| ANGLAIS PORTUGAIS ESPAGNOL SWAHILI ARABE | |||||||||||||||||||||||||
| EDITORIAUX POLITIQUE ECONOMIE/FINANCE SPORTS DIVERTISSEMENTS FEMMES CONTACT |
Des responsables du pouvoir ivoirien seraient liés à la disparition de Guy-André Kieffer LE MONDE | 25.05.04 | 14h18 Le juge d'instruction français a bouclé son enquête à Abidjan, où vivait le journaliste franco-canadien. Après dix jours passés en Côte d'Ivoire, le juge d'instruction français chargé de l'enquête sur la disparition, le 16 avril à Abidjan, du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, devait regagner Paris, mardi matin 25 mai. "Le juge Patrick Ramaël a beaucoup avancé. Ce qu'il a trouvé met en cause des personnalités du pouvoir en place à Abidjan", a confié une source française, en précisant que le magistrat instructeur allait recevoir "dès son retour", mardi en fin de matinée, l'épouse du disparu, Mme Osange Kieffer, puis, dans l'après-midi, les avocats de Reporters sans frontières, l'association qui s'est constituée partie civile. Selon plusieurs sources, le juge Ramaël, accompagné de quatre policiers français, aurait réussi à reconstituer l'emploi du temps du disparu, grâce aux relevés des téléphones portables des principales relations de Guy-André Kieffer à Abidjan. Par ailleurs, un important travail matériel aurait été accompli sur la voiture du journaliste, qui a été retrouvée, le 6 mai, sur le parking de l'aéroport international de la capitale économique ivoirienne. "Le véhicule y a été amené plusieurs jours après la disparition de Kieffer", a indiqué une source proche de l'enquête, ouverte pour "enlèvement et séquestration". Quelles que soient les avancées de l'instruction, il ne sera pas aisé d'établir des vérités incontestables sans retrouver Guy-André Kieffer. Le juge Ramaël aurait décidé de quitter la Côte d'Ivoire après s'y être heurté à une fin de non-recevoir quand il a voulu entendre des hauts responsables du pouvoir en place. "Le directeur de cabinet d'un ministère a répondu à sa convocation : "Venez donc me chercher !"", affirme ainsi une source proche de l'enquête. Parallèlement, les fausses pistes se multiplient. Ainsi, vendredi soir 21 mai, le ministre ivoirien de la sécurité a-t-il appelé à Paris, où elle réside, l'épouse du journaliste disparu pour lui communiquer un témoignage selon lequel Guy-André Kieffer aurait été enlevé par les rebelles ivoiriens et serait détenu dans un village dans leur fief du Nord, près de la frontière malienne. "Je l'ai poliment écouté", indique Mme Kieffer, "mais j'ai ressenti ce qu'il m'a dit comme une atteinte à mon intelligence". La recherche de la vérité sur le sort de Guy-André Kieffer se heurte à des manœuvres de désinformation mais, aussi, à la confusion des genres pratiquée par plusieurs des protagonistes. "Dans ce dossier, personne n'est net", se plaint une source proche de l'enquête. Après avoir longtemps été chargé de la rubrique matières premières au quotidien économique La Tribune, Guy-André Kieffer s'est installé à Abidjan, en 2001, pour le compte d'un cabinet de conseil - Commodities Corporate Consulting (CCC) - qui proposait ses services pour la réforme de la filière cacao en Côte d'Ivoire. Chargé de la communication de CCC, le journaliste y côtoyait un actionnaire minoritaire, Jean-Michel Aaron-Brunetière, qui lui a reproché rapidement d'être "consultant le jour et journaliste vengeur la nuit", selon une relation commune aux deux hommes. Ayant signé un contrat initial, et perçu un acompte de l'équivalent de 230 000 euros, CCC aurait été évincé par le ministre ivoirien de l'économie et des finances, Bohoun Bouabré. Dans ses articles, parfois publiés sous pseudonyme dans la presse locale, Guy-André Kieffer aurait "mené campagne" contre lui et "d'autres responsables ivoiriens hostiles à CCC". Dans cet exercice à hauts risques, un beau-frère du président Laurent Gbagbo, Michel Legré, affirme avoir servi de "filet de sécurité" au journaliste franco-canadien. "Guy-André était mon ami", explique-t-il, joint par téléphone à Abidjan. "Et ici, ce sont mes amis qui sont au pouvoir. Alors, chaque fois que Guy-André publiait un article critique, je me faisais fort d'aller voir mes amis au pouvoir pour leur dire : "Oui, d'accord, c'est mon ami qui a écrit ce brûlot, mais tu peux toujours démentir ou, mieux, le rencontrer pour discuter avec lui." Bref, j'ai essayé d'arranger le coup parce qu'un journaliste d'investigation comme Guy-André, personne ne le porte dans son cœur." Figure connue du monde franco-ivorien, Michel Legré a été la dernière personne à rencontrer Guy-André Kieffer avant sa disparition. A-t-il servi de "chèvre" pour attirer le journaliste dans un traquenard, comme l'affirment ses détracteurs ? Depuis qu'il s'en est expliqué au juge Ramaël, Michel Legré se cache, craignant pour sa vie, comme l'a révélé, lundi 24 mai, Le Parisien. En effet, le bruit court à Abidjan qu'il aurait "craqué" lors de son interrogatoire et livré au magistrat français les noms de plusieurs dignitaires du régime... Tout se mélange dans le marigot ivoirien. Michel Legré, l'époux d'une sœur cadette de Simone Gbagbo, fréquentait Guy-André Kieffer, qui, après avoir visé un contrat avec le gouvernement pour CCC, s'est rapproché de l'un des chefs rebelles, Louis Dacoury-Tabley, ancien compagnon de route du président Laurent Gbagbo avant d'en devenir l'ennemi intime. De la même façon confuse, vérités et calomnies s'amalgament dans des enquêtes menées à charge. Dans une sulfureuse affaire de transfert de fonds entre la Côte d'Ivoire et la Guinée-Bissau, révélée à la veille de sa disparition par Guy-André Kieffer, le mystérieux compte auprès de la Citibank à Abidjan, crédité de 18 millions de dollars, existe bel et bien, à en croire la dernière livraison de La Lettre du Continent, un bimensuel confidentiel édité à Paris auquel le journaliste franco-canadien collaborait. En revanche, la "structure de négoce à Paris qui sert à renflouer les caisses d'un parti politique français" semble relever de l'imagination d'un ami du disparu. Autre affaire opaque : peu avant la disparition de Guy-André Kieffer, un article très virulent, publié dans un quotidien ivoirien, avait mis en cause Jean-Michel Aaron-Brunetière dans le rapt, par six hommes en treillis, d'un restaurateur allemand à Abidjan, censément redevable à l'ancien associé de CCC d'une forte somme. Grâce à l'intervention de son ambassade, l'Allemand s'en était sorti avec une grosse frayeur. Cependant, actif dans la filière ivoirienne du cacao depuis 1988, M. Aaron-Brunetière était publiquement désigné comme le complice d'une milice du pouvoir. Etaient-ce assez de raisons pour menacer de mort Guy-André Kieffer, comme l'affirme Michel Legré en invoquant des confidences du disparu ? Contacté par Le Monde, M. Aaron-Brunetière le dément formellement et s'étonne de ne pas avoir été entendu par le juge d'instruction français. Déjà, interrogé par la police judiciaire ivoirienne, deux semaines après la disparition du journaliste, il n'a pas été rappelé pour signer son procès-verbal d'audition. "Qui veut se cacher derrière moi ?", s'interroge M. Aaron-Brunetière, qui redoute d'être mis en avant, "par ceux qui ont commis le crime", comme bouc émissaire d'un coup de torchon sur la lagune d'Abidjan... Stephen Smith Le Patriote No. 1423 du Vendredi 4 Juin 2004 Affaire Kieffer Le juge français veut réentendre Michel Legré à Abidjan Un juge d'instruction français, en charge de l'enquête sur la disparition le 16 avril du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer en Côte d'Ivoire, souhaite réentendre à Abidjan Michel Legré, un des principaux témoins dans l'affaire, a-t-on appris jeudi de sources proches du dossier. Un juge d'instruction français, en charge de l'enquête sur la disparition le 16 avril du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer en Côte d'Ivoire, souhaite réentendre à Abidjan Michel Legré, un des principaux témoins dans l'affaire, a-t-on appris jeudi de sources proches du dossier. «La mise en examen de M. Legré, du chef notamment de complicité d'assassinat, impose de le réentendre et d'effectuer un certain nombre d'investigations techniques sur l'ordinateur portable de M. Guy-André Kieffer qui aurait été retrouvé en possession de M. Legré», a écrit mercredi le juge Patrick Ramaël au procureur de la République d'Abidjan. Selon des sources informées, l'ordinateur serait sous scellés au bureau du Procureur de la république. M. Ramaël précise qu'il va transmettre une nouvelle commission rogatoire pour pouvoir se rendre en Côte d'Ivoire afin de «poursuivre (ses) investigations». Le juge précise qu'il souhaite que ce soit des officiers de police judiciaire «agissant sur commission rogatoire» qui procèdent «eux-même sous (ma) direction» aux auditions. Dernière personne à avoir vu Guy-André Kieffer avant sa disparition sur le parking d'un supermarché d'Abidjan, Michel Legré a été inculpé le 28 mai pour «complicité d'enlèvement», «séquestration» et «assassinat». Il a été déféré à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca). Selon des sources judiciaires à Paris, M. Legré, beau-frère de Simone Gbagbo, l'épouse du chef de l'Etat, avait cité lors de ses deux auditions devant le juge français les 18 et 19 mai, une série de noms de proches du pouvoir et du monde de la finance, impliquées selon lui dans la disparition du journaliste. Correspondant de La Lettre du continent, lettre confidentielle consacrée à l'Afrique, Guy-André Kieffer, 54 ans, est spécialisé dans les matières premières, notamment le cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial, ainsi que dans les affaires économiques et financières. Trois organisations de journalistes "exigent la vérité" Trois organisations de journalistes africains «exigent que la vérité soit faite sur la disparition» du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer à Abidjan le 16 avril dernier, selon un communiqué conjoint publié à Dakar. M. Kieffer, 54 ans, est correspondant en Côte d'Ivoire de La Lettre du continent, lettre confidentielle consacrée à l'Afrique. Il est spécialisé dans Trois organisations de journalistes africains «exigent que la vérité soit faite sur la disparition» du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer à Abidjan le 16 avril dernier, selon un communiqué conjoint publié à Dakar. M. Kieffer, 54 ans, est correspondant en Côte d'Ivoire de La Lettre du continent, lettre confidentielle consacrée à l'Afrique. Il est spécialisé dans les matières premières, notamment le cacao dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial, ainsi que les affaires économiques et financières. L'Union des journalistes de l'Afrique de l'ouest (UJAO), l'Association de la presse panafricaine (Appa) et l'Union internationale des journalistes africains (UIJA) «demandent au président (ivoirien) Laurent Gbagbo de faire la lumière sur la disparition de Kieffer», dans leur communiqué reçu jeudi par l'AFP. Les trois organisations «prient» le président Gbagbo «de sauver» le journaliste franco-canadien Kieffer, «dans la mesure où (celui-ci) serait encore en vie», précisent-elles. Laurent Gbagbo doit sauver Kieffer «d'abord parce qu'il y va (de son) image», et «ensuite parce que cela prouverait qu'il n'est pas dans les traditions ivoiriennes et africaines de persécuter et encore moins d'assassiner» des communicateurs et journalistes, estiment-elles. Exprimant «leur total soutien à la famille (de Guy-André Kieffer) elles «exigent que la vérité soit faite sur (cette) disparition» et demandent que cessent définitivement les menaces contre les journalistes». Le communiqué est signé du secrétaire général de l'UJAO, Alpha Sall, du secrétaire général adjoint de l'Appa, Nicolas Abena, et du président de l'UIJA, Lanciné Camara. Ce dernier est présent à Dakar dans le cadre de la biennale internationale d'art contemporain Dak'Art, ouverte le 7 mai et qui s'achève le 7 juin. Affaire Kieffer : Portrait robot de Legré Michel Le Nouveau Réveil - 5/28/2004 11:54:49 PM Legré est en rupture de ban avec Gbagbo depuis l'affaire de l'assassinat manqué de Don Mello. C'est un homme fauché et non crédible". Depuis que de lourdes présomptions pèsent sur Legré Michel, le camp présidentiel tente de répandre dans l'opinion l'idée selon laquelle le principal témoin dans l'affaire de la disparition mystérieuse du journaliste Guy-André Kieffer, est un homme insignifiant, misérable et mythomane. Le cursus politique et la vie familiale de l'homme tranchent pourtant violemment avec le visage erroné à dessein qu'on veut lui attribuer. Legré Michel, en effet a 58 ans. Il n'est donc pas né de la dernière pluie. C'est un homme d'une forte corpulence, à l'amitié facile et à l'œil malin. D'une intelligence alerte, ce socialiste convaincu a connu Laurent Gbagbo alors qu'il était en exil en France. Très vite, ils sont devenus des amis. Legré se servant de ses relations dans la franc maçonnerie française pour asseoir ce qui sera plus tard le Front populaire ivoirien (FPI). Legré Michel faisait partie de ceux qui dans la clandestinité ont porté d'une certaine façon l'actuel parti présidentiel, sur les fonts baptismaux. C'est d'ailleurs pour mieux servir son parti que sur instruction du camarade Gbagbo qui est de un an son aîné, Legré s'est envolé pour la Lybie dans les camps d'entraînement du colonel Muammar Kadhafi pour subir une formation commando. En 1990, à la réinstauration du multipartisme, Legré est rentré en Côte d'Ivoire, prêt à intervenir si les armes "s'imposaient" au FPI, selon le vœu maintes fois exprimé du planteur Sansan Kouao. Dès lors, cet homme physiquement fort est affecté à la sécurité de Gbagbo, sous l'ordre direct d'un certain Louis André Dakoury Tabley. Il participe à la mise sur pied du groupe de presse la refondation du FPI. Dans les années 90, les relations entre les deux hommes, prend un coup de froid. Legré est accusé par des proches de Gbagbo d'avoir trempé dans le complot de "l'assassinat manqué de Don Mello". Les amarres avec le "grand frère" ne sont toutefois pas rompus. Car à la différence de Mello qui crée son parti, La Renaissance, Legré, lui, demeure au FPI. Il continue de fréquenter assidûment le couple Gbagbo. Toute chose qui aboutit à son mariage avec la sœur de Simone Ehivet Gbagbo, l'épouse du Chef de l'Etat. Quand Gbagbo accède au pouvoir, le niveau de vie de l'homme connaît une ascension fulgurante. Il roule carrosse, déjeune dans des restaurants huppés, voyage en classe affaires…et se targue d'être un conseiller technique de Gbagbo qu'il appelle "Laurent". C'est d'ailleurs à ce titre qu'il a accordé une interview à Fraternité Matin, le 24 avril dernier. 8 jours après la volatilisation de Kieffer. A ce moment et avant, la présidence n'avait jamais dénié ce titre à Legré. Au demeurant, les amis de ce dernier, donnaient foi à ses dires d'autant plus qu'ils ne lui connaissaient aucun travail rémunérateur. "Pour sûr, Legré émargeait au budget de souveraineté de la présidence", confie un de ses amis. Depuis mardi, Legré Michel est écroué à la brigade de gendarmerie de Cocody. Pour "dénonciation calomnieuse". Des personnes qu'il avait accusées (puis blanchies) ayant décidé de passer à l'offensive sur fond de dénigrement et d'intoxication de sa personne. Du fond de sa cellule Legré Michel, comme l'a fait sûrement avant lui le policier assassin de Jean Hélène, Séry Dago, doit certainement se dire "je suis foutu. On m'a lâché". Celui qui veut noyer son chien, ne l'accuse t-il pas de rage ? André Silver Konan kandresilver@yahoo.fr |
||||||||||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||||||||||
| Retour page de garde | |||||||||||||||||||||||||
| _____________________________________________________ ©2003 The African Independent, Inc. All rights to republication are reserved |
|||||||||||||||||||||||||