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"Le Record de cette Administration est Lugubre" |
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Le Sénateur Robert Byrd fut pourtant membre du Ku Klux |
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Envisager la guerre c?est penser aux plus horribles des expériences humaines. Ce
jour de Février, au moment où cette nation se trouve au bord de la guerre, chaque
Américain à n?importe quel niveau doit imaginer les horreurs de la guerre.
Cependant, cette chambre est, pour la plupart, silencieuse -- sinistre, terriblement
silencieuse. Il n'y a aucune discussion, aucun débat, aucune tentative de présenter
à la nation le pour et le contre de cette guerre particulière. Il n'y a rien.
Nous nous tenons passivement muets au Sénat des Etats-Unis, paralysés par
notre propre incertitude, apparemment assommés par l'agitation habile des
événements. Seulement dans les pages éditoriales de nos journaux y a-t-il une
discussion beaucoup plus substancielle de la prudence ou de l'imprudence de
s'engager dans cette guerre particulière.
Et ce n'est nullement pas une petite conflagration que nous envisageons. Ce n'est nullement pas une simple tentative de defaire un
bandit. Non. Cette prochaine offensive, si elle se matérialise, représente un tournant dans la politique étrangère des ETATS-UNIS et
probablement un tournant dans l'histoire récente du monde.
Cette nation est sur le point de s'embarquer dans le premier test d'une doctrine révolutionnaire appliquée d'une manière extraordinaire
à un temps malheureux. La doctrine de la préemption -- l'idée que les Etats-Unis ou n'importe quelle autre nation peut légitimement
attaquer une autre nation qui, d'une manière imminente, ne menace pas, mais peut menacer à l'avenir -- est une nouvelle entorse
radicale à l'idée traditionnelle de la défense nationale. Elle semble être en violation du droit international et de la charte de l'ONU. Et
elle se passe à un moment de terrorisme mondial, faisant beaucoup de pays à travers le globe se demander s'ils figureront bientôt sur
notre liste noire -- ou celle d?une autre nation. Des personalités de haut niveau de l'administration ont récemment refusé d'enlever la
question des armes nucléaires de la table de discussion d?une attaque possible contre l'Irak. Qu?est-ce qui pourrait être plus
déstabilisant et imprudent que ce type d'incertitude, en particulier dans un monde où la globalisation a lié si étroitement les intérêts
économiques et de sécurité vitaux de beaucoup de nations? Il y a des fissures énormes qui émergent dans nos alliances consacrées, et
les intentions des ETATS-UNIS sont sujettes soudainement à une préjudiciable spéculation mondiale. L'Anti-Américanisme basé sur
la méfiance, l'information éronnée, le soupçon, et la rhétorique alarmante de la part des leaders des ETATS-UNIS est entrain de
fracturer une solide alliance contre le terrorisme global qui a existé à la suite du 11Septembre.
Ici au pays, les gens sont alarmés pour des attaques imminentes de terrorisme avec peu de d?informations quant à savoir quand ou où
de telles attaques pourraient se produire. Des membres de famille sont appellés au devoir militaire actif, sans aucune idée sur la durée
de leur séjour ou à quelles horreurs ils pourraient faire face. Les Communautés sont abandonnées sans police et protection appropriée
contre les incendies. D'autres services essentiels sont également à court de personnel. L'humeur de la nation est sinistre. L'économie
trébuche. Les prix de carburant sont entrain de hausser et pourront bientôt s?envoler plus haut.
Cette administration, maintenant au pouvoir pour deux ans encore, devra être jugée sur son record. Je crois que ce record est lugubre.
En l?espace de deux années, cette administration a gaspillé un grand excédent budgétaire prévu pour quelques $5.6 trilliards pour la
décennie actuelle et nous a portés à des déficits à perte de vue. La politique intérieure de cette administration a mis plusieurs de nos
états dans une condition de misère financière, négligeant des programmes essentiels pour nos personnes. Cette administration a
stimulé les politiques qui ont ralenti la croissance économique. Cette administration a ignoré les sujets pressants tels que la crise dans
la santé pour nos personnes âgées. Cette administration a été lente à fournir les financements appropriés pour la sécurité de notre
patrie. Cette administration a été peu disposée à mieux protéger nos longues et poreuses frontières.
En ce qui concerne la politique étrangère, cette administration a échoué quant à trouver Osama bin Laden. En fait, juste hier nous
avons eu des nouvelles de lui encore entrain de rassembler ses forces et les invitant à tuer. Cette administration a divisé les alliances
traditionnelles, estropiant, probablement pour très longtemps, les entités internationales de maintien de l?ordre comme les Nations
Unies et l'OTAN. Cette administration a mis en question la perception mondiale traditionnelle des Etats-Unis comme bien
intentionnés, gardiens de la paix. Cette administration a transformé l'art patient de la diplomatie en menaces, étiquettant et appellant
par des noms du genre qui réflète tout à fait mal l'intelligence et la sensibilité de nos leaders, et qui aura des conséquences pendant des
années à venir.
Appelant des chefs d'Etat des pygmées, étiquettant des pays entiers de diaboliques, dénigrant les puissants alliés européens comme
hors sujet -- ce genre de brute inconscience ne peut faire aucun bien à notre grande nation. Nous pouvons avoir une puissance
militaire massive, mais nous ne pouvons pas, seuls, faire la guerre globale contre le terrorisme. Nous avons besoin de la coopération et
de l'amitié de nos alliés fidèles aussi bien que les amis nouvellement trouvés que nous pouvons attirer avec notre richesse. Notre
machine militaire impressionnante nous fera peu de bien si nous souffrons sur notre patrie une autre attaque dévastatrice qui
endommagerait sévèrement notre économie. Nos effectifs militaires sont déjà étirés légèrement et nous aurons besoin de l'appui
croissant de ces nations qui peuvent assurer le renfort des troupes, et non pas seulement de simples lettres d?encouragement.
La guerre en Afghanistan nous a coûté $37 milliards jusqu'ici, pourtant il y a des preuves que le terrorisme commence déjà à regagner
son emprise dans cette région. Nous n'avons pas trouvé bin Laden, et à moins que nous assurions la paix en Afghanistan, les tanières
sombres du terrorisme peuvent encore une fois fleurir sur cette terre lointaine et dévastée.
Le Pakistan est tout aussi en danger des forces déstabilisation. Cette administration n'a pas fini la première guerre contre le
terrorisme, mais elle est désireuse de s'embarquer dans un autre conflit aux périls beaucoup plus grands que ceux d?Afghanistan. L?
envergure de notre attention est-elle aussi courte ? N?avons-nous pas appris qu'après avoir gagné une guerre on doit toujours
sésuriser la paix ?
Mais nous entendons peu au sujet des lendemains de la guerre en Irak. En l'absence de plans, les suppositions à l'étranger abondent.
Nous accaparerons-nous des gisements du pétrole de l'Irak, devenant ainsi une puissance d'occupation qui contrôle les prix et
l'approvisionnement du pétrole de cette nation pour l'avenir ? À qui nous proposons-nous de remettre les reines du pouvoir après
Saddam Hussein ?
Notre guerre enflamera-t-elle le monde musulman avec pour résultat des attaques dévastatrices pour Israel ? Israel exercera-t-il des
représailles à l?aide de son propre arsenal nucléaire ? Les gouvernements Arabes jordaniens et saoudiens seront-ils renversés par des
radicaux, soutenus par l'Iran qui a des liens beaucoup plus étroits avec le terrorisme que l'Irak ?
Une rupture de l'offre mondiale de pétrole pourra-t-ell mener à une récession mondiale ? Est-ce que notre langage inconscient et
belliqueux et notre négligence froide des intérêts et avis d'autres nations a accru la course globale pour joindre le club nucléaire et a fait
de la prolifération nucléaire une pratique bien plus lucrative pour les nations qui ont besoin du revenus?
En l'espace de deux courtes années seulement, cette administration insouciante et arrogante a engagé des politiques qui peuvent
provoquer des conséquences désastreuses pendant des années.
On peut comprendre la colère et le choc de n'importe quel président après les attaques sauvages du 11 Septembre. On peut
comprendre l'énervement de n'avoir qu?une ombre à chaser, qu?un ennemi amorphe et fugitif sur lequel il est presque impossible
d'infliger le châtiment approprié.
Mais transformer ses propres déception et colère au genre de débâcle de politique étrangère extrêmement déstabilisante et dangereuse
auquel le monde assiste actuellement est inexcusable de la part de l?administration investie du pouvoir et de la responsabilité
impressionnantes de guider le destin de la plus grande superpuissance de la planète. Franchement, plusieurs des déclarations faites
par cette administration sont indignes. Il n'y a pas d?autre mot pour le dire.
Pourtant cette chambre garde un silence agaçant. Sur ce qui est probablement la veille de l'infliction terrifiante de la mort et de la
destruction sur la population de la nation de l'Irak -- une population, moi je pourrais ajouter, au sein de laquelle plus de 50% de la
population est en dessous de l'âge 15 ans -- cette chambre est silencieuse. Sur ce qui est probablement seulement des jours avant que
nous envoyions des milliers de nos propres citoyens devant d?inimaginables horreurs de la guerre chimique et biologique -- cette
chambre est silencieuse. La veille de ce qui pourrait probablement être une attaque méchante des terroristes en revanche à notre
attaque contre l'Irak, c'est des affaires, comme d'habitude, dans le Sénat des Etats-Unis.
Nous sommes vraiment des "somnambules cheminant dans l'histoire." Au fond de moi, de tout coeur je prie que cette grande nation et
ses bons et de confiants citoyens ne soient pas victimes d?un des plus rudes réveils.
S'engager dans la guerre est toujours question de choisir une carte sauvage. Et la guerre doit toujours être un dernier recours, pas un
premier choix. Je dois vraiment remettre en cause la position de n'importe quel président qui pense qu'une attaque militaire massive et
sans provocation sur une nation qui a plus de 50% d'enfants est "dans les traditions morales les plus élevées de notre pays". Cette
guerre n'est pas nécessaire actuellement. La pression semble donner de bons résultats en Irak. Notre erreur a été de nous être isolés
tellement rapidement. Notre défi doit être de trouver maintenant une sortie honorable d'une boîte de notre propre fabrication.
Peut-être y a-t-il toujours une manière de nous en sortir si nous nous accordons plus de temps.