ANGLAIS PORTUGAIS   ESPAGNOL  SWAHILI   ARABE
RUSSIE
Pour leurs bourses détournées par l’ambassade, les étudiants camerounais entendent manifester lundi
Par Jean Henri

Moscou, 08/19/2004 –  Les étudiants camerounais en Russie entendent manifester leur désespoir devant l’ambassade du Cameroun lundi prochain. Leurs griefs : leurs bourses pour l’année académique 2003-2004 ont été détournés par le Minsup, l’ambassadeur et son personnel de Moscou.

Après deux tentatives ces derniers mois de négocier avec l’ambassade, où ils ne recevaient que de fausses informations pour les dérouter, telles que le ministère camerounais des finances bloquerait cet argent des bourses, les étudiants aux abois ont obtenu des renseignements de leur ministère de tutelle et n’entendent plus se laisser faire cette fois-ci.

Des sources même de cette ambassade indiquent que le dernier détournement, qui fait actuellement déborder l’eau du vase, aurait eu lieu en début Juin dernier, au moment où la rumeur sur la mort de Paul Biya courrait.

L’ambassadeur Ngongang Wandji et le personnel de l’ambassade, endettés jusqu’aux dents et jusque là résolus à survivre grâce à la rapine que leur rapportent les feymen qu’ils couvrent, avaient sauté sur les caisses de l’ambassade, qu’ils avaient proprement pillées, y compris les bourses des malheureux étudiants.

Maintenant, pris dans leur propre piège, l’ambassadeur et son personnel sont incapables de rembourser et de justifier la fuite. Ils passent leurs temps à raconter aux étudiants que l’ambassade est endettée. En même temps, la direction de l’assistance des étudiants à l’étranger affirme  avoir  envoyé l’argent.

Ces étudiants sont d’ailleurs menacés par l’ambassade du Cameroun de suspension de bourse au cas où  l’un parmi eux essayerait de « livrer la mèche ». Comme disent les étudiants ici: « gars, le Mboa ci est trong ».

Interrogée il y a quelques jours au téléphone quant à savoir pourquoi leurs bourses ne sont toujours arrivées à Moscou, Mme Eno, directeur de l’assistance estudiantine au ministère de l’enseignement supérieur, apparemment toute étonnée, leur a répondu que son ministère avait bel et bien transféré six mois de leurs bourses à l’ambassade du Cameroun de Moscou depuis Mai 2004.

La  coopération russo-camerounaise offre des bourses d’études aux étudiants Camerounais. C’est ainsi qu’on trouve plus de  150 boursiers Camerounais en Russie.

Au départ, les deux parties prennent des engagements. C’est ainsi que le Cameroun, depuis les années 1996, s’était engagé à assurer le transport des étudiants au début et à la fin des  études, à payer l’assurance maladie, à payer un complément de bourse d’une valeur de 100.000 francs cfa par étudiant, à accorder des aides aux étudiants en difficulté.

La partie russe, quand à elle, s’engageait à ne s’occuper que des études, de l’hébergement, de la sécurité des étudiants. Malheureusement, dans cette drôle d’alliance, les étudiants payent les pots cassés. Car, ni l’une ni l’autre partie, ne remplit ses engagements.

Les étudiants sont abandonnés à eux-mêmes. L’insécurité au sein des universités russes est totale. C’est ainsi qu’on enregistre chaque année des pertes en vies humaines, des agressions physiques, l’injustice.  Les étudiants  versent des sommes d’argent aux universités, dont ils ne comprennent pas l’importance. On évoque des frais d’électricité et autres. Or dans le  contrat, ces frais sont entièrement versés aux universités par le  gouvernement russe.

Les autorités camerounaises font semblant de ne pas être au courant de toutes ces manigances, ou alors ils sont incapables de défendre les closes que le  Cameroun a avec l’Etat Russe.

Après les années 1990, avec l’arrivée du capitalisme en Russie, on assiste à une sorte de capitalisme à outrance, incontrôlé. Car, au jour le jour, les prix des articles augmentent sans cesse, le niveau de vie dans les villes, telles Moscou ou Saint-Petersburg, est devenu très élevé.

Des organismes internationaux plaçaient Moscou, il y a un an, en deuxième position des villes les plus chères du monde. Ainsi donc, les 188 dollars (cent milles francs cfa) que perçoivent les étudiants camerounais deviennent tout simplement un grain de sable dans la mer.

Comparé à d’autres pays Africains - tels la Côte d’Ivoire, l’Angola, la Guinée Equatoriale, la Lybie, et tous les pays du Magreb, l’Afrique du sud, le Nigéria, le Kenya, où les étudiants perçoivent des bourses allant de 450 à 2.500 dollars US par mois, on comprend que les 188$ US perçus  par les étudiants camerounais sont insuffisants.

Et lorsqu’on sait qu’en Russie, il est interdit aux étudiants  étrangers de travailler dans quel que job que ce soit, l’on peut imaginer à quoi ils sont exposés du coté de la Russie.

Et c’est ce qui explique malheureusement l’expansion de la  « feymania » en Russie, un phénomène devenu très prisé dans notre pays le Cameroun. Certains se livrent à la drogue, la prostitution,  le striptease, la sodomie et toutes sortes d’oeuvres peu honorables.

Si le sort des frères de nos « complices » de Ngoa Ekele en Russie est invivable, c’est surtout dû au retard de payement de leurs bourses. Le gouvernement camerounais  avait opté pour un payement à travers l’ambassade du Cameroun à Moscou, afin que leurs plans  de feymania soient menés à bien.

Les autorités du Minsup à Yaoundé, à travers la direction de l’assistance des étudiants, dont le directeur Mme Eno, ainsi que l’Ambassadeur André Ngongang Wandji, détourneraient ces bourses au détriment des étudiants.

Le réseau de l’ambassade de Moscou et du Minsup place ces sommes dans les banques parisiennes. Après une durée d’environ 9 mois, lorsqu’ils se rendent comptent que les étudiants ont déjà perdu tout espoir, ces criminels s’entendent et peuvent, au compte-goutte, payer la première tranche. Le payement s’effectue en 3 tranches, ce qui leur permet aussi de recueillir des intérêts bancaires. Il faut imaginer ce qu’ils empochent lorsqu’on sait qu’il y a près de 160 boursiers camerounais en Russie.

En ce moment même, les étudiants camerounais revendiquent les bourses pour l’année académique 2003-2004. De même, les aides universitaires accordées aux étudiants à l’étranger restent jusqu’ aujourd’hui ni vues ni entendues, d’après l’ambassade.

L’ancien minjes André Ngongang Wandji, Ambassadeur à vie  malgré son âge avancé, et son équipe ont transformé l’ambassade du Cameroun en un lieu de trafic des animaux (perroquets et autres) et de feymania. Ils se précipitent toujours pour couvrir les Camerounais en situation peu honorable, attrapés pour vol ou blanchiment d’argent, plutôt que de couvrir les étudiants et certains citoyens camerounais qui ont des projets au moment où ceux-ci en ont grand besoin.

Les cas d’agressions physiques et problèmes académiques, auxquels font fasse au quotidien les étudiants, les laissent indifférents. Quel est le rôle d’une ambassade, comment entendent- ils défendre la coopération académique russo-camerounaise? Les questions ci-dessus se posent dans les milieux estudiantins, qui préfèrent d’ailleurs faire confiance aux Russes - les gens les plus  racistes du monde – plutôt qu’en leurs autorités. Ces autorités, qui ne tardent pas à se faire sentir que lorsqu’il s’agit des « mouvements de petites, des affaires »…
EDITORIAUX
POLITIQUE
ECONOMIE/FINANCE

SPORTS
DIVERTISSEMENTS
FEMMES
CONTACT
COTE D'IVOIRE
Accra III : un accord a été atteint
CAMEROUN
Des escrocs monayent des postes
ETATS-UNIS
« A côté de notre individualisme célèbre, il y a un autre ingrédient » - Sen. Barack Obama
SOUDAN - DARFOUR
L'Armée de Mohammed appelle à la guerre sainte contre toute force occidentale
CAMEROUN
Et si l'opposition jouait le jeu du pouvoir?
SENEGAL
L'Imam Mamour Fall, lieutenant de Ben Laden:
« Bientôt, je surprendrai le Sénégal et l'Afrique »
ETATS-UNIS
L’Afrique et les Caraïbes absentes du programme de Kerry/Edwards
ETATS-UNIS
SÉCURITÉ ÉNERGÉTIQUE

Le Golfe de Guinée est d'une importance croissante
CAMEROUN
Confusion totale dans le système d'inscriptions sur les listes électorales
AFRIQUE
L’homosexualité à l’assaut de la Civilisation Africaine
Il y a quelques mois, le foyer des étudiants africains était incendié à Moscou
Retour page de garde
_____________________________________________________
©2003 The African Independent, Inc. All rights to republication are reserved