TCHAD
La France soutient le président Deby ainsi que la « stabilité » en Afrique Centrale
05/30/2004 – TAI - L’article suivant de l’AFP présente la caution de Jacques Chirac, celle de la France pour un remaniement constitutionnel qui garantira à son suppôt Idriss Deby, venu au pouvoir par les armes, une présidence à vie. En effet, ce que l’AFP présente ci-dessous  comme une victoire démocratique écrasante, en termes de « les députés tchadiens ont adopté mercredi un projet de révision de la Constitution par 123 voix pour, 0 contre et une abstention », cache le fait que l’Assemblée nationale tchadienne est constituée au moins à 96% de députés choisis par Deby (118 au total) à travers son parti MPS et ses satellites. En effet la proposition de loi Constitutionnelle présentée par les députés MPS Idriss Moussa Yayami, Moussa Kadam et Assaid Gamar le 5/2/2004 a imposé la suppression du Sénat, sous prétexte que « son coût et les difficultés de procédure qui pourraient découler de sa mise en place » seraient élevés, ainsi que la « levée de la limitation des mandats du président de la république » parce que, soutiennent-ils sans sourire, « quand les élus savent qu'ils n'ont plus de chance après un second mandat, il y a risque que ce dernier mandat soit altéré par une ambiance de fin de règne ». Et la France, régie par une constitution aux mandats présidentiels essentiellement limités, est « prête à soutenir » le Tchad sur cette voie, qui conduirait absolument au bon « fonctionnement des institutions démocratiques » et garantirait « la stabilisation politique » et « la paix dans la région ».
Même les enfants votaient pour Deby le 20 mai 2001, sous intimidation et corruption

N'DJAMENA, 28 mai (AFP) - 18h36 - Le ministre français délégué à la Coopération, Xavier Darcos, a salué vendredi lors d'une visite au Tchad, l'adoption par l'Assemblée nationale tchadienne d'un projet de révision constitutionnelle, à l'issue d'une audience avec le président tchadien, Idriss Deby, à N'Djamena.
"La France soutient la position du président Deby qui a été élu démocratiquement et par deux fois, elle salue le fait que l'Assemblée nationale, à une majorité supérieure à celle qui d'habitude soutient le gouvernement, a approuvé la révision de la Constitution", a indiqué à la presse M. Darcos.
Les députés tchadiens ont adopté mercredi un projet de révision de la Constitution par 123 voix pour, 0 contre et une abstention. Cette révision, qui doit être encore soumise à un référendum, permettrait notamment au président tchadien, réélu pour un second mandat, de briguer un nouveau quinquennat en 2006.
Le ministre français s'est entretenu avec M. Deby de la coopération bilatérale, de la situation du Darfour (région soudanaise frontalière du Tchad) et de la Centrafrique, ainsi que des relations avec la Banque mondiale et le FMI.
"Pour ce qui est de notre responsabilité, c'est-à-dire la stabilité générale de la région, évidemment la France reste très vigilante et prête à soutenir tout ce qui contribue à la stabilisation politique, au fonctionnement des institutions démocratiques et d'une manière générale à la paix dans la région", a poursuivi M. Darcos.
Porteur d'un "message d'amitié, de confiance, de gratitude" du président français Jacques Chirac au président tchadien, M. Darcos est arrivé jeudi dans la capitale tchadienne. Il achève une tournée de cinq jours qui l'a conduit aux Comores et à Madagascar.
M. Darcos devait quitter vendredi soir N'Djamena.

VEUILLEZ EGALEMENT LIRE LES ARTICLES CI-DESSOUS AFIN DE COMPRENDRE LA COULEUR DEMOCRATIQUE QUE LA FRANCE SOUTIENT EN AFRIQUE
Une attente lourde de suspicion
Elections présidentielles


jeudi 24 mai 2001, par Daniel Bekoutou

Les Tchadiens attendent toujours les résultats du premier tour des élections présidentielles pour lequel ils ont voté le 20 mai dernier. Une attente qui contribue à mettre en doute l’indépendance de la Commision électorale nationale.

L’attente se fait de plus en plus longue après le premier tour du scrutin présidentiel au Tchad (20mai 2000). Un silence lourd de "suspicion et d’inquiétudes". Au regard des nombreuses irrégularités ayant entaché les élections (bourrages d’urnes dans certains quartiers nord de la capitale, distribution illégale de cartes d’électeurs chez le secrétaire d’Etat à la fonction publique Adoum Boukar, vote irrégulier des nomades dans les régions nord du Tchad...) .
Soixante-douze heures après ces consultations électorales, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) n’a pas encore centralisé toutes les données. Depuis lors, "sur vingt neuf départements, il n’y a que Tababa (localité située à 300 km au nord de N’djaména) qui a envoyé la totalité des procès verbaux. Nous attendons encore les résultats de la capitale ainsi que ceux des provinces qui commencent à arriver " déclare M. Yokabdjim Mandigui, président de la Ceni. Sur la base de ces statistiques partielles, " il nous est difficile de donner des tendances partielles au risque de fausser les calculs. A N’djaména déjà, les sept candidats se partagent les huit arrondissements, alors sans avoir tous les chiffres, on ne peut donner une indication quelconque. Mais je vous rassure, les résultats officiels seront connus d’ici la fin de la semaine " souligne t-il.
La France, à travers son contingent militaire " Epervier " basé à N’djaména, a décidé de déployer toute la logistique nécessaire pour aider au transport du matériel électoral et des observateurs. Ainsi environ 70 % des documents électoraux sont déjà réceptionnés à la Ceni. Le Tchad est un pays très vaste (1.284.000 km2 soit plus de deux fois la France) où les voies de communication font cruellement défaut, voire sont inexistantes dans certaines localités.
Affrontement entre militants : deux morts
Seulement, l’écrasante majorité des Tchadiens, motivés par le désir d’une alternance, piaffe d’impatience. Et la tension est très vive à N’djaména. "Les éléments de l’Agence nationale de sécurité (Ans) et des combattants armés sont lâchés en ville pour quadriller le quartier où se trouve le siège de notre journal et le lieu de réunion des leaders de l’opposition " confie M. Nékim, journaliste à N’djaména-Hebdo.
D’ailleurs, hier, un militant du parti Fédération Action pour la République (Far) a été "tabassé par les éléments de la garde prétorienne devant la présidence. Blessé, il a été transféré à l’hôpital" confie Oumar Alexandre Aguidi, responsable national des jeunes du Far. A Kélo, au sud du Tchad, une tentative de manipulation des chiffres dans certains bureaux de vote a engendré un violent affrontement entre militants du Mps (Mouvement Patriotique du Salut) et ceux de l’opposition. Un affrontement qui a fait deux morts et plusieurs blessés.
A N’djaména, les six leaders de l’opposition multiplient les concertations. Afin de définir la conduite à tenir face à " cet inacceptable hold-up électoral qui se prépare " clame un militant de l’Union pour le renouveau et la démocratie (Urd), le parti du Général Kamougué. L’opposition prévoit une conférence de presse à l’issue de laquelle un mémorandum sera publié.
Les états majors se livrent la guerre des chiffres
Personne ne voulant céder le terrain à l’autre, les protagonistes se livrent, depuis hier, à une guerre de chiffres. La Radio nationale tchadienne (Rnt) et le Quotidien " Progrès ", proche du parti au pouvoir, ont publié une fourchette des résultats donnant Idriss Déby gagnant à N’djaména avec 66 % suivi du député Yorongar Ngarlédji crédité de 13,76 %.
Des chiffres contraires aux données rassemblées à l’état-major du député fédéraliste. Yorongar déclare avoir gagné à N’djaména avec 58.072 voix contre 40.611 pour Déby. Par ailleurs, l’opposant clame sa victoire dans les localités de Doba (10.340 voix contre 3268 à Déby), Moundou (28.644 contre 10.224), Sarh (17.854 contre 883)... bref "les tendances actuelles me sont favorables" dit-il.
La Ceni ne reconnaît pas les résultats des partis
Question alors : ces statistiques sont-elles fiables ? Du côté de la Ceni, on précise que les chiffres publiés ici et là, depuis deux jours, par les différents états-majors politiques ne sont pas "officiels". Donc pas crédibles. " Je ne reconnais pas ces chiffres" lâche le président de la Ceni, avant d’ajouter, " les seuls résultats valables seront proclamés d’ici dimanche".
Or, le même président de la Ceni, avoue que "ce sont des données issues des dépouillements juste après le scrutin ". Dans tous les cas, ce silence charrie moult suspicions sur la Ceni suspectée d’avoir truqué les chiffres ayant permis au président sortant, Idriss Déby, de remporter l’élection présidentielle en 1996. L’histoire va-t-elle se répéter ?

DEPECHES DE L’AFP

Jeudi 31 Mai 2001, 11h34
Tchad-élection,LEAD
   Plusieurs mouvements rebelles dénoncent le déroulement de la présidentielle
 
   LIBREVILLE, 31 (AFP) - Plusieurs mouvements rebelles tchadiens ont vivement dénoncé la réélection du président Idriss Deby, qu'ils estiment frauduleuse, et l'arrestation des six candidats malheureux au scrutin du 20 mai, selon des communiqués de ces organisations transmis jeudi à Libreville.
   La Coordination des mouvements armés et partis politiques de l'opposition (CMAP), qui dénonce "l'imposture électorale" du 20 mai dernier, "rejette sans réserve les résultats de cette consultation électorale", où le président sortant a recueilli 67,35% des suffrages exprimés.
   "C'est l'actuel député de l'opposition, Ngarléjy Yorongar, qui a recueilli
la majorité des suffrages exprimés et qui devient de ce fait l'unique
président légitime du Tchad", affirme la CMAP qui cite des "sources dignes de foi".
   La coordination rappelle également que ces "pseudo-consultations"
contiennent "en germes toutes les tensions risquant d'opposer entre elles les diverses communautés nationales".
   "Aux décideurs de cette imposture (...), nous leur laissons la
responsabilité de l'arrestation des six challengers et les suites dramatiques
que nous craignons à plus ou moins brève échéance", conclut le communiqué de la CMAP signé par son président, Antoine Bangui.
   Fondée en décembre 1999, la CMAP regroupe treize mouvements et partis politiques de l'opposition tchadienne et comprend parmi ses membres, l'ancien président Goukouni Weddeye (1981-82).
   Deux autres mouvements rebelles, le Front national du Tchad rénové (FNTR) et l'Alliance nationale de résistance (ANR), condamnent également "avec fermeté" l'arrestation des six candidats malheureux.
   Les adversaires d'Idriss Deby, qui avaient été interpellés mercredi matin
pour la seconde fois en 48 heures, ont toutefois été libérés dans la soirée.
   "Le Mouvement patriotique du salut (MPS, parti présidentiel) vient de
prouver à l'opinion internationale à quel point il est décidé à s'accrocher à
tout prix au pouvoir", estiment les deux formations.
   "Le temps est venu pour que les forces vives se mobilisent pour contraindre Deby à quitter le pouvoir, seule issue pour que ce pays recouvre la paix", affirment le FNTR et l'ANT.
   Le FNTR, qui revendique quelque 400 combattants, affirme organiser
régulièrement des embuscades contre les forces du président Deby.
   L'ANR, formée en novembre 1995 par cinq mouvements politico-militaires hostiles au régime du président Idriss Deby, ne regroupe plus quant à elle que les partisans de l'Armée nationale tchadienne/dissidente (ANT/D).
   Comme la CMAP, ces deux mouvements sont considérés comme mineurs par les observateurs. Ils sont en tout état de cause beaucoup moins actifs sur le plan militaire que le Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), la rébellion nordiste du Tibesti.
   fj/pal/il 

Jeudi 31 Mai 2001, 15h06
Tchad-France-élection
   Le PS dénonce "le coup de force électoral" au Tchad
 
   PARIS, 31 mai (AFP) - Le Parti socialiste français (PS), premier parti de
la coalition de gauche au pouvoir, a dénoncé jeudi "le coup de force
électoral" au Tchad et les "atteintes aux droits démocratiques les plus
élémentaires, qui ne peuvent que rejaillir sur les bonnes relations entre la
France et le Tchad".
   Dans un communiqué, le PS a estimé que "lors de l'élection présidentielle du 20 mai, les autorités tchadiennes ont délibérément violé les lois du pays pour mener à bien un coup de force électoral dans le but de maintenir le président sortant Idriss Deby à la tête de l'Etat".
   Le PS a exprimé "sa sympathie et sa solidarité aux forces politiques du
Tchad qui ont choisi une voie pacifique de conquête du pouvoir et sont
attachées au respect de la loi électorale".
   db/dch/jm/tm   


Mercredi 30 Mai 2001, 10h05
Tchad-élection,LEAD
   Nouvelle interpellation des six candidats à l'élection du 20 mai
 
   N'DJAMENA, 30 mai (AFP) - Les six candidats malheureux à l'élection
présidentielle du 20 mai au Tchad ont été à nouveau interpellés mercredi matin par la police, a-t-on appris de source proche de l'opposition.
   Cette arrestation a été confirmée à l'AFP par le ministre de l'Intérieur
Abderhaman Moussa. "Il s'agit juste d'une arrestation préventive pour éviter tout débordement", a-t-il indiqué.
   Les six candidats à l'élection présidentielle, les "Forces vives" et
l'Union des syndicats du Tchad (UST) avaient prévu mercredi d'organiser les funérailles du jeune Brahim Selguet, mort dans la nuit de lundi à mardi, à la suite de blessures par balles.
   Le ministre de l'Intérieur a, dans communiqué de presse diffusé mercredi
sur les ondes de la radio nationale, "interdit formellement tout regroupement de plus de 20 personnes et ce, jusqu'à nouvel ordre".
   "L'enterrement du jeune Brahim Selgué se déroulera dans la plus grande
intimité", précise le communiqué.
   "Tous ceux qui iraient à l'encontre de ce communiqué assumeraient les
conséquences de leurs actes", souligne le texte.
   Les candidats malheureux au scrutin du 20 mai avaient été une première fois interpellés le 28 mai avant d'être relachés une heure plus tard par la police.
   aak/jpr/axt          
                   

Lundi 28 Mai 2001, 13h46
Tchad-élection,PREV
   M. Deby devra faire face aux accusations de fraude de ses opposants (PAPIER RETOUR)
 
   N'DJAMENA, 28 mai (AFP) - Idriss Deby, crédité d'une victoire écrasante au premier tour de la présidentielle tchadienne du 20 mai, doit faire face aux accusations de fraude des autres candidats, qui dénoncent "une mascarade".
   Lundi matin, les six autres candidats ont été interpellés par des éléments de la Compagnie d'action rapide de police (CAR) alors qu'ils étaient réunis à N'Djamena chez l'un d'eux pour déterminer leur stratégie commune face à cette élection entachée de "fraude massive".
   Ces derniers ont tiré en l'air pour disperser les militants qui s'étaient
massés devant le domicile du président de l'Union nationale pour le
développement et le renouveau (UNDR, opposition), Saleh Kebzabo.
   Dans la bousculade qui s'en est suivie, plusieurs personnes ont été
blessées, selon une source proche de l'opposition.
   Les six candidats, interpellés en compagnie de syndicalistes et de
représentants d'un collectif d'opposition dénommé les "Forces vives", ont été finalement relâchés en fin de matinée après un entretien avec le ministre de l'Intérieur Abderahman Moussa.
   La teneur de cet entretien n'a pas été révélée.
   Une certaine tension était cependant toujours perceptible dans les
quartiers sud de la capitale tchadienne, acquis à l'opposition chrétienne, où s'étaient formés dès le début de la matinée des petits groupes de militants.
   Le ministre de l'Intérieur avait un peu plus tôt présenté à la presse un
véhicule des partisans de Ngarledjy Yorongar, candidat chrétien arrivé second au scrutin, contenant des cocktails molotov.
   Ce véhicule, muni d'un haut-parleur, sillonnait les quartiers sud pour
appeler à un rassemblement de l'opposition à l'hippodrome lorsqu'il a été
intercepté par les policiers. Le meeting avait été interdit par le ministère
de l'Intérieur.
   Réélu président du Tchad pour un nouveau mandat de cinq ans, avec 67,35% des voix, selon les résultats provisoires de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Idriss Deby a très largement devancé ses six adversaires.
   Il est suivi de M. Yorongar, le chef de la Fédération action pour la
République (FAR) avec 13,94% des voix, et du président de l'Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR) Saleh Kebzabo (6,53%).
   Aucun des quatre autres candidats n'atteint 3% des votes.
   Le Conseil constitutionnel tchadien a jusqu'au 18 juin pour valider ces
résultats, qui peuvent faire l'objet de recours par les candidats dans un
délai de cinq jours francs à compter de ce lundi.
   Avant, pendant et après la campagne électorale, les représentants de
l'opposition n'ont eu de cesse de dénoncer la "fraude massive" et les
"irrégularités" mises en place par les autorités de N'Djamena pour s'assurer
de la "victoire forcée dès le premier tour" de leur candidat.
   "Cette mascarade d'élection donne des preuves suffisantes que la démocratie au Tchad n'est qu'un leurre", avaient-ils estimé dimanche après-midi dans un communiqué commun avec les "Forces vives" et l'Union des syndicats du Tchad (UST, majoritaire), publié peu avant les résultats.
   Huit des 31 membres de la CENI, tous des représentants de partis de
l'opposition, avaient successivement démissionné samedi soir et dimanche, pour protester contre les irrégularités de l'élection et les dysfonctionnements de la CENI.
   Le ministre de l'Intérieur avait de son côté appelé la population au calme et "à s'abstenir de suivre ceux qui par tous les moyens cherchent à mettre le feu dans le pays".
   Reste à savoir maintenant comment réagiront, face aux surenchères de  l'opposition et du pouvoir, les Tchadiens, qui pour la seconde fois de leur histoire étaient appelés à choisir leur président au suffrage universel.
   aak-jpr/pal/jl  

Lundi 28 Mai 2001, 19h19
France-Tchad
   Réélection d'Idriss Deby: des Tchadiens occupent leur ambassade à Paris
 
   PARIS, 28 mai (AFP) - Une vingtaine de Tchadiens ont occupé lundi
après-midi l'ambassade du Tchad à Paris pour protester contre le "coup de force électoral" du président Idriss Deby, dont la réélection est contestée par l'opposition.
   "Nous sommes une vingtaine à avoir occupé l'ambassade pour protester contre le coup de force électoral de Deby", a déclaré par téléphone à l'AFP l'un des protestataires, Daniel Bekoutou.
   "On ne peut pas accepter les fraudes massives", a ajouté M. Bekoutou qui a affirmé n'appartenir à aucun parti d'opposition tchadien.
   Les six candidats malheureux à l'élection estiment avoir été battus "par la fraude".
   Dimanche, le président Deby a été proclamé vainqueur au premier tour avec 67,35% des voix. Huit des 31 membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) tchadienne ont démissionné en raison des "irrégularités" du scrutin, qui doit être encore validé par le conseil constitutionnel.
   jpc/hr/fdv  



Dimanche 20 Mai 2001, 03h16
Tchad-élection
   Les Tchadiens aux urnes (LEVER DE RIDEAU)
 
   N'DJAMENA, 20 mai (AFP) - Plus de 4,5 millions d'électeurs tchadiens
doivent se rendre ce dimanche aux urnes pour élire leur président parmi sept candidats, dont l'actuel chef de l'Etat Idriss Deby, favori sur le papier de ce premier tour.
   Le scrutin débutera à 07H00 locales (06H00 GMT) pour se terminer,
officiellement, à 18H00 (17H00 GMT). Les 527.367 Tchadiens de l'étranger et les nomades de l'intérieur du pays ont commencé de voter depuis jeudi.
   Dans le cadre de ces opérations électorales, toutes les frontières du pays sont fermées depuis samedi minuit (11H00 GMT) sur décision du ministre tchadien de l'Intérieur.
   L'élection présidentielle de dimanche est la seconde au suffrage universel de l'histoire du Tchad. Elle intervient après un mois de campagne électorale qui s'est déroulée dans le calme malgré quelques incidents et invectives.
   Le scrutin sera suivi par une quarantaine d'observateurs internationaux
dont des représentants de la Francophonie et de l'Organisation de l'unité
africaine (OUA).
   Plusieurs candidats ont dénoncé les "fraudes" que s'apprêterait à commettre le régime de N'Djamena pour la victoire au premier tour de M. Deby et ont menacé d'appeler la population à manifester si tel était le cas.
   "Je ne laisserai pas les aventuriers prendre la rue. Ils assumeront leurs
responsabilités eux-mêmes", a rétorqué le candidat Deby lors de son dernier meeting de campagne vendredi à N'Djamena, tout en réaffirmant sa victoire "dès le premier tour".
   Le candidat-président brigue un second quinquennat, le dernier autorisé par la constitution, qui sera marqué par l'entrée du Tchad, vaste pays sahélien figurant parmi les plus pauvres au monde, dans son ère pétrolière.
   Il est opposé à un front, pour le moment soudé, de six challengers,
signataires début mai d'un accord de désistement mutuel des voix en cas de second tour, prévu le 1er juillet.
   jpr/rf
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