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| CAMEROUN - REPRESSION SUR LA PRESSE Affaire Germinal : Le procureur de la République requiert la culpabilité de Jean Bosco Talla Ecrit par Evariste Menounga LE JOUR 22-12-2009 Le représentant du ministère public a présenté hier ses réquisitions devant le Tpi de Yaoundé centre administratif qui videra son délibéré sur la culpabilité du journaliste le 28 décembre 2009. En prenant la décision de publier les extraits du livre « Sang pour sang », Jean Bosco Talla a délibérément choisi de violer les lois camerounaises. Il ne peut pas apporter la preuve des écrits de ce livre. Il a ainsi consommé avec délectation le délit d’outrage au président de la République en publiant ces révélations qu’il qualifie lui-même d’explosives à travers le journal Germinal, sans pouvoir apporter la preuve de l’homosexualité du chef de l’Etat. D’autant plus que, poursuit le procureur de la République, selon les termes de l’article 153 Cpp, la vérité du fait diffamatoire ne peut en aucun cas être rapportée en matière d’outrage. Pour toutes ces raisons, il y a lieu de déclarer Jean Bosco Talla coupable du délit d’outrage au président de la République, faits prévus et réprimés par les articles 74, 152 et 153 Cpp ». C’est par cette sentence que le procureur de la République, Awono Elele, a conclu ses réquisitions hier, lundi 21 décembre 2009, devant le Tpi de Yaoundé centre administratif siégeant en audience de flagrant et statuant en matières correctionnelles dans l’affaire ministère public contre Talla Jean Bosco. Pour orienter le tribunal vers la voie de la condamnation du journaliste, le représentant du ministère public accuse le prévenu d’avoir écrit que le chef de l’Etat était désireux, à l’occasion de l’un de ses discours, de ne pas offenser ses pairs en déclarant que l’homosexualité relevait de la vie privée et que c’était un homme à la rancune tenace. Le journaliste a, par ailleurs, selon le procureur, écrit que le chef de l’Etat aurait été victime des pratiques homosexuelles de la part des prêtres lors de son passage au séminaire et qu’il accède au pouvoir, accuse le procureur de la République, par un pacte homosexuel, par lequel Biya devait obéissance à Ahidjo. Des faits reconnus par le prévenu, qui, selon Awono Elele, aurait parlé d’opinion personnelle pour justifier ses propos sur le chef de l’Etat, qualifié de personnage rancunier. Poursuivant ses réquisitions, le procureur de la République demande au prévenu de lire la première de couverture du livre de Eballe Angounou, où il met en garde tout acquéreur de son livre. Celui-ci devrait éviter de se retrouver sur le territoire camerounais, où il pourrait être en danger. Un livre qui, selon le procureur de la République, aurait été publié hors du pays par son auteur. Et le représentant du ministère public de s’interroger : en publiant ces révélations explosives, que recherchiez-vous en tant qu’enseignant ? Ce n’était pas la paix, mais plutôt l’explosion sociale. Dans ses plaidoiries, Me Nouga, l’avocat de la défense, déclare d’entrée de jeu que ce procès est celui de la liberté. « Nous ne sommes pas libérés de l’emprise de l’Excécutif, raison pour laquelle nous ne respectons pas la loi de 1990 sur la communication sociale. Le pouvoir judiciaire a-t-il le sentiment d’assumer son rôle ? Il s’agit, dans le cadre de ce procès des opinions d’un individu, Eballe Angounou, qui déclare qu’il y avait un pacte secret entre Ahidjo et Biya, ce à quoi Germaine Ahidjo rétorque que c’est faux. Mon client a voulu que chacun se fasse une opinion en juxtaposant ces deux positions. Nous avons le droit, en tant que citoyen, de savoir ce qui est contenu dans ce livre. Que M. le procureur de la République me prouve qu’en rapportant les écrits de quelqu’un qui a été cité, qu’il y a une faute déontologique. Il n’ya pas d’outrage sans diffamation, sans menaces et sans injures. M. Eballe, plaide l’avocat, pense qu’il y a un pacte d’homosexualité et Talla dit qu’il s’agit de l’opinion de Eballe. Il n’affirme rien, ne fait pas une opinion. Il n’ya là aucune volonté de commettre une infraction et les règles professionnelles ont été appliquées. Mme Ahidjo dément les supputations de Eballe sur deux pages. Il n’ya pas d’injures, pas de diffamation, ni menaces : donc pas d’outrage. Il fallait, réitère l’avocat, établir la violation d’une règle déontologique et la volonté de faire croire à l’opinion les supputations de Eballe Angounou. Le délit d’outrage est une infraction désormais obsolète. Pourquoi devons-nous poursuivre pour restreindre liberté que Biya nous offre, alors que lui-même, ni une institution n’a pas porté plainte (absence de plainte soulevée comme exception par la défense, mais rejetée par le tribunal)?. Que l’outrage à chef de l’Etat cesse d’être un boulevard de la répression. Par conséquent, « M. le président, conclut Me Nouga, vous avez de quoi vous permettre de ne pas entrer dans la voie de la condamnation. Du point de vue factuel et légal, l’infraction n’est pas constituée. Notre client a eu raison de plaider non coupable et vous le déclarerez comme tel ». Délibéré sur la culpabilité du prévenu le 28 décembre 2009. Déclaration de Jean Bosco Talla Merci de me donner la parole, M. le président. Je dirais brièvement trois choses : d’abord, l’ouvrage de Eballe Angounou est en circulation sur le net, cela n’est pas de notre fait. De plus, au moment de prendre votre décision, M. le président, vous devrez vous poser la question suivante : votre décision encouragera-t-elle ou non le journalisme d’investigation ? Enfin, M. le président, au moment de prendre cette décision, ne perdez pas de vue ces propos de Paul Biya : désormais, au Cameroun, nul n’aura plus besoin de prendre le maquis pour exposer ses opinions. Traduction, nul ne doit plus être envoyé en prison pour ses opinions » |
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| SOUTIEN DE NDZANA SEME A GERMINAL, JEAN BOSCO TALLA ET DUKE ATANGANA ETOTOGO
J’ai appris avec beaucoup de douleur la série des événements suivants, qui frappent actuellement au Cameroun le métier du journalisme en général, et Germinal en particulier : - L’enlèvement de Jean Bosco Talla le 10 décembre 2009 à une heure imprécise - L’absence présumée lors de son kidnapping de la lecture à ce journaliste de ses droits, dont notamment celui de garder le silence en l’absence de son avocat, et celui d’obtenir un tel avocat de son choix - L’incarcération sans accusation précise de ce directeur de publication de Germinal Hebdo dans une cellule secrète du Secrétariat d’Etat à la Défense (SED) et/ou dans tout autre lieu - La présentation de ce co-auteur du rapport de CCFD-Terre Solidaire intitulé « Biens mal acquis. A qui profite le crime ? », publié en juin 2009 et dénonçant des biens mal acquis par Paul Biya, devant un juge - La délivrance expéditive par ce juge d’un ordre de détention provisoire - L’incarcération de cette victime de cette répression dans la prison de triste renommée, Kondengui de Yaoundé, connue comme hors de contrôle et surpeuplée, un lieu de mélange des prévenus avec les condamnés, un lieu de la loi de la jungle où les plus forts soumettent les autres comme leurs esclaves, allant jusqu’à les torturer ou sodomiser, parfois à mort, un mouroir où les corps des détenus abandonnés par leurs familles sont sortis tous les jours, et surtout un lieu où il cohabite avec les détourneurs des fonds publics sur la fortune desquels il a eu à enquêter, alors qu’il suffit d’une modique somme d’argent pour y faire liquider un détenu par un autre prisonnier - La recherche active par le SED du rédacteur en chef de Germinal Hebdo, Duke Atangana Etotogo, qui avait déja été par le passé torturé dans des circonstances similaires Le monde assiste ainsi, avec cette arrestation de Jean Bosco Talla et avec ces actions tendant à mener au musellement du journal indépendant Germinal Hebdo, au spectacle d’un Cameroun qui se révèle comme complètement le contraire de ce que Paul Biya et son système néocolonial au pouvoir présentent partout comme un « îlot de paix », « un véritable havre de stabilité et de paix, un cas rarissime dans le continent africain ». Le Cameroun présente au contraire « les éléments d’un cocktail explosif », à cause du caractère fondamentalement antidémocratique et dictatorial du régime de Paul Biya qui le gouverne. L’un des signes les plus flagrants d’un tel caractère antidémocratique est la répression des libertés individuelles reconnues comme des droits inaliénables de l’Homme par la Communauté Internationale, à travers particulièrement la persécution intimidatrice, violente et judiciaire, et le musellement de la liberté d’expression. Les pourvoyeurs d’assistance étrangère, les observateurs internationaux et les organisations de défense de la démocratie et des droits de l’Homme ont depuis des décennies demandé à Paul Biya de conformer les lois de sa république aux normes internationales, en éliminant les sanctions pénales. Le chef d’Etat du Cameroun s’y est toujours opposé, donnant ainsi la preuve de ce que toute dictature considère toujours les libertés individuelles en général, et la liberté d’expression en particulier, comme la plus grande menace de son maintien au pouvoir. Devant une telle situation où toutes les tentatives ont échoué pour transformer de système Ahidjo-Biya en un régime démocratique, et compte tenu du fait que la persécution, les intimidations, les menaces de mort et les attentats dont ce système m’a personnellement rendu victime en 1994 et 1995 sont les éléments d’un rouleau compresseur identique à celui lancé contre Jean Bosco Talla, Duke Atangana Etotogo et l’équipe rédactionnelle de Germinal aujourd'hui, je soutiens sans réserve les patriotes camerounais de Germinal, qui montrent chaque jour leur fidélité au métier de journalisme, qui n’est rien d’autre que celui des « watchdogs », celui des chiens de garde dressés contre les maux de la société. Je félicite ces véritables journalistes camerounais, aujourd’hui persécutés par une dictature honteuse. Je leur demande de maintenir jusqu’au bout - qu’est la Victoire de la Démocratie sur la dictature néocoloniale - leur courage et leur détermination sans faille à servir le public camerounais avec les révélations, les analyses, les questions et les leçons dont les citoyens sont assoiffés. C’est le lieu ici de condamner ici les pires ennemis du journalisme ; ceux là qui se sont spécialisés dans l’art des coups de poignards dans le dos. Confondant compétition et participation aux crimes contre les journalistes, ces complices du régime néocolonial se vantant à travers le monde comme des défenseurs de la presse indépendante, ont encore une fois sorti leurs griffes assassines, cette fois-ci contre Jean Bosco Talla et Germinal. C’est ainsi qu’un « confrère » de Germinal ne s’est pas gêné ces derniers jours de qualifier l’article de Germinal, soupçonné d’être la cause de l’enlèvement, de « (très dangereuses) allusions sur l’éventualité du caractère homosexuel de l’actuel chef de l’Etat». Collant à Jean Bosco Talla l’étiquette d’un « journaliste connu pour son activisme débordant », dont l’objet consiste notamment à « accabler à tort ou à raison, Paul Biya et son entourage » par des « dossiers », dont « celui qui fait polémique aujourd’hui », ce « confrère » s’est constitué sans réserve comme le premier avocat défenseur du plaignant, qui est Paul Biya, dans une affaire contre Jeans Bosco Talla, Duke Atangana Etotogo et Germinal dont la plainte n’est même pas encore connue. Je fus victime de tels coups de poignard dans le dos de la part du même « confrère » en 1994, lors d’une incarcération dans un lieu secret. Le « confrère » me présenta alors aux lecteurs comme un journaliste faisant preuve d’une « hargne indicible » contre Paul Biya, comme un Beti pris dans une supposée guerre des clans Beti. Parce que, soutenait le « confrère », j’aurais d’abord travaillé pour « le clan de Kribi » avant de changer de camp et travailler pour « le clan de Nsimeyong ». Une telle création de rumeur rendait le service inestimable que la dictature souhaitait : celui de voir un journal de l’opposition accabler sa proie devant le public, afin que ce public donne raison au régime persécuteur et abandonne cette victime dans son malheur. Il n’y a pas plus grand crime que celui d’un journaliste qui accable, accuse et juge coupable un autre journaliste au moment ou ce dernier est entrain d’être persécuté par un régime dictatorial. L’Histoire ne manquera pas de juger le régime néocolonial de Paul Biya, mais également ses complices aujourd'hui tapis comme des « opposants » dans la presse, l’opposition et la société civile ; alors qu’au contraire de tels complices de la dictature n’hésitent pas à rendre des services inestimables au pouvoir. Les réponses tribalistes données à la stratégie du tribalisme, connue comme le moyen par excellence de conservation du pouvoir autant par l’administration coloniale que par son successeur néocolonial sous Ahidjo et sous Biya, seront un jour examinées par le Peuple camerounais afin de déterminer les responsabilités de chacun dans la prolongation de la dictature sanglante de Paul Biya au pouvoir depuis 1992. Le cas de la persécution de Jean Bosco Talla et de Germinal sera à coup sûr une preuve de ce que même les liens du sang tribal n’arrêtent plus ceux qui, le jour chantent la défense des libertés, notamment celle des journalistes camerounais, mais la nuit aident la dictature de Paul Biya à persécuter ces mêmes journalistes. Ndzana Seme Editeur The African Independent Inc. 19 Décembre 2009 L’article atypique du « Confrère » Répression: Comment le pouvoir veut museler Jean Bosco Talla Par jean.francois.channon | Lundi 14 décembre 2009 | Le Messager lISEZ SUR NOTRE PAGE ANGLAISE CAMEROON – STATE PERSECUTION Independent journalist arrested and jailed for “Outrage to the Head of State” |
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| REPORTAGE ATYPIQUE D’UN CONFRERE DE GERMINAL
SUR L’ARRESTATION DU DP JEAN BOSCO TALLA Répression: Comment le pouvoir veut museler Jean Bosco Talla Par jean.francois.channon | Lundi 14 décembre 2009 | Le Messager http://www.lemessager.net/?p=4084 Jusqu’à hier 15h, au moment nous mettions sous presse, malgré toutes les démarches entreprises, il ne nous a pas été possible d’entrer en contact avec notre confrère Jean Bosco Talla. Son téléphone portable était toujours fermé. Et du côté de son domicile, il répond depuis aux abonnés absents. Des sources proches des services de sécurité, on apprend que le directeur de publication du journal Germinal est détenu dans une cellule de la brigade de recherche de la gendarmerie nationale basé au niveau du Secrétariat d’Etat à la défense, au quartier du Lac. On ignore jusque-là dans quelles conditions il y est arrivé. C’est dans l’après midi du jeudi 10 décembre 2009 que la rumeur de sa disparition a commencé à circuler à Yaoundé. Selon nos informations, Jean Bosco Talla, enseignant de français formé à l’Ecole normale supérieure de Yaoundé, et converti au journalisme au début des années 90, a été aperçu pour la dernière fois au siège de l’ONG Nouveaux Droits de l’Homme en fin d’après midi du mercredi 9 décembre 2009. Membre actif de la Plate forme de la Société civile camerounaise, il s’y était rendu comme d’habitude pour rencontrer le Dr Hilaire Kamga, le patron de Nouveaux Droits l’homme. Ils avaient alors discuté comme depuis un temps, « des conditions d’alternance politique au sommet de l’Etat au Cameroun en 2011 ». Mais aussi de la dernière édition du journal Germinal que Jean Bosco Talla dirige. Après quoi, les deux amis se sont séparés. On se souvient en tout cas que dans la dernière édition du Journal Germinal, le directeur de publication et son équipe avaient entre autres, réalisé un dossier sur « Le pacte secret entre Ahmadou Ahidjo et Paul Biya ». La Une du journal portait justement sur ce dossier, avec au bas de la page le titre interrogatif portant sur « Paul est-il homosexuel ?». Des sources dignes de foi affirment que cette édition du journal dès sa sortie aurait beaucoup ému au sein du sérail politique camerounais. Notamment au sommet de l’Etat. Certaines hautes personnalités de la République que Le Messager a approchées en parlaient alors avec une colère difficilement contenue, parlant de « provocation et d’outrage au chef de l’Etat ». Jean Bosco Talla qui est fortement soupçonné par le pouvoir d’avoir participé à la rédaction du très polémique rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire) qui avait traité des « biens mal acquis de Paul Biya », semble être depuis dans l’œil du cyclone des tenants du pouvoir en place. Le dossier de Germinal sur « le pacte secret entre Ahmadou Ahidjo et Paul Biya », avec les (très dangereuses) allusions sur l’éventualité du caractère homosexuel de l’actuel chef de l’Etat, semble alors être « une provocation de trop » pour les thuriféraires du régime en place au Cameroun. Le dossier publié par Germinal est basé sur des révélations d’un certain Ebale Angounou, ce jeune homme tonitruant (aujourd’hui décédé) qui avait défrayé la chronique au début des années 90 pour s’être fait passé pour « le jeune ami de Paul Biya ». Ebale Angounou qui avait alors révélé être agent du pouvoir dont la tâche consistait à traquer les opposants au système au début des années 90, avait avant sa disparition, étalé le régime dans un opuscule aujourd’hui retiré des ventes, et où il affirmait entre autres dans des témoignages à la fois troublants et redoutables que les tenants du pouvoir au Cameroun depuis l’indépendance de notre pays se livraient à des pratiques peu orthodoxes, dont celle de l’homosexualité. Ebale Angounou affirmait ainsi que la transmission du pouvoir au sommet de l’Etat au Cameroun s’opérait depuis l’indépendance par une initiation à l’homosexualité. Il évoquait le cas du feu président Ahmadou Ahidjo et du président Paul Biya. Jean Bosco Talla a donc choisi dans la dernière édition de son journal de remettre à ses lecteurs, dans un style qui lui est propre, ces témoignages d’Ebale Angounou. Et en y consacrant aussi des commentaires précis sur le sujet. Joint au téléphone jeudi dernier, le Dr Hilaire Kamga qui affirmait n’avoir plus eu des nouvelles du directeur de publication de Germinal disait être très inquiet pour la sécurité de ce dernier. Surtout que depuis le mois de juin 2009, après l’affaire du CCFD-Terre solidaire relative « aux biens mal acquis de Paul Biya », Jean Bosco Talla qui indique une autre source qui lui ait proche, recevait constamment des menaces de mort anonymes. Finalement, le DP de Germinal a été localisé le vendredi 11 décembre 2009 du côté de la gendarmerie du Lac à Yaoundé. Il reste qu’il est difficile pour l’instant de dire avec le maximum de précisions si les conditions de l’interpellation du journaliste ont été régulières, ou alors s’il s’est agi effectivement d’un enlèvement comme des sources concordantes semblent l’affirmer. En l’état actuel de nos investigations, on ignore exactement ce qu’on reproche au directeur de publication du journal Germinal. Toutefois, on peut imaginer comme nous l’avons dit plus haut que le contenu de la dernière livraison de son journal est entre autres la cause de sa présente détention. Si tel est le cas, le pouvoir en place semble vouloir écraser ce journaliste connu pour son activisme débordant au sein de la société civile camerounaise, contre les tenants du pouvoir en place, et principalement l’actuel président de la République du Cameroun. Les dossiers de Germinal, qui est un journal d’analyses, d’investigations et d’opinions semblent très souvent accabler à tort ou à raison, Paul Biya et son entourage. On pense notamment au dossier réalisé il y a quelques mois sur la fortune de l’actuel chef de l’Etat camerounais, ou encore celui qui fait polémique aujourd’hui. Nos sources indiquent que Jean Bosco Talla qui a été mis en détention dans des conditions qui violent largement le Code de procédure pénale, et la loi sur la communication sociale au Cameroun, pourrait être présenté au procureur de la République dès ce jour. Si ce n’est dans la semaine. Avec un double chef d’accusations, à savoir « outrage au président de la République et propagation de fausses nouvelles ». Pour préparer l’opinion à cette option, le directeur adjoint du cabinet civil de la présidence de la République, l’ancien journaliste Joseph Le, a commis un long article qui accable Jean Bosco Talla et publié vendredi dernier respectivement dans le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, et le quotidien privé Le Jour. |
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