|
En quête d?une résolution de l'ONU pour la guerre Tout y va : Pôts-de-vins, chantages, promesses démesurées
La ministre d'état britanique pour l'Afrique, Barrone Valerie AMOS, est cette semaine en tournée pour s?assurer les votes des trois pays africains membres du Conseil de Sécurité de l'ONU qui hésitent encore. Idem pour le sous-Secrétaire d?Etat américain pour les affaires africaines, Walter Kansteiner, qui a bouclé ses visites cette semaine à Paul Biya du Cameroun, Lansana Conté de Guinée, et Eduardo dos Santos de l'Angola.
Chacun des trois pays est officiellement hésitant et les administrations de l'USA et britanniques ont besoin désespérément de leur appui pour passer une résolution leur donnant un quitus pour la guerre en Irak. Sans cette résolution de l'ONU, l'administration britannique pourrait ne pas être permise de joindre une guerre unilatéralement menée par les USA. L'administration Tony Blair pourrait dans ce cas faire face à une énorme et fatale déconvenue politique. Nous devrions donc comprendre que cette résolution est une question de vie ou mort pour beaucoup.
"Ce sont des discussions qui ont été mûres. Il n'a pas été question d'offre de pots-de-vins " avait déclaré hier Madame Amos à la suite d?une rencontre à Yaound Yaounde avec le Président Paul Biya du Cameroun. Pourtant le Cameroun, pays du golfe de Guinée récemment qualifié par le chien-de-garde Transparency International comme le pays le plus corrompu du monde pendant deux années consécutives, est perçu comme le ventre mou irrésistible aux pots-de-vins.
Walter Kansteiner s?est entretenu avec M. Biya à Paris la semaine dernière après avoir visité la Guinée et l'Angola. M. Biya était à Paris pour un sommet franco-africain qui a approuvé la position du Président Jacques Chirac de donner aux inspecteurs d?armes de l?ONU plus de temps et de moyens.
"Nous voulons nous assurer que les gens apprécient notre position et qu'ils peuvent faire le genre de jugement qui est exigé des membres du Conseil de Sécurité," a dit mercredi le porte-parole du département d'état des USA, Richard Boucher. Il a décrit les entretiens avec M. Biya comme "très, très utiles, très secourables." Naturellement, ils ne pourraient être autrement.
La première étape de Madame Amos était la Guinée, afin de gagner le Président fini Lansana Conte. Son message était probablement que l?intervention britanique dans la guerre de Sierra Leone voisine avait empêché que la sous-région vole en flammes ... donc Saddam Hussein doit être désarmé.
La Guinée a pris aujourd?hui la présidence du Conseil de Sécurité pour une durée d?un mois. Le plus important, ce sera un mois au cours duquel des décisions très importantes seront prises sur l'Irak, et les activités autour de la table du Conseil de sécurité seront sous un examen minutieux sans précédent.
"Pour commencer, il déteste les Français. Celà est un plus en notre faveur. Et il a semblé écouter attentivement quand nous lui avons parlé, " dit un haut fonctionnaire des ETATS-UNIS. Ils ont qualifié mercredi les reunions de la semaine dernière avec le Président malade Lansana Conte comme positives et ont dit qu?ils pensent qu'il instruira ses diplomates à New York de soutenir une résolution des ETATS-UNIS pour la guerre.
Depuis la fin de l'année dernière, M. Lansana Conte a souffert une série de chutes de maladie. Beaucoup à Conakry ont cru qu'il était mort. Cependant, Madame Amos s?est faite de devoir de d?éclairer le public britannique sur cette rumeur, à savoir qu?elle l'a trouvé en état de convalescence.
L?arrêt suivant de Mme Amos était l'Angola - pour proposer au Président Eduardo dos Santos la main secourable britannique. Le gouvernement de dos Santos est accusé de voler chaque année environ deux milliards de dollars de revenus de pétrole de sa population appauvrie. Le gouvernement angolais tend à s?incliner du côté des pacifistes.
M. Kansteiner a, lui, probablement trouvé les choses plus faciles quant à convaincre les fonctionnaires angolais de prendre la position des ETATS-UNIS sur l'Irak plus au sérieux. Le gouvernement de dos Santos exporte plus de pétrole vers les Etats-Unis que le Kowéit. Des fonctionnaires américains ont dit que M. Kansteiner a soulevé la question du soutien américain d'un programme de secours de la banque mondiale pour le pays dans le cadre d?un vote dans l?ONU.
"Nous vendons toujours plus de pétrole à l'Amérique que le Kowéit. Pourtant le Kowéit a un statut spécial que nous n'avons pas. Le Kowéit a l'appui militaire, l'appui politique, l'appui diplomatique et l'appui économique. Nous voulons que l'Amérique soit engagée dans la reconstruction de notre pays? Si notre gouvernement demande n'importe quoi de l'Amérique, ce ne sera pas argent, mais plutôt un meilleur partenariat politique, " dit Evaristo Jose, porte-parole de l'ambassade angolaise à Washington.
"Nous avons défendu notre cas très solidement et nous continuerons à le faire encore très solidement", dit Madame Amos en guise d?évaluation finale.
Les Etats-Unis et ses alliés espèrent s?assurer au moins les neuf voix requises au Conseil de Sécurité de l?ONU pour passer une résolution? si et seulement si aucun de ses membres permanents n'exerce pas un veto.
La prjet de résolution n'impose aucune date-limite et ne contient aucune menace d'interposition armée, mais elle se rapporte à la précédente résolution 1441 du Conseil de Sécurité passée en novembre. Cette résolution avait menace "de sérieuses conséquences" si le leader irakien Saddam Hussein ne désarmait pas. Les Etats-Unis et ses alliés interprètent l'expression comme une menace de guerre.
L'expression controversée signifie un quitus pour la guerre pour les démons de la guerre ou un quitus pour de plus fortes et larges inspections pour les gardiens auto-proclamés de la paix.
Sam Meko TAI ? Washington 01/03/2003. Article original en Anglais
|