CAMEROUN

La Cellucam : Une histoire mal aimée en Autriche

Simon Inou

Si on interrogeait les camerounais sur les créanciers extérieurs du
Cameroun, très peu mentionneraient le nom de l´ Autriche. Pourtant ce
pays
est en matière bilatérale le troisième pays créancier du Cameroun,
respectivement derrière la France et l´Allemagne. Cette situation est
unique en Afrique car aucun pays africain n´est aussi lourdement endetté
auprès de l´Autriche.

En octobre 1999, la dette du Cameroun auprès de l´Autriche était
estimée a près de 364 Millions d´Euro. Dette qui, d´après Martina
Neuwirth ,
auteure de nombreux livres sur l´annulation de la dette du " tiers
monde " a été récemment en partie annulée (montant non précisé) par
l´Autriche et le club de Rome. Conséquence directe de la place
qu´occupe le
Cameroun dans le concert des nations surendettées. Depuis 1997 notre
pays
fait désormais partie intégrante de l´initiative HIPC (Heavily Indebted
Poor Country) de la banque mondiale.

Une grande partie de la dette camerounaise contractée auprès de
l´Autriche est attribuée a la défunte Cellucam. En effet l´ entreprise
VOEST
ALPINE spécialisée dans la production de l´acier et située dans la ville
industrielle de Linz au nord de Vienne était le deuxième partenaire
étranger le plus important du Cameroun. Elle s´était engage a hauteur de
8,6% c´est a dire en deuxième position derrière la Banque Islamique de
Développement, engagee elle a hauteur de 16,67%. En juillet 1976 l´Etat
du Cameroun signe un accord de partenariat avec la VOEST ALPINE
alors
entreprise étatique. Le rôle de la VOEST était de construire la Cellucam
et de la fournir clés en mains a l´Etat du Cameroun. Ce qui, selon les
rapports de VOEST furent bien réalisés. Puisque l´entreprise avait bien
fonctionné depuis le jour de son inauguration par Ahmadou Ahidjo le 16
Mars 1981 jusqu´a son explosion le 28 Novembre 1982. Ce dégât
sonna le
glas pour une entreprise qui aurait du être la fierté du Cameroun.

Pourtant il faut souligner que plusieurs rapports d´ONG comme
Greenpeace étaient déjà pessimistes sur la réussite d´ un tel projet. L´un
des
arguments de Greenpeace International était la protection de
l´environnement. Nous nous rappelons que d´après une étude des
Nations Unies sur
la Cellucam et l´environnement de la Sanaga maritime, les émanations
chimiques de la cellucam avaient exagérément pollué la Sanaga.
Catastrophe
qui mettait non seulement les vies de 3000 pêcheurs des environs en
danger mais aussi menaçait indirectement les autres 15000 habitants des
environs côtiers de la Sanaga.

Le cas Cellucam est très connu dans les milieux de la coopération
Austro Camerounaise. Plusieurs décideurs autrichiens de l´époque qui
étaient
alors au Cameroun occupent des postes de responsabilités dans divers
ministères en Autriche. Ce sujet reste tabou et reste encore l´une des
raisons tacites pour lesquelles l´Autriche ne s´intéresse vraiment plus
au Cameroun. Le Cameroun s´intéresse-t-il a l´Autriche ? Toujours est-il
que en 1998, l´aide publique au développement en direction du
Cameroun
était de 0,41% de tout le budget de la coopération ; c´est a dire
environ 187000 Euro. (fin)

Simon INOU, Vienne

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