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CAMEROUN Manipulation politique préélectorale La rumeur sur le décès de Paul Biya est le fait politique majeur de 2004. Par Patrick Owona , Le Quotidien Mutations, 07/01/2004 La monotonie due au fade monopole du Rdpc a plongé l'opinion dans l'indifférence. L'indifférence, c'est le sentiment qui a prévalu après l'émoi des premières heures de la rumeur galopante. On pouvait aussi voir la crainte. Celle de se retrouver avec un pays exsangue (comme s'il ne l'était pas encore), en proie à des joutes de palais. Aussi, les spéculations allaient bon train sur l'identité de l'homme le plus à même de prendre les rênes du pays. Le scénario catastrophe était écarté sans être ignoré. Il faut bien préciser qu'il existe un certain ressentiment mieux un rejet généralisé de la personnalité constitutionnellement autorisée à assurer la vacance. Mais cela nous importe peu ici. Il est plus intéressant de se recentrer sur l'origine même, la source d'une telle désinformation; les auteurs et bien sûr les enjeux. Une minorité de personnes sympathisantes ou non du parti au pouvoir a cherché et trouvé les auteurs, d'une aussi méprisable attitude visant à effrayer la chronique, dans les rangs de l'opposition. Ces personnes ne parlaient que pour elles, tant mieux ! La politique étant par essence l'art des gentlemen, seuls les frustes aux idées stériles peuvent songer un seul instant à jouer un poker aussi dérisoire que contre-productif (effet boomerang). Il est en effet évident qu'une telle annonce aura pour effet immédiat, au nom de la solidarité suscitée par l'esprit grégaire des Africains, de créer un halo de sympathie compatissante qui contribuera à décider les indécis, rackettera les votes blancs des sceptiques et recrutera même dans les maigres rangs de l'opposition officielle, dans le but de rendre un ultime hommage au défunt dont l'épouse affligée ne laissera personne indifférent. Au-delà, naîtra le mythe Biya: le faux ingénu qui tranquillement mais sûrement s'est élevé pour être le timonier du Cameroun depuis 22 ans. Celui qui a fait du Cameroun un modèle de paix et de tranquillité dans un océan en colère, le père de la démocratie était en voie d'éradiquer la mal gouvernance par la a "mise en place progressive" d'institutions consacrant l'état de droit. "L'homme lion ", "l'homme du 6 novembre", "le renouveau" et tutti quanti. Un véritable pathos qui donnera envie d'écraser une larme. L'opposition camerounaise, fût-elle moribonde et fantasque, peu ambitieuse et aussi désorganisée qu'inconséquente ne peut verser dans un tel ridicule, une telle gaucherie. Nul (l'Homme moderne) ne peut faire sa voie dans un sentier troglodytique, même pas la trisomique opposition de ce pays, qui pensons-nous est en phase de maturation politique. Mais qui donc pourrait être le coupable de tels "zappings politiques" au lieu de donner un nouvel élan à notre embryonnaire démocratie rescapée de multiples et continuelles tentatives de fausses couches ? Qui donc est le ténébreux auteur d'une tactique dépassée et complètement impropre à notre temps ? Seuls des bronto-conservateurs seraient prêts à faire preuve d'un tel génie machiavélique, tant il est vrai que ce qui ne peut faire les affaires de l'opposition arrange le pouvoir. L'un des spécialistes du Cameroun, François Soudan (JAI), à l'introduction d'un dossier sur le pays de Roger Milla annoncera sans sourciller: "Bienvenus au pays des Lions indomptables, de la rumeur et des brasseries triomphantes" ! Voilà résumée "l'Afrique en miniature". On ne peut faire mieux. Dans un autre dossier sur les réseaux parallèles, le pouvoir de l'ombre (du reste véritable pouvoir), "l’Express" dans une sortie d'Avril 2004, montrera que la rumeur est la source officielle au Cameroun, toute rumeur au berceau de nos ancêtres, est vérité. Cette officielle source officieuse de communication gouvernementale internationalement reconnue est là pour nous rappeler son rôle :bouclier d'une rare efficacité. La rumeur permet d'informer indirectement, et de manière informellement officielle, dans le but de faire passer une pilule assez amère. Ainsi arrive-t-il très souvent que l'on se retrouve installé dans un nouvel ordonnancement juridique sans annonce officielle et en violation flagrante des droits des citoyens et de ceux des électeurs. Ce que son maître ( François Mitterrand) a constamment éludé et ignoré, BIYA en a fait une marque déposée. Son gouvernement exploite à perfection la politique du fait accompli. La rumeur qui est celle qui nous préoccupe ne vise pas à nous informer dans une situation de fait accomplie, de drogue douce par doses infinitésimales, Mais cherche à nous renseigner sur l'identité et les sombres desseins de son auteur. Après cet exposé sommaire sur la question de la rumeur au Cameroun, notre préoccupation semble dès lors peu exaltante tant la réponse à notre questionnement apparat comme un truisme. Comme la vérité, elle semble jaillir pour s'imposer d'elle même: seul le pouvoir a intérêt. Les objectifs d'une telle perfidie sont connus. Leur dénominateur commun est l'entrée officielle, après moult tractations, du camp présidentiel en campagne. Un président loin d'être rasséréné après un long et improductif septennat. Long du fait de sa position triomphalement monopolistique dès octobre 1997. D'où l'apathie, la suffisance et l'attentisme qui en résulteront. Un septennat sans saveur. Au final, c'est le prix de la volonté égocentrique de s'accrocher au pouvoir et de l'exercer seul. Rien n'a vraiment changé au Cameroun. Ceux qui étaient dans l'expectative d'un Cameroun nouveau (constitution de 1996, initiative Ppte, Omc, Agoa etc.) sont restés sur leur faim. Comme quoi, la démocratie qui est associée à la prospérité ne s'accommode pas de l'immobilisme et de la constipation intellectuelle. En fraudant démocratiquement en 1997, Paul Biya est aujourd'hui sanctionné par la démocratie ( un mandat trop long). Nos gens avaient en eux les germes de leur propre destruction. On comprend dès lors pourquoi il est indispensable d'appréhender les raisons et l'enjeu d'une stratégie désespérée de désespérés. Le drame (force majeure) apparaît comme la seule tactique capable de sauver un régime aux abois et dont la stratégie est de rempiler. Mais la force majeure provoquée a pour effet immédiat, en droit des contrats, la répression civile du coupable de la manœuvre dolosive. En politique, le peuple doit tout simplement rester lucide face à cette activité politicienne aux relents soporifiques ; car les faits historiques sont têtus : * Le gouvernement du Rdpc a mené le pays dans les flots agités de la privatisation avec pour seul but la désétatisation, le glas de l'Etat - providence. Ici on déplore la braderie (moyennant commissions) des entreprises du secteur public. Là c'est l'échec de cette politique menée à la hâte sans tenir compte véritablement des intérêts des populations habituées au service public. Le débat sur le service public et la privatisation qui a lieu aujourd'hui en France se pose avec acuité au Cameroun. Il existe une résistance de l'opinion quant à la désétatisation dans les secteurs prioritaires tels l'électricité, I'eau, le gaz et même les transports aériens. Les employés d'EDF scandent par exemple que "l'électricité, si c'est privatisé, ce sont les usagers qui vont payer ". La cession d'une partie du capital d'Air France en mai denier s'est opéré dans un climat de tension l'Etat ne voulant pas du point de vue juridique perdre le contrôle de la société, on a conclu a une privatisation de fait. Ainsi le libéralisme prôné chez nous ne fait pas recette en occident. En France comme en Allemagne l'Etat reste maître de l'économie. Au Etats-Unis l'article 11 de la loi sur le commerce met les sociétés américaines à l'abri de la faillite et de la concurrence étrangère. Chez nous, on nous force de "laisser faire la main invisible du marché" comme le préconisait il y a des siècles Adam Smith. On est forcé de s'interroger à la suite de J. Noumsi de "l'Effort" (N° 331 du 26 mai 2004) : "l'Etat lutte-t-il contre la pauvreté ou contre les pauvres ?". On peut alors dire que cette politique menée à la hâte ne tient pas compte des populations habituées au service public. Le ressentiment est plus grave lorsqu'on se rappelle que c'est pas faute pour les populations d'avoir payé leurs redevances ou leurs impôts, mais c'est que, ceux-ci allaient directement dans les poches des gestionnaires au mépris des principes élémentaires de manipulation des finances publiques. Le professeur Fabien Eboussi Boulanga ne se trompe pas quand il affirme que " le Cameroun n'est pas un pays pauvre en soi " * L'injustice sociale ou la faillite des politiques de redistributions, voire même l'inexistence de volonté politique réelle visant à repartir équitablement les produits de la croissance. Les riches sont de plus en plus riches, alors que les pauvres s'enfoncent dans les abysses de la paupérisation. * Le caractère inique de la justice, l'accessibilité aux institutions judiciaires demeure une gageure. La gratuité de la justice est, au Cameroun, inscrite à l'article du mythe. La justice n'est qu'une histoire de riches. Et même quand on réalise l'exploit de se retrouver devant un juge, il faut "bien parler" . La conviction du juge ne se fonde plus à partir de la confrontation des prétentions des parties et leur rapport avec droit, mais plutôt sur le rapport de leurs avoirs disponibles. * L'indiscipline des agents de forces de l'ordre qui conduit à des abus consacrant ainsi la loi du plus fort. * L'insécurité exponentielle. Les hors la loi imposent une loi martiale respectée même par les forces de la sécurité publique. En rase campagne, on assiste à de véritables invasions barbares: razias, pillages, terre brûlée... * Le délaissement des jeunes, I'absence d'emplois et l'inexistence de politiques efficaces pour lutter contre. Le FNE excelle dans le népotisme et l'incohérence de ses propres politiques. Les rares personnes qui ont un travail héritent d'un statut précaire. L'emploi n'est pas sécurisé, il est en proie aux excès de l'employeur. Les travailleurs exercent sous la contrainte au mépris des conventions collectives et de la législation. Pas de sécurité dans l'entreprise, pas de sécurité après. A la mort ou à la retraite, ils ne bénéficient pas ( ou leurs ayants cause) des vertus de la solidarité et de la prévoyance sociale ( en fait les employeurs véreux, avec la complicité des inspecteurs du travail, n'immatriculent pas leurs employés). Licenciés même abusivement, ils ne bénéficient même pas d'un certificat de travail et les indemnités dues ne sont jamais versées du fait de la complexité et de la lenteur des procédures, les trafics d'influence et les abus d'autorités ont pour effet de les décourager. Au Cameroun, la superstructure politique et l'infrastructure économique sont bonnet blanc, blanc bonnet. Le cadre du parti grâce à une panoplie de moyens peu orthodoxes (trafic d'influence notamment) devient très vite grand commerçant en même temps qu'il exerce une fonction politique (membre du gouvernement ou élu). Cela nous permet de dire avec le Dr Jean Tobie Hond (Abrégé de droit constitutionnel et institutions politiques tome 1/fasst Editions 2002) qu'il existe au Cameroun une crise de l'élite. Le professeur Ambroise Kom ne dit pas autre chose lorsqu'il affirme avec force de preuves que "l'élite tropicalisée est intellectuellement et scientifiquement naine " car "... sans légitimité... (elle) pille les ressources collectives et consomme des articles qu'elle ne produit pas " (Mutations du vendredi 28 mai 2004 N°1159). * Les réformes annoncées comme prioritaires en 1997 ne sont pas réalisées jusqu'à ce jour, notamment les institutions novatrices. Ainsi en est-il du Sénat, de la cour constitutionnelle et même la cour des comptes dont-on attend toujours le démarrage effectif de ses activités. Et comment pourrait-on éluder la décentralisation régionale qui est restée au stade de la pensée, de l'intention. Signalons au passage que les communes, les communautés urbaines et ce qui fait l'objet de la décentralisation technique (services) sont des acquis au Cameroun depuis les 1ères années de l'Etat indépendant. Il s'agit de soustraire au parti-Etat ( qui a trop souvent tendance à faire siens des acquis des autres) ce précieux argument de propagande politique. Les espoirs formulés ailleurs valent aussi pour la Bourse de Douala (DSE). Pompeusement créée pour faire contre-poids à la bourse régionale des valeurs mobilières de Libreville (BRVM), la DSE, très tôt orpheline (passé le laps de temps du chauvinisme exalté), n'a même pas eu le temps d'un souffle de vie, qu'elle gisait déjà dans les abîmes de l'oubli et de l'incurie. Celle que les partitocrates voulaient présenter comme la preuve irréfutable de l'hégémonie du Cameroun au pays des aveugles (Cemac) n'est plus aujourd'hui que la pièce à conviction du crime de faiblesse d'un "géant aux pieds d'argile", un géant un peu rigolo qui est dans la lune. On peut aujourd'hui, sans risque de recevoir une gifle, se féliciter que cette bourse se trouve ailleurs qu'ici; car, pareille absence d'humilité aurait pu conduire au black out économique de la Cemac. Que dire (dans ce contexte) de la Copax ? Nous préférons l'ignorer car émanation au propre comme au figuré de quelque conscience épileptique. • Il y a aussi une politique sanitaire sans tête ni queue, du moins assez cacophonique et folklorique pour conduire à l'inefficacité. Surtout à l'heure où la pandémie des siècles génère beaucoup d'argent pour le pseudo Cnls qui au lieu de s'atteler à éradiquer le SIDA prône l'éradication des scientifiques et des chercheurs. En vrac, il y a aussi la crise de la famille au Cameroun, I'abandon des cas sociaux avérés, les délestages, les déraillements etc. Cette liste des maux pouvant conduire à l'apoplexie est loin d'être exhaustive. Toutes ces raisons poussent donc à penser qu'en provoquant la fausse rumeur de sa mort, le prince souhaite rebondir en politique, créer le prétexte d'un retour triomphal sur le devant de la scène en occultant du même coup toutes les questions qui contribuent à ternir son image. Il souhaite focaliser toute l'attention sur sa seule personne et rien que sur sa personne, dans une forme de culte quasi divin car (et il le sait bien) au Cameroun on ne scrute pas les faits, les réalisations, avant tout on scrute l'Homme. Si l'on insiste sur la personne, c'est qu'on parle de la fausse victime. Paul BIYA s'auto flagelle et passe pour la victime d'atteintes afflictives. Ainsi, il dompte l'opinion, les électeurs (a ces veaux " selon De Gaulle) pour les retourner contre une opposition qu'il ne nomme pas, faisant ainsi de l'opposition le bouc émissaire d'un jeu macabre. Il sait aussi ceci (car il l'a appris de son guru): " Plus on cherchera à salir l'image présidentielle, plus l'opinion lui sera favorable " (Jacques Seguela in Les 9 vies de François Mitterrand chap.5 L'homme d'Image). Ainsi, I'homme veut rejaillir tel Jésus ressuscité à ses disciples. Pour l'histoire, on notera que ce sera la 2nde fois. D'abord en 1984, la journée du 06 avril fût marquée par l'inquiétude collective sur sa survie. Cette épreuve providentielle (car c'est sûr il n'était pas fait pur durer) pour son régime a grandi l'homme en le confirmant bien malgré lui comme l'élu. Nul doute, c'est en s'inspirant de l'expérience du passé que le coup du week-end dernier a été tenté. On le sait, I'homme a la notion maladive du temps et donc, ne fait rien au hasard. Tout comme il est clair que cette sombre mascarade n'est pas le fait du hasard et encore moins de l'Opposition. Une autre vérité, et pas la moindre, s'impose : Pour l'Opposition, un Biya mort est plus dangereux qu'un Biya vivant. Certains pensent qu'un homme aussi superstitieux ne pourrait jamais mettre sa vie en jeu ou alors jouer avec. C'est proprement rire de ceux qui passent des assurances sur leur vie. Qui plus est, en politique politicienne, existe-t-il vraiment une morale ? nous sommes loin de le penser. Et pour cause, l'homme du 6 novembre qui a lu et relu Machiavel ( in Le Prince) sait une chose (credo de ceux qui s'accrochent sans honte au pouvoir) : "... En politique tous les moyens sont bons quand ils sont efficaces" (J.P Sartre, Les Mains Sales). Une fois au bas de la passerelle, devant une foule de sympathisants venue comme il l'a espéré. se rendre compte (tel Thomas ) que le Roi n'est pas mort, et vive le Roi ! Et dans leurs oreilles, rendues indélicates par ce que Tchakkotine qualifie de "viol des foules", des Ave Chantal... pardon des Ave Maria distillés par les thuriféraires de la voie de la débâcle... pardon, "la Voix du Cénacle". C'est là une fresque hagiographique sans nul autre pareil dans une démocratie. La parfaite synchronisation! "Le meilleur choix", "l'homme lion" n'aura plus qu'à délivrer son message dans une sorte d'imitation burlesque du grand De Gaulle lui-même. Peut être entendra t-on ceci : "Camerounais(es), mes chers compatriotes, je vous remercie... votre sympathie me va tout droit au cœur" ; peut être "Yaoundéens... je vous ai compris et vous remercie, je répondrai en temps opportun à votre appel, celui du Cameroun profond "; et pourquoi pas : "je vous verrai" ! Et même s'il ne dit rien, cela participe aussi de la dramaturgie politique dont parle le professeur R - G Schwartzenberg dans "L'Etat Spectacle". Avec Paul Biya, on assiste à un Mittérandisme tropicalisé. En effet, à la suite de son maître, BIYA a compris que le silence c'est le pouvoir, se taire c'est aussi parler et convaincre. La parcimonie verbale devient chez lui une rhétorique. Cette manière habile de mettre le drame au service de la politique, nos soit-disant intellectuels (voir Prof. Ambroise Kom, Op. cit), afin de grandir et de quitter leur état de nanisme précisément intellectuel, peuvent s'atteler à l'étudier avec toute l'objectivité recommandée dans les milieux scientifiques. Il est aussi intéressant de chercher à comprendre pourquoi un régime qui n'a jamais cherché à démentir une rumeur ("le démenti... ne fait qu'authentifier la fausse querelle qu'on vous porte. " Mitterrand, Op. cit) s'attèle à le faire toutes griffes dehors (Crtv). Cela montre justement combien on désigne un coupable qu'on ne nomme pas et que l'on ne présente pas (peut-il seulement le faire ?) en se faisant passer pour une victime. Le peuple n'aura plus qu'à se saisir d'une Opposition goguenarde ainsi jetée en pâture. En attendant que la raison nous permette de comprendre toutes ces choses, il faudrait toujours avoir en tête cet avertissement de Pierre Lenain : " On vit dans un monde piégé où les apparences sont trompeuses, où les discours sont ouvertement des manipulations, où les règles du jeu politique sont blaisées, les informations suspectes" (in La Manipulation Politique, Editions Economica, Paris) |
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