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| INTERVIEW - Cardinal Christian Tumi sur RFI C’était une mascarade Le prélat met en cause la régularité du dernier scrutin. Est-ce que la présidentielle du 11 octobre dernier a été honnête ou pas? Selon le rapport que j'ai reçu des observateurs catholiques, il me dit qu'ils faut qualifier ces élections, ce scrutin, comme une mascarade électorale. Ce sont eux qui étaient sur le terrain, et ils étaient agréés par l'Etat. Les inscriptions étaient multiples, c'est-à-dire qu'il y avait des électeurs qui étaient porteurs de plusieurs cartes à la fois, deux, trois, quatre, voire même dix. L'encre n'était pas indélébile. Moi-même, j'ai voté et, avant d'arriver chez moi, l'encre était déjà effacée. Beaucoup de personnes régulièrement inscrites n'avaient pas trouvé leur nom dans aucune liste. Donc, dans l'ensemble, il y a eu beaucoup de gens qui auraient aimé participer à cet élection, mais ils n'en ont pas eu l'occasion. Est-ce qu'il y a beaucoup d'électeurs qui n'ont pas pu voter, faute de trouver leur nom sur les listes? Beaucoup, beaucoup, des centaines et des milliers. Et vous-même, vous avez pu voter quand même? Oui j'ai voté, mais j'ai été obligé de me déplacer dans quatre endroits Est-ce que dans les villes réputées proches de l'opposition l'administration multiplie les obstacles pour les gens qui veulent s'inscrire ou pas? Oui, il y a des gens qui créent des problèmes inutiles pour empêcher les gens de voter. Il y a des quartiers ici à Douala qui n'ont pas pu voter parce qu'on se dit qu'ils sont de l'opposition. Imaginez-vous, on arrive dans un bureau et qu'on trouve deux cents noms qui ne sont pas enregistrés alphabétiquement, on passe le temps à chercher son nom. Quelques fois, l'orthographe est mal écrite, et on dit que ce n'est pas votre nom. On vous envoie ailleurs, et vous ne savez pas où aller. A la fin, on est fatigué, on rentre chez soi. Et on n’a pas voté? On ne vote pas, beaucoup de gens étaient dans ce cas-là. Et quelles sont les leçons à tirer pour l'opposition qui est allé divisée à cette élection? Pour moi la division ce n'est pas là leur faiblesse. Leur faiblesse, c'est qu'ils manquent de moyens pour être partout au pays. Si on respectait les lois, ce sera autre chose, c'est sûr. Vous voulez dire que, même si Fru Ndi et Ndam Njoya s'étaient entendus, ils n'auraient pas réussi à battre Paul Biya dans les conditions actuelles? Ils ne pouvaient pas, pas du tout, à mon avis. Si les élections étaient biens organisées, vingt partis pouvaient se présenter, à mon avis. Et il y aura un changement, je suis sûr. Le problème, c'est les élections mal organisées. Beaucoup de Camerounais disent que si vous-même, Monseigneur, vous vous étiez présenté, l'opposition n'aurait pas été divisée et il y aurait eu un vrai changement au Cameroun. C'est ce qu'ils viennent me dire, mais malheureusement, ce n'est pas ma vocation. En tout cas, je ne me présenterais jamais. J'aime la vie politique de mon pays et, d'ailleurs, je m'y intéresse depuis ma jeunesse., J'ai été accusé d’être intéressé à la politique par mon Evêque quand j'étais encore séminariste. Au Nigeria? Et oui, avant la réunification, on nous envoyait au Nigeria. Après la réunification, pourquoi l'évêque continuait-il à nous envoyer au Nigeria quand il y avait un grand séminaire à Yaoundé? C'est tout ce que je lui avait posé comme question. Et il m’a dit que cette manière de parler était politique. Donc, vous avez toujours été un peu frondeur? (Rires) Non pas vraiment cela. C'est-à-dire je m'intéresse à la vie de mon pays. Justement, pourquoi ne serez-vous pas candidat un jour? Non, non, je m'intéresse à la vie politique de mon pays du point de vue pastoral. Je dois dire ce que je pense, si je vois quelque chose qui ne va pas. Mais en tant que prêtre, vous savez que l'église ne peut jamais accepter qu'un prêtre ou un évêque s'aligne avec l'opposition, par exemple, contre une autorité ; mais comme arbitre, l'église peut autoriser. Propos receuillis par Christophe Boisbouvier (Source Rfi) |
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| CAMEROUN Tribalisme et insécurité : les deux stratégies gagnantes du régime Biya RUSSIE Pour leurs bourses détournées par l’ambassade, les étudiants camerounais entendent manifester CAMEROUN PROJET D'ASSASSINAT DE PERSONNALITES L'AUTRE RUMEUR QUI EMBARRASSE LE REGIME; LE CARDINAL REAGIT CAMEROUN Bamenda Le Sdf paralyse la ville; Un responsable local du SDF assassiné (par le Fon de Balikumbat?) CAMEROUN RENCONTRE TUMI – SG PRESIDENCE Paul Biya promet une enquête au prélat, déclare qu’il vient de dévier un complot militaire CAMEROUN SACRE DE MBANGO DEDIE-T-ELLE SA VICTOIRE A LA FRANCE ? CAMEROUN Des généraux et ministres bulu ordonnent la mort du cardinal Tumi |
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