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CAMEROUN - ÉTAT NÉOCOLONIAL
Refus, mépris et terreur réservés aux revendications des Anglophones du SCNC
Un Etat incarné par des individus comme Ahmadou Ahidjo et Paul Biya n'est pas le genre d'Etat que le peuple du Southern Cameroons peut tolérer. Les Camerounais d’expression française ne peuvent pas non plus supporter l'Etat néo-colonial. Il pourrait y avoir de sérieuses préoccupations sur le fait que l'élite du SCNC aussi active pour prôner la sécession,  rédiger des constitutions et comparer le Cameroun anglophone au Koweït avec un oeil envieux sur les réserves pétrolières de Bakassi ne lutte que pour s’assurer sa part individuelle du « gâteau national » au sein de la classe ploutocratique dirigeant actuellement le pays, et n’utiliser les citoyens anglophones ordinaires que comme son bétail électoral. Auquel cas cette élite incuberait tout simplement un autre cauchemar néocolonial. Cependant, les faits prouvent qu'ils  tiennent et ont soutenu un dossier légitime.
By Ndzana Seme


NEW YORK 12/13/2009 - Vous pouvez être en désaccord avec les activistes du Southern Cameroons National Council (SCNC) parce qu'ils militent depuis des décennies pour l'indépendance et la séparation de l’ancien territoire du Cameroun britannique de la République du Cameroun.

Pendant longtemps, nous avons personnellement désapprouvé leurs arguments se basant sur la culture britannique pour fonder leurs demandes de sécession. Ceci parce que, comme Africain, nous croyons qu'ils devraient placer la culture de leurs ancêtres en premier. Mais toute considération faite, si nous croyons vraiment en la démocratie et en sa souveraineté du peuple, notre avis individuel serait une plume comparée à la pierre qu’est l’opinion du peuple de l’ancien territoire britannique.

La démocratie nous obligerait d’accepter que le droit d’un peuple informé à l'autodétermination est sacré. Quand le peuple exige son autonomie, rien ne devrait l’empêcher de le faire sauf si une telle chose est le souverain ; auquel cas il y aurait deux souverains et il n’y aurait plus de démocratie. Une position beaucoup plus puriste peut même légitimement argumenter qu'il n'y a pas de démocratie sans peuple autonome.

La réalité la plus effrayante est cependant que, en nous basant sur des opinions adverses comme la nôtre sur les revendications sécessionnistes du SCNC, nous fermons facilement les yeux sur l’attitude radicale et têtue de total refus et de zéro dialogue du régime Biya, sur l'usage systématique de la terreur par le régime Biya envers les militants du SCNC reproduisant ainsi la terreur de son prédécesseur néo-colonial sur le parti UPC, sur le sort des victimes du SCNC assassinés par les bourreaux du régime Biya tout couverts d'impunité, ou alors jetés en prison avec des jugements arbitraires des tribunaux néo-coloniaux à la solde.

Parce que nous nous positionnons du côté du régime Biya, consciemment ou inconsciemment, nous n'osons même pas écouter ou vérifier la validité des arguments que les membres du SCNC avancent.

Était-il juste que le suppôt de la France, Ahmadou Ahidjo, ait totalement oublié le Cameroun britannique quand il déclara l'indépendance du Cameroun français en janvier 1960, même si le Cameroun français avait senti plus tôt les effets des mouvements indépendantistes de l’après Guerre menés par l’UPC ? Pourquoi la France et son homme de main avaient-ils ignoré l'unification des deux Camerouns, pour laquelle l'UPC avait combattu en plus de l'indépendance ?

Était-il juste que, les Français ayant accordé l'indépendance du territoire français avec pour nom la République du Cameroun en laissant la question du sort du Cameroun britannique en suspens, c’est seulement une fois confrontés par ce dilemme que la France et son gouvernement fantoche furent contraints de soumettre la question du Cameroun britannique au référendum de 1961 ?

Était-il juste que, après que la partie nord de la région britannique du Cameroun ait voté pour se joindre à la fédération du Nigeria alors que la région méridionale optait pour la République du Cameroun sur une base fédérale, le nouveau nom de l’Etat fut changé sur la base du référendum général du 20 mai 1972 – et non pas un référendum circonscrit, comme il se devait, à la minorité démographique qu’est l’ancien Cameroun britannique méridional, comme lors du référendum de 1961 - de la République fédérale du Cameroun en République unie du Cameroun ?

Plus choquant encore, était-il juste que, après que le changement de nom amèrement digéré comme République unie - qui a enlevé sans compensation aux Camerounais anglophones leur statut spécial de minorités désavantagées -, le nouveau Président Paul Biya ait unilatéralement décidé le 4 février 1984 de changer le nom de l'Etat à l’ancien nom de l’ancien territoire français, à savoir la République du Cameroun, sans daigner demander l'avis des citoyens de l'ancien territoire britannique ? N’était-ce pas là le plus douloureux des mépris jamais infligés au peuple de l'ancien territoire britannique ?

Il y a beaucoup de raisons de soutenir légitimement que la décision prise aussi unilatéralement et avec autant d’arrogance par Paul Biya de changer le nom de l'Etat en l’ancien nom du Cameroun français était en violation totale du statut spécial du peuple du Southern Cameroons au sein ce qui devait demeurer une fédération. Le statut spécial était justifié depuis le début des années soixante par le fait que le Cameroun français avait joui d’un développement économique et politique plus rapide que le Cameroun britannique. Ce statut de minorité désavantagée est encore justifié 50 ans après l'indépendance, car les provinces d'expression anglaise actuelles sont toujours les retardataires en termes de développement économique et politique sous le système néocolonial.

Il pourrait y avoir de sérieuses préoccupations sur le fait que l'élite du SCNC aussi active pour prôner la sécession, rédiger des constitutions et comparer le Southern Cameroons au Koweït avec un oeil envieux sur les réserves de pétrole de Bakassi, ne lutte uniquement que pour s’assurer sa part individuelle du « gâteau national » au sein de l’actuelle classe ploutocratique dirigeant le pays, et n’utiliser les Anglophones ordinaires que comme son bétail électoral; auquel cas ils incuberaient tout simplement un autre cauchemar néo-colonial.

Cependant, les faits montrent qu'ils tiennent et ont soutenu un dossier légitime.

En outre, le monde regarde le Cameroun par les prismes des organismes internationaux des droits de l'homme. Ce que l’on voit chaque année, rapport après rapport, est la terreur du gouvernement sur les militants de SCNC. Nous avons personnellement vécu avec certaines des victimes du SCNC dans la prison centrale de Yaounde-Kondengui et nous avons reporté leur misère en 1995 dans une série d'articles du journal Le Nouvel Indépendant. C’était horrible d’être à leur place.

Le problème du SCNC devrait être le problème de tous les patriotes camerounais. Car, le SCNC est le premier mouvement qui a compris très tôt que les citoyens assoiffés de démocratie ne peuvent pas supporter un Etat néo-colonial et fantoche manipulé par la France.

Un Etat qui est incarné par des individus comme Ahmadou Ahidjo et Paul Biya n'est pas le genre d'Etat que les citoyens du Southern Cameroons peuvent tolérer.

Aucune population au Cameroun ne peut initier un amendement ou une révision de la constitution - connue comme les statuts généraux de l'organisation à but non lucratif appelée Etat - utilisée par les suppôts chefs politiques pour les dominer. Les citoyens du Southern Cameroons ne peuvent rien initier pour faire entendre leur voix sans qu’ils soient accusés par Paul Biya de haute trahison.

L'article 63 de la constitution de 1996 prévoit que « l’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République et au Parlement”.

Pour jouir de l’autonomie qu'ils avaient choisie comme condition pour joindre le Cameroun français, les Anglophones souhaiteraient voir un Etat démocratique où aucun individu ne bénéficie des pouvoirs royaux. Malheureusement l'article 64 stipule clairement que « Aucune procédure de révision ne peut être connue si elle porte atteinte à la forme républicaine, à l’unité et à l’intégrité territoriale de l’Etat ».

La question est : les Camerounais francophones sont-ils d'accord avec un état néo-colonial ou alors ne sont-ils pas aussi terrorisés  que les citoyens du Southern Cameroons par les mêmes dominateurs néo-coloniaux. En conclusion, la lutte du SCNC ne devrait-elle pas être la lutte légitime de tous les Camerounais ?

Nous pensons qu'il n'y a aucune honte de reconnaître la lutte du SCNC comme légitime, même si vous n’êtes pas d’accord avec eux sur certains points. Tant que vous acceptez la démocratie comme la meilleure forme de gouvernement, vous ne pouvez pas rejeter les revendications du SCNC sans examen attentif.


REACTIONS DES LECTEURS

Celestin Bedzigui:

Cher Compatriote,

Absolument lumineuse, votre chute: ''Tant que vous acceptez la démocratie comme la meilleure forme de gouvernement, vous ne pouvez pas rejeter les revendications du SCNC sans examen attentif''...

C' est une des exigences cardinales de la reconstruction  de notre Nation. Merci de le proclamer ainsi, de maniere aussi brillante et courageuse, faisant qu' il ne s' agisse plus d' un sujet tabou pour les elites d' expression francophone...

Vous dites par ailleurs: ...'' le Cameroun français avait joui d’un développement ... politique plus rapide que le Cameroun britannique... les provinces d'expression anglaise actuelles sont toujours les retardataires en termes de développement ...  politique'' ...
Si je peux me permettre un avis... En matiere de
developpement politique, les provinces d' expression anglaise ont toujours eu et ont  un degre de vision et maturite politique superieur a celui del' espace culturel francophone de notre pays, l' heritage du sens de l' ethique et de la culture et pratique democratiques anglosaxones obligeant. Bien plus, en octroyant les independances, les British remettaient les cles de l' Etat aux nouveaux dirigeants, faisant de leurs anciennes colonies des pays appeles a etre regis par des regles democratiques claires, pays adultes a l' exemple de ce qu' ils avaient le droit de creer et battre leur monnaie des le lendemain du jour de l' in dependance. A l ' oppose, les Francais organisaient un transfert de souverainete factice, placaient a la tete des pays des fantoches par le travestissement des pratiques de la democratie qui prevaut a ce jour et gardaient les cles du coffre- fort a travers le bagne monetaire du Franc Cfa...

L' un des plus grands gaspillages est de n' avoir pas tire avantage et lecon de l' acquis en culture politique des provinces d' expression anglaise, acquis sciemment ignore par les agents neocoloniaux francais qui se sont accapare les rennes de l' Etat au Cameroun, pour etablir le systeme de gouvernement de notre pays. 

Ce serait donc  la egalement une exigence de la reconstruction nationale a laquelle nous devrons nous atteler.

Salut patriotique,
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Celestin Bedzigui
Vice-Chairman and CEO
Global Rating Intelligence Services, Inc.
40 Wall Street, 28th floor
Manhattan New York, NY 10005
USA
Direct Line:(212)- 400-7180
Toll free Phone:  1-888-557-0535  ext.2
Fax: 1- 645- 512-5603
Website:www.globalratingservices.com


Djeukam Tchameni:

My dear friend

I absolutely concur. Eventhough the crude form of oppression exercised by the French produced in Eastern Kamerun a rougher response, the political maneouvers of the Southern Cameroon politicians are part of our common heritage.

The fight for freedom takes various forms at different times. We have to be able keep uo the fight regardless.

Thank you for your insightful contribution.

Respectful regards

Djeukam Tchameni
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Photo des actvistes de SCNC libérés par le tribunal de Tiko
The Government of Cameroon Must Release Detained SCNC Members Immediately
Progressive Initiative for Cameroon’s Press Release: (March 27, 2009)

PICAM is calling on the Government of Cameroon to immediately and unconditionally release Ngewih Asunkwan, Philemon Ndamukong Mungu, Fondoh Cletus Che, Ndifon Stephen, Yuyari Issa, Ali Oscar, and Priscillia Khan. All seven individuals are officials of the Southern Cameroons National Council (SCNC), arrested at the SCNC National Secretariat in Bamenda on March 14, 2009 at gun point by 3 trucks of fully armed and seemingly combat-ready police officers. These individuals who were initially detained at the Bamenda Central Police Station were transferred on March 19, 2009 to the Bamenda Central Prison. They were initially held incommunicado under deplorable prison condition, tortured on a daily basis, and have been refused bail. Despite a hanging accusation that they were arrested for holding a meeting to disrupt the Popes’s visit to Cameroon, they remain to be officially charged with a crime.

PICAM strongly condemns this action by the Government of Cameroon, which give further evidence of the ongoing illegal practice of indiscriminately and without reasonable suspicion, arresting and detaining innocent civilians who are critical of government policies and actions. These individuals, just like hundreds of others across the country are being held against their will for political reasons and are prisoners of conscience, not criminals. PICAM is therefore calling on the Government of Cameroon to immediately release them and stop its daily campaign of terror on its citizens.

The SCNC, it should be recalled, is a pressure movement fighting against the marginalization of the Anglophones in Cameroon with the goal of achieving self-determination and independence for the former British Southern Cameroons. PICAM recognizes that the actions of the Cameroon government regarding the arrest and detention of these SCNC officials have contravened the Cameroon Constitution which guarantees fair judicial process. In addition, government actions have violated provisions of the Criminal Procedure Code, including Section 30(4) which states that:

“No bodily or psychological harm shall be caused to the person arrested.”

Since their arrest, the SCNC activists have been detained under deplorable conditions, ill-fed, tortured daily, and systematically deprived of sleep. All these strategies being implemented by the Government of Cameroon against the detainees are consistent with dictatorships’ attempts to break the will of opponents and critics while slowly killing them. PICAM notes that the Government of Cameroon and all its agents directly involved in this case will be responsible for any death resulting from the ill-treatment accorded the detainees and will be held accountable.

The continued detention of the SCNC officials also violates Section 37 of the Criminal Procedure Code which provides that:

“Any person arrested shall be given reasonable facilities in particular to be in contact with his family, obtain legal advice, make arrangements for his defence, consult a doctor and receive medical treatment and take necessary steps to obtain his release on bail.”

PICAM would like to draw attention here to the precarious health situation of Philemon Abamukong Mungu, Fondoh Cletus che, and Priscillia Khan, who are reported to have been seriously sick since their arrest and detention, but are yet to be given any medical attention. PICAM also notes that all access to the detainees was initially restricted, family members insulted and driven away from then detention center, and human rights advocates assaulted when they requested to meet with the detainees. Although some family members and lawyers have been able to meet with the detained SCNC officials, such visits have been highly scrutinized, directly monitored, and extremely time restrictive.

PICAM is using this opportunity to requisition the Government of Cameroon to release all political prisoners and prisoners of conscience who are currently in detention across the country solely for purposes of their affiliation with opposition political movements, or for criticizing the autocracy of the regime. As Cameroon continues to drift rapidly into the path of authoritarian excesses, PICAM is warning that no political state of affairs  exist in perpetuity and the time for reckoning will unravel all the misdeeds of the regime in Cameroon, its perpetrators, and others who encouraged, participated, or abated brutality on the people of Cameroon in any determinable way. Cameroonians have the right to live and express themselves without fear of persecution or death. This currently does not exist, and the Government of Cameroon must stop oppressing its people and give ample respect to the human rights principles recognized in the country’s constitution and international conventions which it has duly ratified.
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