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Honteuse Absence de Position du Cameroun au |
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Président Paul Biya du Cameroun, à la tête de l?un |
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Cameroon Map |
«Le Cameroun, à la suite d?autres Etats du Conseil de sécurité de l?Organisation des Nations unies, ne peut que recommander la
poursuite et la mise en ?uvre d?actions vigoureuses, robustes et décisives pour amener les autorités irakiennes, à coopérer pleinement
avec les équipes d?inspection», avait dit, le 5 février, François-Xavier Ngoubeyou, devant le Conseil de sécurité. Mais, le ministre
d?État camerounais chargé des Relations extérieures, avait aussi laissé entendre qu?au Conseil de sécurité «revient la décision d?aller
dans un sens comme dans l?autre», faisant allusion à l?option de guerre défendue par les États-Unis d?une part, et à celle du
désarmement pacifique de l?Irak prônée par la France d?autre part.
Déjà d?accord sur le fait qu?en règle générale, Yaoundé s?aligne sur les positions collectives, les spécialistes sont en pour reconnaître
que dans ce dossier précis de la question irakienne, le Cameroun joue, au fond, les équilibristes.
Funambulisme diplomatique
«En réalité, la lecture de la position officielle du Cameroun reflète ses hésitations. Car, on peut très bien amener l?Irak à coopérer par
la guerre, tout comme on peut le faire par des pressions. Et on voit bien que le Cameroun n?exclut aucune des options et semble dire:
la guerre peut être évitée en même temps, elle est inévitable», explique un universitaire à Yaoundé. «Il s?agit d?une position qui
oscille entre la position pacifiste française et un clin d??il à la position belliciste américaine. Le Cameroun dans sa tradition
diplomatique est un pays qui a toujours cherché une navigation entre les extrêmes», analyse le Pr Narcisse Mouelle Kombi,
enseignant à la Faculté des Sciences juridiques et politiques de l?Université de Yaoundé II-Soa.
La démarche diplomatique de Yaoundé semble commandée par un certain nombre d?enjeux «qui sont économiques, géostratégiques,
géopolitiques», selon le Pr. Kombi. Ce que semble confirmer la grille de lecture développée par un autre universitaire. «Il y a,
explique-t-il, un ensemble de paramètres pour comprendre la difficile lisibilité de la position camerounaise. Dans un premier temps,
on peut noter que le Cameroun est en général solidaire des options du tiers-monde, notamment la défense de la paix, surtout lorsqu?il
y a une perspective de conflit entre un de ces Etats, et une grande puissance. Deuxièmement, il y a une dimension liée au poids des
puissances qui sont divisées sur la question irakienne: l?une c?est la France, ancienne métropole, qui ne peut qu?essayer d?influencer
la position camerounaise à sa faveur. Mais il y a aussi les États-Unis devenu un partenaire très important, surtout avec son
déploiement dans le golfe de Guinée à la faveur des découvertes pétrolières, sans oublier que le Cameroun peut avoir besoin de
Washington dans le cadre de la mise en ?uvre de la décision de la Cour internationale de justice à propos de l?affaire Bakassi, en
l?occurrence si le Conseil de sécurité était sollicité pour l?envi des forces sur le terrain».
A quoi d?autres ajoutent que la France a toujours été d?un précieux soutien pour le Cameroun, classé «pays pauvre très endetté», au
sein des institutions financières internationales d?une part, et que les États-Unis qui ont déclaré le Cameroun éligible à l?initiative
African Growth Opportunity Act ?qui permet aux opérateurs économiques camerounais de bénéficier de a suppression de taxes
pour certains produits à l?exportation? veillent tout aussi bien sur le pipe line Tchad-Cameroun. Commencés avec la caution de la
Banque mondiale, les travaux de construction cet oléoduc, long de plus de 1 000 km, ?dont près de 900 km traversent le territoire
camerounais? sont considérablement avancés, pour le grand bien des firmes américaines qui y sont engagées.
Bref, dans ces conditions, «la situation du Cameroun relève d?un exercice extrêmement difficile , débouchant sur une position à la
Salomon», comme dit un expert. «Le Cameroun, dit le Pr Narcisse Mouelle Kombi, est dans un jeu triangulaire, avec d?un côté la
France , de l?autre les États-Unis, et plus loin tout ce qui a trait aux pays arabes et aux pays du Sud en général». Cela peut s?appeler
du funambulisme diplomatique.
VALENTIN ZINGA
22/02/200
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