Bientôt une station Radionucléide au Cameroun.

Par Simon INOU et Bertin Nzogang

Il y a moins d'un an le 16 nov. 2001, le Cameroun signait par la voie
de son représentant permanent auprès de l?ONU l?ambassadeur
Belinga Eboutou le traité mondial d'interdiction complète des essais
nucléaires, et devenait ainsi membre du CTBTO L´organisation des
nations unies chargé de promouvoir l'entrée en vigueur de ce traité
crée en 1996. Quoique le Cameroun ne l'ait  pas encore ratifié comme
41 autres états africains, déjà le CTBTO projette de construire au
Cameroun une station radionucléide. Ceci  est plus sophistiqué à
construire et à manipuler que de faire de la spectroscopie en
laboratoire. Simon Inou et Bertin Désiré Nzogang, journalistes
camerounais, ont rencontré le Dr Wolfgang Hoffmann, secrétaire
général du CTBTO à Vienne,siège de l'organisation.

Dr Wolfgang .Hoffmann, vous êtes le secrétaire général du CTBTO,
pouvez vous dire à nos lecteurs le rôle effectif que joue les pays
africains dans l'organisme que vous dirigez?

Actuellement 45 des 53 pays africains ont signé le traité, mais seulement 12
l'ont ratifié, parmi lesquels l'Afrique du sud dont la ratification est requise
parmi les 44 indispensables à la ratification du traité. Nous considérons que
ce traité interpelle nombre d'états sur une question qui ne traite pas des
besoins immédiats à leur survie, et nous comprenons leurs réticences. Ils ne
sont donc inclus dans ce traité qu'à travers une politique mondiale, et ceci
nécessite de leur part de la réflexion, donc du temps et de plus des
décisions politiques. Leur rôle à tous est important pour donner au traité
son caractère effectif et sa dimension mondiale. C'est pourquoi nous nous
attelons à les y persuader. D'ailleurs le chairman du comité de préparation
est l'ambassadeur du Nigeria à Vienne Mr Abdul Bin Rimdap

Qu'attendez vous des états africains et que faites vous pour eux?

Sur le plan politique nous nous espérons des états qu'ils adhérent au traité
par leurs signatures, leurs ratifications, et leur contribution annuelle qui
épouse le même Scala  que celui des nations unies, dont dans le cas du
Cameroun 0,001%.
Notre contribution consiste à installer sur le continent Africain une série de
stations de contrôle. Nous proposons aussi l'installation des banques de
données informatiques nationale qui pourront éventuellement être mis à
profit dans plusieurs domaines technologiques et scientifiques.
Pour cela l?adhésion et l?accord des états concernés est indispensable car
nous aurons besoin par la suite de leur aval pour la transmission des
données par liaison satellitaire avec notre siège à vienne.

Il s'est tenu jusqu'ici deux rencontres du CTBTO au Caire et à dakar.
La prochaine aura lieu bientôt à Nairobi au Kenya. De quoi est-il
exactement question dans ces rencontres, et pourquoi l'Afrique?

Il s'agit des workshops régionaux comme celui du Caire et sous-régionaux
comme celui de Dakar et du tout prochain à Nairobi. Ces Workshops
s'inscrivent dans le cadre de la coopération internationale et ont deux buts
principaux: Premièrement l'objectif de  facilitation d'une coopération
technique efficiente entre les états membres et deuxièmement celui de
sensibilisation politique pour un travail commun dans le processus de
ratification du traité.
Cette coopération ne devrait pas être comprise comme une aide au
développement, cependant nous aidons les états sur le plan logistique, par
exemple la traduction de nos textes en langue nationale quand c'est
nécessaire pour faciliter les négociations intergouvernementales. Ou encore
nous donnons des formations aux cadres des pays africains sur le plan
technique par exemple l'analyse des données et la maintenance des
terminaux de données. En début d?année la Hollande a mis des fonds à
notre disposition pour le financement de la formation de plusieurs experts
dont un camerounais.

Les pays d'Afrique centrale comme le Cameroun sont-t-ils aussi
stratégiques que l'Afrique du sud?

Absolument. D'ailleurs, sur l'invitation du gouvernement camerounais, j'ai
personnellement entreprise une visite au Cameroun en Avril 2000. Visite
pendant laquelle j'ai rencontré le ministre de la recherche scientifique, le
ministre de la défense, et le ministre des relations extérieures. Quoique le
Cameroun ne soit devenu membre du CTBTO qu?en Nov. 2001 après la
tenue de la conférence de l'article 14 de nos textes  tenue à New York,
nous entreprenons d'installer au Cameroun une station radionucléide. A ce
sujet, nous sommes  en pourparlers permanent avec le Cameroun tant au
niveau gouvernemental à travers son ministre de la recherche scientifique et
technique le Professeur Henri Hogbe Nlend, que par contacts
diplomatiques à new York, étant donné que le Cameroun n'a qu'une
représentation consulaire à vienne.

En quoi consiste concrètement ce projet de construction d'une
réaction radio nucléide À Douala?

Ce Projet de constructions de stations de contrôle avec des rayons
détecteurs gamma de haute sensibilité se réalise avec quatre types de
technologies. En premier, la masse terrestre principalement devra être
contrôlée par des stations séismiques, l'espace marin au sud du globe sera
contrôlé par des stations hydroacoustiques. Il y a aussi des stations
d'infrasons pouvant capter des sons imperceptibles par l'oreille humaine,
permettant ainsi de détecter dans l'atmosphère des explosions ayant eu
lieu. La quatrième technologie est celle des stations radionucléides à partir
desquelles il est possible de détecter avec exactitude grâce aux
signalements radionucléides l'existence d'une explosion nucléaire ainsi que
des gaz rares dans une région donnée. Ce projet est constitué d'un réseau
mondial de 80 stations, et l'une d'elles devra être construite au cameroun.

Quelle est la réaction du gouvernement camerounais à ce propos?

Elle est plutôt très positive, Je dois préciser que tous les frais autant ceux
de construction que ceux d'entretien seront entièrement à la charge du
CTBTO. Jusqu?ici nous n'avons noté aucun problème, seulement un
problème singulier qui existe, notamment sur le plan technique. Je veux dire
que nous avons la difficile  tâche de trouver un site où d'une part la
radioactivité souterraine sera assez faible pour faciliter les détections,
d'autre part le site devrait être dans une zone accessible pour les moyens
de transport, car la station devra être sous surveillance technique
permanente en vue d'assurer son bon fonctionnement.

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