concerne le deuxième recensement général de la population et de l’habitat d’avril 1987, c’est après quatre ans et dans la perspective des premières élections pluralistes que les choses se sont dénouées. Certes, dans le soupçon et la contestation d’une bonne frange de l’opinion qui continue à s’interroger sur la crédibilité des résultats publiés. A propos du troisième recensement général de la population et de l’habitat de 2005, aucune information ne filtre sur la date de la publication prochaine des résultats qui sont pourtant très attendus. L’attente de ces résultats peut durer plus de quatre ans ou davantage. Nostalgie des plans quinquennaux Ce troisième recensement général aurait déjà dû être organisé depuis avril 1997. La réalisation du recensement général avait été repoussée. Le premier retard se situe donc d’abord à ce niveau-là. En additionnant les retards accumulés et en supposant que c’est en 2009 que les résultats seront publiés, cela fait au total douze ans de perdus. C’est autant d’années perdues pour offrir au Cameroun une base de données fiable et d’une importance capitale permettant au président de la République de procéder aux découpages électoraux véritablement objectifs et de planifier dans la sérénité le développement économique, social et culturel du Cameroun. En attendant la centralisation des données de l’état-civil et des statistiques sanitaires et scolaires. En vue de sa meilleure exploitation. Avec une certaine nostalgie, on se souvient des plans quinquennaux de l’ancien président Ahmadou Ahidjo qui ont donné une lisibilité, une visibilité et une crédibilité à sa vision du développement de notre pays. Dans des conditions pourtant difficiles du jeune Etat camerounais qui accédait à l’indépendance le 1er janvier 1960, le président Ahidjo est parvenu à donner une orientation à sa politique de développement dite autocentrée. Sur la base d’enquêtes par sondages. Des enquêtes régionales et urbaines avaient été menées à travers le territoire national entre 1960 et 1964. Enquêtes qui ont permis de faire des prévisions sur l’évolution de la population et de planifier le développement, jusqu’à l’organisation du premier recensement général en 1976. Population : Où sont passés les résultats du recensement de 2005 ? YAOUNDE - 29 MAI 2008 © Le Jour Combien sommes-nous ? Le chiffre exact de la population actuelle du Cameroun reste inconnu. Le nombre de conseillers municipaux du Cameroun à l'heure actuelle a été fixé de manière hasardeuse. Si l'on s'en tient à l'alinéa 2 de l'article 4 de la loi n°92-002 du 14 août 1992 fixant les conditions d'élections des conseillers municipaux, modifiée et complétée par la loi n°2006/010 du 29 décembre 2006, ce nombre aurait du s'appuyer sur le nombre total de Camerounais. Cette loi indique que "le nombre de conseillers municipaux par commune est fixé par décret du Président de la République sur la base du recensement officiel de la population précédant immédiatement les élections municipales". Or, il est difficile à ce jour de donner une estimation exacte de la population du Cameroun. Pourtant, un recensement général a eu lieu en novembre 2005. Ses résultats, pratiquement trois ans après, restent attendus. Interpellé par le député du Social Democratic Front (Sdf), Jua Paulinus, lors d'une séance de l'Assemblée nationale en juin 2007, Augustin Frédéric Kodock, alors ministre d'Etat en charge de la Planification, de la Programmation du développement et de l'Aménagement du territoire (Minplapdat), avait indiqué que la publication des résultats n'était plus qu'une question de temps. Avant d'estimer, à titre personnel, la population du Cameroun à 17 millions d'habitants. D'après certaines sources, toutefois, la population actuelle du Cameroun irait au-delà e ce chiffre-là. Celles-ci partent des chiffres des derniers résultats en date, et font une estimation par rapport au taux de croissance de la population camerounaise. Celle-ci est en effet passée d'un peu plus de 13 millions d'habitants en 1995 à un peu plus de 16 millions en 2003. Soit une évolution de près de trois millions en huit ans. D'après des statistiques de l'Iford, l'augmentation moyenne de la population camerounaise, tous les dix ans, est de 37%. Le premier recensement général de la population du Cameroun a eu lieu en 1976. Ses résultats ont indiqué que la population camerounaise était de près de 8 millions d'habitants. Le deuxième recensement, onze ans plus tard, fixait la population à 10,5 millions d'habitants. Pour le troisième, il a fallu attendre 18 ans ! Ce qui était déjà énorme. Et maintenant, les résultats restent attendus, 21 ans après le recensement précédent. Par Jules Romuald Nkonlak |
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